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Mondial-2002 : les Bleus pour doubler la mise

Quatre ans sont passés, mais rien ne semble avoir entamé la force de l’équipe de France de football, championne du monde en titre, et qui, forte d’un subtil dosage de jeunesse et d’expérience, semble bien placée pour doubler la mise au Mondial-2002 en Corée du Sud et Japon. Sacrés chez eux en 1998, les Bleus ont depuis raflé tout ce qui se présentait à eux, à commencer par l’Euro-2000, puis la très honorifique Coupe des confédérations au printemps 2001. Un deuxième titre mondial d’affilée est désormais dans la ligne de mire tricolore, une performance que seule l’Italie (1934, 1938) et le Brésil (1958, 1962) ont déjà réalisée. En quatre ans, le sélectionneur Roger Lemerre, successeur d’Aimé Jacquet au lendemain du Mondial victorieux, a changé par petites touches l’aspect de l’équipe de France, lui donnant un tour plus offensif. Autrefois montrés du doigt pour leur manque d’efficacité, les Français peuvent compter sur trois jeunes attaquants explosifs, Thierry Henry (24 ans), David Trezeguet (24 ans) et le petit dernier, Djibril Cissé (20 ans). Meilleurs buteurs en Angleterre, en Italie et en France, Henry (Arsenal), Trezeguet (Juventus) et Cissé (Auxerre) ont marqué 99 buts à eux trois toutes compétitions confondues. Avec Zinedine Zidane, le joueur le plus cher du monde et nouvelle idole du Real Madrid, à la baguette, le quatuor peut faire un malheur. Ruser Quant à la défense, même sans les emblématiques retraités internationaux Laurent Blanc et Didier Deschamps, elle a trouvé en Mikaël Silvestre et Willy Sagnol de parfaits compléments aux piliers trentenaires Marcel Desailly, Frank Lebœuf, Lilian Thuram et Bixente Lizarazu. Forte d’une « culture de la victoire » si chère au sélectionneur, la France va néanmoins devoir composer avec tous les inconvénients inhérents au statut de grand favori. Très attendue par des adversaires qui n’ont rien à perdre au premier tour (Sénégal, Uruguay, Danemark), elle va devoir s’acclimater à la chaleur humide de Séoul, très loin du Stade de France et du million de supporteurs sur les Champs-Élysées qui avaient salué la victoire en 1998. Les défaites en amical en Espagne (2-1) à Valence en mars 2001 et au Chili (2-1) sont venues rappeler aux Français que rien n’était acquis face à des équipes surmotivées par la perspective de s’offrir le scalp des champions du monde. Enfin, les organismes sont plus fatigués qu’il y a quatre ans, presque tous les joueurs évoluant désormais dans les plus grands clubs européens. Une fatigue qui a déjà coûté cher aux Bleus, obligés de se passer de Robert Pires, gravement blessé à un genou à force de sollicitations. Brésil et Argentine ne sont pas les seuls « latinos » Deux équipes surprises, le Costa Rica et l’Équateur, deux autres qui semblent décliner, le Paraguay et le Mexique, ainsi qu’une ancienne gloire, l’Uruguay, complètent, en plus du Brésil et de l’Argentine, éternels favoris, le contingent latino-américain au Mondial-2002 de football. La présence du Costa Rica en phase finale pour la deuxième fois, après 1990, est certes surprenante mais néanmoins logique. Les « Ticos » d’Alexandre Guimaraes ont survolé les éliminatoires CONCACAF, terminant avec six points d’avance sur le Mexique et les États-Unis. De surcroît, leur participation à la Copa America 2001 leur a permis de se frotter au haut niveau avec bonheur, puisqu’ils ont atteint les quarts de finale. Opposé dans le groupe C du Mondial au Brésil, à la Turquie et à la Chine, le Costa Rica peut espérer jouer un rôle d’outsider, sous l’impulsion de l’attaquant Paulo Wanchope (Manchester City, promu en D1 anglaise). L’efficacité de cet ex-basketteur de 1,91m permettra peut-être au Costa Rica de franchir le premier tour, comme en 1990. Autre fourmi dans ce continent de géants, l’Équateur s’est qualifié pour son premier Mondial en terminant deuxième du groupe Amsud. Après des débuts moyens, les Équatoriens se sont réveillés au printemps 2001, enchaînant cinq victoires, dont la plus glorieuse face au Brésil (1-0). Avant de rencontrer l’Italie, la Croatie et le Mexique dans le groupe G, ils peuvent compter sur un inébranlable esprit de corps, illustré par le soutien unanime de l’équipe à son sélectionneur colombien Hernan Dario «Bolillo» Gomez, agressé en mai 2001 par un commando qui lui reprochait de ne pas avoir retenu le fils d’un ancien président de la République. À la demande de ses troupes, Gomez était revenu sur sa décision de démissionner. Nostalgique Celeste Paraguay et Mexique semblent eux avoir perdu de leur superbe. Après des débuts en fanfare, les Paraguayens ont terminé quatrièmes de la zone Amsud. Depuis le remplacement du sélectionneur Sergio Markarian par l’Italien Cesare Maldini, les coéquipiers de Jose Luis Chilavert sont la cible de critiques de la presse locale et, quatre ans après avoir échoué contre la France en huitièmes de finale, ils se préparent à affronter l’Espagne, la Slovénie et l’Afrique du Sud (groupe B) dans des conditions délicates. Idem pour le Mexique, qui a vécu des éliminatoires chaotiques (3e zone Concacaf). Cependant, l’arrivée du sélectionneur Javier Aguirre à la place d’Enrique Meza, qui avait lui-même succédé à Manuel Lapuente, ainsi que le retour du buteur Cuauhtemoc Blanco ont redonné du souffle aux Mexicains. Souffle dont peut également se prévaloir le défenseur Claudio Suarez, 33 ans et recordman mondial du nombre de sélections. Enfin, l’Uruguay, vainqueur en 1930 et 50, essaiera de renouer avec ces années fastes, dans le groupe A, celui de la France (tenante du titre), du Danemark et du Sénégal. La Celeste a dû passer par les barrages, contre l’Australie, pour se qualifier. Le sélectionneur Victor Pua, qui a succédé en février 2001 à l’Argentin Daniel Passarella, peut s’appuyer sur des joueurs talentueux qui évoluent pour la plupart en Europe, comme Alvaro Recoba (Inter Milan) ou Paolo Montero (Juventus Turin). Paolo Maldini : finir en beauté Le défenseur latéral du Milan AC, Paolo Maldini, participera avec l’équipe d’Italie à la Coupe du monde de football en Corée du Sud et au Japon (31 mai-30 juin), avec la ferme ambition de finir en beauté son inégalable carrière internationale. Maldini, fils d’un autre ancien grand joueur du Milan AC, Cesare Maldini, sélectionneur de la «squadra azzurra» au Mondial 1998 en France, jettera l’éponge dès son retour d’Asie, prenant ainsi une retraite internationale bien méritée. Il continuera toutefois à jouer quelques saisons encore, sous la bannière « rossonera » (rouge et noir) de son club de toujours, le seul qu’il ait jamais connu, depuis ses grands débuts en Série A en 1985. « Je poursuivrai ma carrière au Milan pour mes deux dernières années de contrat, ensuite je déciderai ce que je ferai, mais une chose est déjà certaine, je ne deviendrai jamais entraîneur », a précisé Paolo Maldini. Cet arrière latéral de grande lignée (1,87 m, 85 kg), recordman des sélections avec 121 capes, passera la main à 34 ans, qu’il fêtera d’ailleurs en plein déroulement du tournoi, le 26 juin. « Je prendrai ma retraite, après la Coupe du monde, ma toute dernière », confirme Maldini qui en a déjà disputé trois (1990-1994-1998). « Une dernière tentative » En Asie, Maldini tentera de s’approprier enfin cette Coupe du monde qu’il n’a jamais remportée et qu’il rêve de lever haut dans le ciel de Yokohama, au soir de la grande finale du 30 juin. « Ce sera ma dernière tentative de gagner un grand tournoi international sous le maillot bleu. Je suis passé bien près de la consécration, à deux reprises, au Mondial-94 (Italie battue en finale par le Brésil, aux tirs au but) et à l’Euro-2000 (défaite au but en or contre la France). Ce serait un bonheur fou de terminer en champion du monde », estime-t-il. Très entouré dans un coin tranquille, sous les frondaisons du domaine de Coverciano où la « squadra » fait ses dernières gammes avant le grand départ, Maldini se livre aussi au jeu subtil des pronostics : « Je ne sais pas qui gagnera ce Mondial, mais il y a plusieurs équipes capables de l’emporter, toujours les mêmes : la France, l’Argentine, le Brésil et l’Italie aussi ». Auteur d’une saison en demi-teinte, en raison d’une blessure au genou, qui l’a tenu éloigné des terrains durant près de quatre mois, Maldini a rejoué durant quelques matchs, en fin de championnat d’Italie. Il a contribué par sa présence à la qualification de son équipe au tour préliminaire de la Ligue des champions, grâce à sa 4e place au classement final, derrière la Juventus Turin, l’AS Rome et l’Inter Milan. « Je suis bien revenu et je vais aborder ce mondial bien reposé », reconnaît-il. La fraîcheur physique de son capitaine, outre sa classe et sa prodigieuse expérience, sera, à n’en pas douter, l’un des meilleurs atouts de la bande à Giovanni Trapattoni dans sa chasse au titre mondial. Amulettes, sortilèges et sorciers : tout est bon pour gagner Entrer sur la pelouse du pied droit, faire le signe de croix, porter des amulettes en tout genre, ou demander un petit coup de main à un sorcier quelconque... toutes les superstitions, tous les recours à l’irrationnel ou au surnaturel sont bons au moment d’aborder une Coupe du monde de football. Peu de joueurs ou de sélections résistent à la tentation de s’efforcer d’attirer sur eux la chance, si souvent capricieuse en matière de football. Et parfois, cela marche. Lors de la Copa America 2001 en Colombie, le Brésil a perdu son premier match contre le Mexique, le sixième d’affilée sans victoire. Une honte pour le pays quadruple champion du monde. Faute d’une meilleure idée, le sélectionneur Luiz Felipe Scolari a décidé que, pour le prochain match, contre le Pérou, les Brésiliens abandonneraient leur traditionnel maillot auriverde pour la seconde tenue officielle au maillot bleu, par pure superstition. Et la Seleçao l’a emporté 2 à 0, même si cette initiative ne fut pas du goût de la majorité des supporteurs. Les plus superstitieux, et de loin, restent les Africains. Au point que, lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, en février 2002 au Mali, la Confédération africaine de football (CAF) a refusé d’accréditer les « conseillers » qui accompagnent habituellement les sélections et qui sont en réalité des sorciers. But avoué : éviter de donner au monde une image négative pendant le tournoi majeur du continent. Mais les pays qualifiés pour le Mondial-2002, comme le Nigeria, le Cameroun et l’Afrique du Sud, qui n’ont jamais fait mystère de leur recours à la magie, ont contourné la difficulté en achetant à leurs sorciers des billets pour les matchs. Plus discrets En Amérique latine, les superstitions ont souvent une connotation religieuse. Ainsi, Alvaro Recoba, joueur vedette de l’Uruguay, emporte pour tous les matchs une statue miniature de la Vierge de Lourdes offerte par sa mère. Les Mexicains se recommandent, eux, à la Vierge de Guadalupe, patronne de leur pays. Les Brésiliens n’hésitent pas à arborer des tee-shirts portant des messages comme « 100 % Jésus », ou « Jésus m’a donné ce but ». En Corée du Sud et au Japon, l’heure sera à la discrétion. Les règlements interdisant les accessoires et les objets potentiellement dangereux, comme les bijoux, y seront appliqués à la lettre, a certifié à l’AFP George Cumming, directeur du Développement à la Fédération internationale (Fifa). Le capitaine anglais David Beckham devra donc laisser au vestiaire sa boucle d’oreille en diamant. De même, tous les bracelets, colliers ou anneaux seront prohibés. Jusqu’aux alliances des joueurs, habituellement tolérées par les arbitres, que les joueurs devront cette fois retirer. Par ailleurs, les joueurs ne devront pas porter un autre maillot ou tee-shirt sous la tenue officielle. La Fifa ne veut pas voir de visages de Christ, de photos de bébés ni de messages à la famille, comme c’est devenu l’habitude à chaque but marqué. « La Coupe du monde n’est pas une galerie de photos », souligne George Cumming. Mais parfois il suffit de faire preuve d’imagination. La bise de Laurent Blanc sur la calvitie de son gardien Fabien Barthez avant chaque match a plutôt bien réussi aux Français en 1998... La gazette du Mondial Temps libre. Le président de la province italienne de Cantazaro a annoncé aux personnes travaillant avec lui qu’elles avaient l’autorisation de regarder les rencontres de l’équipe nationale à la télévision, mais elles devront récupérer, dans la semaine, le temps passé devant leur écran. Critique. L’avant-centre uruguayen de l’Atletico Madrid (promu en D1), Diego Alonso, a vivement critiqué l’entraîneur national Victor Pua pour ne pas l’avoir retenu dans la liste des présélectionnés. « Jouer au Mondial était mon rêve », a déclaré l’actuel deuxième meilleur buteur de la D2 espagnole et qui a disputé 12 des 18 dernières rencontres de la sélection uruguayenne. « Il m’a dit qu’il comptait sur moi et que j’étais sur la liste, mais au moment de la donner il ne s’est pas souvenu de moi », a-t-il ironiquement ajouté. Promo timbrée. La Corée du Sud va faire la promotion de sa culture à travers le monde en imprimant des timbres qui seront disponibles au centre international des médias, à Séoul, où un bureau de poste sera exceptionnellement mis à disposition. Deux cent quatre-vingt-huit timbres différents représentant l’héritage culturel coréen, sa nature, son histoire, et des souvenirs des JO de 1988 ont été imprimés. Sursitaires. Dix joueurs de la sélection coréenne, qui n’ont pas encore effectué leur service militaire, pourraient y échapper... si l’équipe accède au deuxième tour. Le président du comité d’organisation sud-coréen et vice-président de la Fifa, Chung Mong-joon, a fait une demande en ce sens au Premier ministre du pays Lee Han-dong. Loto. Les Chinois ont déjà dépensé plus d’un demi-million d’euros dans les loteries se rapportant à la prochaine Coupe du monde. Ces jeux de hasard qui ont déjà permis à 250 Chinois de devenir millionnaires en yuan (1 yuan = 0,13 euros). La loterie se rapportant au Mondial a été lancée en Chine au mois d’octobre lorsque le pays a obtenu son billet qualificatif pour le Mondial.
Quatre ans sont passés, mais rien ne semble avoir entamé la force de l’équipe de France de football, championne du monde en titre, et qui, forte d’un subtil dosage de jeunesse et d’expérience, semble bien placée pour doubler la mise au Mondial-2002 en Corée du Sud et Japon. Sacrés chez eux en 1998, les Bleus ont depuis raflé tout ce qui se présentait à eux, à commencer par l’Euro-2000, puis la très honorifique Coupe des confédérations au printemps 2001. Un deuxième titre mondial d’affilée est désormais dans la ligne de mire tricolore, une performance que seule l’Italie (1934, 1938) et le Brésil (1958, 1962) ont déjà réalisée. En quatre ans, le sélectionneur Roger Lemerre, successeur d’Aimé Jacquet au lendemain du Mondial victorieux, a changé par petites touches l’aspect de l’équipe de France,...