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Le FBI et la CIA règlent leurs comptes sur le terrain médiatique

Le FBI et la CIA règlent leurs comptes par presse interposée, cherchant à faire porter sur l’autre la responsabilité des dysfonctionnements qui ont permis aux auteurs des attentats du 11 septembre d’opérer en toute impunité aux États-Unis. Pas un jour ne se passe sans que l’un des grands quotidiens, hebdomadaires ou « networks », ne livre sa « révélation » sur ce que savait l’une ou l’autre de ces agences fédérales, qui aurait pu au mieux limiter l’ampleur de la tragédie. Le flot d’informations sur les « ratages » mutuels a d’ailleurs singulièrement grossi au cours des jours précédant le grand déballage auquel sont contraints le FBI et la CIA dès mardi, à huis clos, au Congrès. « Les deux bureaucraties veulent limiter la casse. Elles essaient de préserver leur propre image et faire porter le chapeau à l’autre », explique le professeur Charles Pena, spécialiste du fonctionnement du FBI et de la CIA à l’Institut Cato, à Washington. Cette « rivalité territoriale » entre les deux agences qui refusent de passer pour le bouc émissaire est à ce point âpre que le président George W. Bush s’emploie à rassurer les Américains. M. Bush « garde foi et confiance dans les personnels de la CIA, du FBI, de la NSA (National Security Agency) et des autres agences de renseignements et il estime qu’ils font le travail qu’ils doivent faire », a indiqué mardi son porte-parole, Ari Fleischer. Le FBI a été le plus sévèrement soumis à la critique pour avoir ignoré ou entravé l’enquête autour de terroristes présumés qui prenaient des cours de pilotage aux États-Unis, parmi lesquels le Français Zacarias Moussaoui, soupçonné d’être le 20e pirate de l’air des attentats du 11 septembre. Mais la CIA n’est plus en reste. L’Agence centrale de renseignements, mise en cause par un article publié dimanche dans l’hebdomadaire Newsweek pour avoir gravement négligé la piste de futurs pirates de l’air liés à el-Qaëda, a rectifié mardi le tir dans un article du Washington Post. Le magazine soutenait que la Centrale avait identifié dès janvier 2000 deux des futurs pirates de l’air, Khaled al-Midhar et Nawaf al-Hazmi, sans toutefois exploiter l’indice et en informer le FBI. Le FBI s’est défendu lundi en accusant la CIA, par le biais de la chaîne câblée CNN, d’avoir omis de lui transmettre cet indice majeur qui aurait pu fournir une piste pour remonter jusqu’aux terroristes. Dans le Post, un « haut responsable du contre-espionnage » a répliqué qu’il avait informé le FBI dès janvier 2000 de la participation d’al-Midhar, le 5 de ce mois, à une réunion de terroristes présumés à Kuala Lampur, en Malaisie. Détenteur d’un visa qui, selon le quotidien, aurait dû susciter l’attention du FBI, al-Midhar était entré sans encombre aux États-Unis le 15 janvier 2000. Samedi, le New York Times faisait état d’un rapport secret interne rédigé quelques mois avant les attentats montrant combien le FBI était mal préparé à contrer la menace de groupes terroristes moyen-orientaux. Le FBI, toujours par voie de presse, vient de faire état d’une série de messages e-mails en possession de la CIA et contenant des indices non exploités par la centrale. « Les deux agences sont jalouses de leurs prérogatives », explique Laird Anderson, professeur en communication à American University, à Washington. « Il n’y a ici rien de nouveau et cela dure depuis des années, observe-t-il, c’est une rivalité territoriale, entre des bureaucraties fortes, ambitieuses, invisibles. » Mais pour Anthony Cordesman, spécialiste des agences du renseignement au Center For Strategic and International Studies (CSIS), la presse américaine ne sait pas de quoi elle parle dans ce domaine hautement confidentiel. Selon lui, « nous avons affaire à des journalistes qui n’ont aucun arrière-plan en matière d’espionnage, qui parlent avec des gens qui servent leurs propres intérêts pour un large éventail de raisons politiques et bureaucratiques ».
Le FBI et la CIA règlent leurs comptes par presse interposée, cherchant à faire porter sur l’autre la responsabilité des dysfonctionnements qui ont permis aux auteurs des attentats du 11 septembre d’opérer en toute impunité aux États-Unis. Pas un jour ne se passe sans que l’un des grands quotidiens, hebdomadaires ou « networks », ne livre sa « révélation » sur ce que savait l’une ou l’autre de ces agences fédérales, qui aurait pu au mieux limiter l’ampleur de la tragédie. Le flot d’informations sur les « ratages » mutuels a d’ailleurs singulièrement grossi au cours des jours précédant le grand déballage auquel sont contraints le FBI et la CIA dès mardi, à huis clos, au Congrès. « Les deux bureaucraties veulent limiter la casse. Elles essaient de préserver leur propre image et faire porter le...