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Une tribune pour les siffleurs au Stade de France

Avec les sifflets qui ont ponctué La Marseillaise lors de la finale de Coupe de France de football Lorient-Bastia, samedi soir, le Stade de France a alimenté une tendance à transformer ses gradins en tribune de la contestation débordant largement du cadre sportif. À peine les premières notes de l’hymne national français avaient-elles éclaté samedi soir qu’une partie des supporteurs corses s’efforçait de couvrir la musique de leurs sifflets. Une manière de revendiquer l’identité insulaire, de protester contre la politique à l’égard de la Corse. Cette attitude provoquait la colère, et le départ momentané de la tribune présidentielle, du chef de l’État Jacques Chirac puis de longues minutes de flottement, ponctuées d’«excuses à la France » de la part du président de la Fédération française de football (FFF), Claude Simonet. Avec plus de vingt minutes de retard, la finale de la Coupe de France pouvait néanmoins débuter et aller à son terme sans autre manifestation extrasportive. Déjà vu Une situation qui avait un goût de déjà-vu. Le 6 octobre, le Stade de France avait déjà résonné de sifflets durant l’hymne national, à l’occasion de la première rencontre officielle entre la France et l’Algérie depuis l’indépendance de cette dernière en 1962. Une partie des supporteurs algériens, pour beaucoup des Français d’origine algérienne, avait conspué La Marseillaise, ce qui avait été interprété comme le symbole d’une profonde fracture entre la France et une frange de sa population issue de l’immigration. Si le malaise avait là aussi été perceptible, la rencontre avait néanmoins débuté dans la foulée, le Premier ministre socialiste de l’époque, Lionel Jospin, préférant sans doute ne pas transformer la protestation en incident diplomatique. Peine en partie perdue car la soirée se terminait par un envahissement pacifique du terrain déclenché par une poignée de supporteurs algériens à un quart d’heure de la fin de la rencontre. Le match avait été définitivement interrompu, laissant la place à un débat polémique sur l’opportunité politique de cette rencontre et les maux de la société française. Moins grave et plus circonscrit au monde du sport, le 27 mars, les siffleurs du Stade de France s’en étaient pris, lors du match amical entre la France et l’Écosse à un joueur français, le Néo-Calédonien Christian Karembeu. Les Bleus avaient assuré le spectacle (5-0) mais la fête avait été gâchée par ces manifestations hostiles incessantes. « Quand le public siffle un joueur de l’équipe de France, c’est une insulte à toute l’équipe. Je dirais même plus, c’est une insulte à mon pays », s’était indigné le sélectionneur Roger Lemerre.
Avec les sifflets qui ont ponctué La Marseillaise lors de la finale de Coupe de France de football Lorient-Bastia, samedi soir, le Stade de France a alimenté une tendance à transformer ses gradins en tribune de la contestation débordant largement du cadre sportif. À peine les premières notes de l’hymne national français avaient-elles éclaté samedi soir qu’une partie des supporteurs corses s’efforçait de couvrir la musique de leurs sifflets. Une manière de revendiquer l’identité insulaire, de protester contre la politique à l’égard de la Corse. Cette attitude provoquait la colère, et le départ momentané de la tribune présidentielle, du chef de l’État Jacques Chirac puis de longues minutes de flottement, ponctuées d’«excuses à la France » de la part du président de la Fédération française de...