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France La participation, une des principales inconnues des législatives

La participation des Français, très faible au premier tour de l’élection présidentielle du 21 avril, avant de remonter au second, le 5 mai, constitue une des inconnues des législatives des 9 et 16 juin. L’élimination inattendue de l’alors Premier ministre socialiste Lionel Jospin au profit du candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, le 21 avril, a remobilisé une partie des 11,7 millions d’abstentionnistes de ce premier tour (28,4 % de l’électorat, un taux record pour le premier tour d’une présidentielle). Ainsi, l’abstention a fortement reculé d’un tour à l’autre pour se retrouver à 20,3 % le 5 mai, au même niveau qu’au second tour de l’élection présidentiel de 1995, emportée, comme celui de cette année, par le conservateur Jacques Chirac. Depuis, la politique et les scrutins pourraient intéresser nettement plus les Français qu’auparavant. 95 % d’entre eux déclarent avoir envie d’exercer leur droit de vote, contre 80 % avant la présidentielle, et 73 %, contre 55 %, en avril, estiment que la politique « permet de changer des choses importantes dans le pays et la vie quotidienne des gens », selon un récent sondage Sofres-Cidem. Cet état d’esprit nouveau, s’il se confirmait, pourrait constituer une rupture par rapport à la progression continue de l’abstention enregistrée ces dernières années. Et il pourrait entraîner une participation, au premier tour aux législatives, supérieure à la présidentielle. Mais d’un autre côté, élire des députés a jusqu’à maintenant toujours mobilisé nettement moins les citoyens que choisir le chef de l’État. Le taux d’abstention au premier tour s’était élevé à 32 % lors des législatives de 1997 contre seulement 21,6 % lors de la présidentielle de 1995. Et chaque fois que des législatives sont intervenues dans la foulée d’une présidentielle, l’abstention, au premier tour, a nettement progressé d’un scrutin à l’autre, de 18,9 % à 29,1 % en 1981 et de 18,6 % à 34,3 % en 1988. En outre, certains électeurs de gauche, privés de leader – M. Jospin s’est retiré de la vie politique après son échec du 21 avril – et troublés à l’idée de provoquer, en votant pour leur camp, une nouvelle « cohabitation » entre un Premier ministre de gauche et un président de droite, dont le caractère nocif a été dénoncé de toutes parts, pourraient se réfugier dans l’abstention. En effet, l’abstention est souvent le reflet de la déception ou des interrogations des électeurs d’un des camps en présence. Ainsi en 1997, la défaite de la droite était due, pour une part importante, à l’abstention d’électeurs qui avaient voté Chirac en 1995, mais étaient déçus par celui-ci, selon une étude du CEVIPOF (Centre d’études de la vie politique française).
La participation des Français, très faible au premier tour de l’élection présidentielle du 21 avril, avant de remonter au second, le 5 mai, constitue une des inconnues des législatives des 9 et 16 juin. L’élimination inattendue de l’alors Premier ministre socialiste Lionel Jospin au profit du candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, le 21 avril, a remobilisé une partie des 11,7 millions d’abstentionnistes de ce premier tour (28,4 % de l’électorat, un taux record pour le premier tour d’une présidentielle). Ainsi, l’abstention a fortement reculé d’un tour à l’autre pour se retrouver à 20,3 % le 5 mai, au même niveau qu’au second tour de l’élection présidentiel de 1995, emportée, comme celui de cette année, par le conservateur Jacques Chirac. Depuis, la politique et les scrutins pourraient...