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Actualités - Chronologie

Un poète et un général dans l’œil du cyclone

Le premier est un général aux prises avec l’islamisme militant, le second est un poète entouré de « faucons » : le président pakistanais Pervez Musharraf et le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee se trouvent, de nouveau, dans l’œil du cyclone qui menace l’Asie du Sud. Les deux hommes, qui ont mobilisé près d’un million de soldats de part et d’autre de la frontière indo-pakistanaise, ont participé mardi à la même conférence régionale à Almaty (Kazakhstan) où ils ont maintenu des discours de fermeté sur la question qui les oppose : le Cachemire. M. Vajpayee, 77 ans, élu en 1998 Premier ministre de l’Inde (plus d’un milliard d’habitants), apparaît encore aujourd’hui comme la figure modérée du mouvement nationaliste hindou. Ancien journaliste et poète, il n’a pas hésité à faire entrer son pays dans le club des puissances nucléaires depuis quatre ans, tout en se montrant ouvert, « si les violences cessent », à un règlement pacifique des disputes qui opposent New Delhi à Islamabad depuis plus d’un demi-siècle. En février 1999, M. Vajpayee s’est rendu à Lahore (Pakistan) pour un sommet avec son homologue de l’époque, Nawaz Sharif, un civil. Mais les progrès alors réalisés ont été défaits quelques mois plus tard lorsque l’Inde a dû faire face au Cachemire à des incursions massives de combattants séparatistes musulmans, une offensive, selon elle, soutenue par le chef d’état-major pakistanais de l’époque, le général Musharraf. Militaire de formation, Pervez Musharraf, 58 ans, est arrivé au pouvoir par un coup d’État sans effusion de sang en octobre 1999, à la suite de sérieux différends avec Nawaz Sharif qu’il a notamment accusé de succomber aux pressions américaines. Le général Musharraf s’est autoproclamé président d’un pays de 145 millions d’habitants, peu avant un sommet avec M. Vajpayee en juillet 2001 à Agra (Inde). Il a obtenu la confirmation de son titre pour cinq ans le 30 avril dernier à l’occasion d’un référendum hautement controversé. Cependant, ce sont les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis qui ont modifié la donne en Asie du Sud. Sous la pression de Washington, Pervez Musharraf a dû « lâcher » les talibans d’Afghanistan, devenant du même coup un allié indispensable des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme. Une « guerre par procuration » Le 12 janvier, le général a fait un pas supplémentaire en direction des Occidentaux, en prononçant un discours historique contre l’extrémisme religieux qui mine depuis deux décennies les fondements de la société pakistanaise. Son pouvoir a, depuis, été fragilisé par une série d’attentats en territoire pakistanais. De son côté, l’Inde, qui s’estime victime d’une « guerre par procuration » dirigée par Islamabad, a immédiatement offert un soutien inconditionnel à Washington après le 11 septembre. Elle a elle-même été le théâtre le 1er octobre et le 13 décembre 2001 de deux attentats spectaculaires imputés à des islamistes venus du Pakistan. Le terrorisme, qui continue d’affecter l’Inde, a poussé le parti au pouvoir à durcir son discours vis-à-vis du Pakistan. Parmi les principaux conseillers de M. Vajpayee – dirigeant à la santé fragile – figure un « faucon », le ministre de l’Intérieur Lal Krishna Advani, numéro deux du gouvernement, qui continue d’entretenir des liens avec l’extrême droite nationaliste hindoue. On a assisté ces derniers mois à un « raidissement » du gouvernement indien à la suite d’une série de défaites électorales et d’affrontements entre hindous et musulmans qui ont éclaté en février dernier au Gujarat (ouest de l’Inde). MM. Vajpayee et Musharraf sont tous deux considérés comme de bons orateurs, bien que le chef de l’État pakistanais paraisse nettement plus à l’aise devant les caméras de télévision. Lors d’un sommet des sept dirigeants des pays d’Asie du Sud en janvier à Katmandou (Népal), le général avait volé la vedette au vieux poète en traversant brusquement la salle pour aller lui serrer « la main de l’amitié ». M. Vajpayee n’avait pas refusé la main tendue, mais avait souligné que ce geste devait être suivi d’actions « sur le terrain » pour empêcher « les terroristes de perpétrer de la violence insensée en Inde ».
Le premier est un général aux prises avec l’islamisme militant, le second est un poète entouré de « faucons » : le président pakistanais Pervez Musharraf et le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee se trouvent, de nouveau, dans l’œil du cyclone qui menace l’Asie du Sud. Les deux hommes, qui ont mobilisé près d’un million de soldats de part et d’autre de la frontière indo-pakistanaise, ont participé mardi à la même conférence régionale à Almaty (Kazakhstan) où ils ont maintenu des discours de fermeté sur la question qui les oppose : le Cachemire. M. Vajpayee, 77 ans, élu en 1998 Premier ministre de l’Inde (plus d’un milliard d’habitants), apparaît encore aujourd’hui comme la figure modérée du mouvement nationaliste hindou. Ancien journaliste et poète, il n’a pas hésité à faire entrer...