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Actualités - Chronologie

SYRIE Procès d’opposants : le régime déterminé à sanctionner toute critique

La succession des procès des opposants syriens devant un tribunal d’exception semble illustrer un raidissement du régime déterminé à juger ceux qui osent le critiquer, relevaient hier avocats et diplomates, cités par l’AFP. Signe apparent de ce durcissement, ces procès ne sont plus publics. Hier, pour la seconde fois, journalistes, diplomates et parents des détenus se sont vu interdire l’accès au tribunal pour l’ouverture du procès de l’avocat Habib Issa et du médecin Walid Bounni. « L’attitude a changé. Le procès (du dirigeant communiste) Riad Turk, le 28 avril dernier, était public », a constaté un des avocats de la défense, Haïssam Maleh. La défense a refusé que le juge de la Cour de sûreté de l’État procède aux interrogatoires et demandé que les procès soient à nouveau ouverts au public. « C’est un droit et nous estimons que la présence du correspondant de l’agence officielle Sana et celle de la défense ne rendent pas les procès publics », a estimé l’avocat Hassan Abdel Azim. MM. Issa et Bounni font partie d’un groupe de dix opposants, qui compte deux députés, arrêtés l’été 2001, dont le secrétaire général du Parti communiste-bureau politique Riad Turk et l’économiste de renom Aref Dalila. Les accusations sont les mêmes pour tous ces opposants : tentative de changer la Constitution par des moyens illégaux, incitation à des dissensions confessionnelles et à la sédition, propagation d’informations mensongères et tentative de nuire à l’image de l’État. Pour un diplomate étranger à Damas, ces procès se succèdent alors que la tension est à son comble dans la région. « Ces arrestations marquent la fin d’un mouvement pour la démocratie », dit-il. Après l’arrivée au pouvoir en Syrie du président Bachar el-Assad en juillet 2000, un mois après le décès de son père et prédécesseur Hafez el-Assad, des débats sur les libertés politiques et les réformes économiques se sont multipliés pendant six mois dans des maisons privées (salons). Mais ces débats ont été interdits en février 2001 par les autorités qui ont vu chez les militants des droits de l’homme une volonté de « violer » la loi et de dépasser les lignes rouges que sont la « sécurité et la stabilité » de la société. « Les propos prêtés aux accusés relèvent du domaine de la liberté d’expression », a déclaré Me Abdel Azim. « Ce ne sont que des paroles, déclarations, articles de presse et interventions dans les salons politiques », a-t-il estimé. Deux des dix opposants, les députés Riad Seif et Maamoun al-Homsi, ont été condamnés par la Cour pénale de Damas à cinq ans de prison chacun pour avoir voulu changer la Constitution par des moyens illégaux. Les huit autres opposants sont jugés par la Cour de sûreté de l’État. La prochaine audience du procès de Walid Bounni, médecin et membre d’une organisation de la société civile, a été fixée au 12 juin, et celle de Habib Issa, 55 ans, avocat et porte-parole d’un salon de débat politique, au 19 juin. Riad Turk, 71 ans, a été incarcéré pendant 17 ans sans jugement jusqu’en 1998. Il a été interpellé une seconde fois le 1er septembre 2001, après qu’il eut repris ses activités en animant des salons politiques dressant un constat sombre de la situation qui prévalait sous Hafez el-Assad. Les procès des opposants Kamal Labouani, Hassan Saadoune et Fawwaz Tello devraient normalement s’ouvrir prochainement. Une délégation de l’Union parlementaire internationale (UPI) avait effectué une visite à Damas pour « examiner les cas de Riad Seif et Maamoun al-Homsi », selon des avocats. Elle a rencontré le président du Parlement Abdel Kader Kaddoura, mais n’a pu voir les deux députés.
La succession des procès des opposants syriens devant un tribunal d’exception semble illustrer un raidissement du régime déterminé à juger ceux qui osent le critiquer, relevaient hier avocats et diplomates, cités par l’AFP. Signe apparent de ce durcissement, ces procès ne sont plus publics. Hier, pour la seconde fois, journalistes, diplomates et parents des détenus se sont vu interdire l’accès au tribunal pour l’ouverture du procès de l’avocat Habib Issa et du médecin Walid Bounni. « L’attitude a changé. Le procès (du dirigeant communiste) Riad Turk, le 28 avril dernier, était public », a constaté un des avocats de la défense, Haïssam Maleh. La défense a refusé que le juge de la Cour de sûreté de l’État procède aux interrogatoires et demandé que les procès soient à nouveau ouverts au public. «...