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L’Allemagne, ou le Radeau de la Méduse...

Ce n’est pas encore le Radeau de la Méduse, mais cela lui ressemble de plus en plus : après les forfaits de son meneur de jeu Sebastian Deisler lundi et du défenseur Joerg Heinrich hier, l’équipe d’Allemagne de football s’envolera aujourd’hui fortement diminuée pour le Japon. « Qu’a-t-on fait pour mériter autant de malchance ? », s’est écrié hier le quotidien populaire Bild, résumant le sentiment général après la cascade de forfaits qui a frappé la « Mannschaft » à l’approche de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. La plus douloureuse de ces absences est sans nul doute celle de Sebastian Deisler. Pays des milieux défensifs, l’Allemagne connaît en revanche un déficit considérable en matière de créateurs. Le mal n’est pas nouveau, mais avec le jeune milieu (22 ans) du Hertha Berlin et futur pensionnaire du Bayern Munich, la Mannschaft avait de quoi remédier à cette disette. Sa rotule douloureuse en a décidé autrement et la tâche d’animation reviendra à Michael Ballack, 25 ans, lui aussi grand espoir du football allemand, mais milieu défensif de formation. Le déficit créatif s’est aussi aggravé depuis le forfait de l’électron libre du Bayern Munich, Mehmet Scholl, sorte de Djorkaeff allemand et l’un des rares joueurs capables de faire basculer un match sur un exploit personnel. Ballack pourrait être secondé par Lars Ricken, appelé hier. Le milieu de Dortmund avait déjà connu l’angoisse de la liste d’attente au Mondial 98, mais n’avait pas finalement été retenu par Berti Vogts. « Je me sens en grande forme. Je croyais encore en ma chance », a estimé ce joueur de 25 ans, qui compte 57 participations en Coupe de l’UEFA et en Ligue des champions, épreuve qu’il a remportée en 1997 avec Dortmund. Joerg Heinrich renonce Joerg Boehme (Schalke 04), milieu droit spécialiste des coups francs, épaulera aussi Ballack. Voeller l’a nommé hier pour remplacer Joerg Heinrich, qui a décidé de se retirer de la course. « Après mûre réflexion, j’ai informé Rudi Voeller que je ne me sentais pas suffisamment en forme pour aider l’équipe et lui ai demandé de me rayer de la liste », a déclaré le défenseur de Dortmund, blessé à répétition cette saison, dans une démarche plutôt digne. Voeller devra donc aussi composer avec une défense new look. Il comptait sur le libero de Leverkusen Jens Nowotny, l’arrière de Dortmund Christian Woerns et celui du Hertha Berlin Marco Rehmer. Sauf que Nowotny est forfait pour cause de rupture de ligament d’un genou, Woerns a dû renoncer en raison d’une opération à un ménisque et Rehmer, partant, est néanmoins blessé à une épaule. Le patron de circonstance devrait être Carsten Ramelow, épuisé physiquement et moralement par la longue campagne de Leverkusen cette saison. « Ces forfaits bousculent évidemment nos plans. Mais il faut tirer le meilleur de cette situation. Le polissage aura lieu à Miyazaki », le camp de base des Allemands au Japon, a jugé Voeller. « Polissage », le mot est faible : les onze hommes sur lesquels il compte n’ont tout simplement jamais joué ensemble. Il faudra donc prendre au mot Voeller, qui avait prudemment fixé les 8es de finale comme objectif. Même si Franz Beckenbauer, vice-président de la Fédération et ex-patron du Bayern Munich, a décelé un avantage dans cette situation : « Les attentes sont réduites et l’équipe pourra alors jouer l’esprit libre ».
Ce n’est pas encore le Radeau de la Méduse, mais cela lui ressemble de plus en plus : après les forfaits de son meneur de jeu Sebastian Deisler lundi et du défenseur Joerg Heinrich hier, l’équipe d’Allemagne de football s’envolera aujourd’hui fortement diminuée pour le Japon. « Qu’a-t-on fait pour mériter autant de malchance ? », s’est écrié hier le quotidien populaire Bild, résumant le sentiment général après la cascade de forfaits qui a frappé la « Mannschaft » à l’approche de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. La plus douloureuse de ces absences est sans nul doute celle de Sebastian Deisler. Pays des milieux défensifs, l’Allemagne connaît en revanche un déficit considérable en matière de créateurs. Le mal n’est pas nouveau, mais avec le jeune milieu (22 ans) du Hertha Berlin et...