Le procès des quatre hommes accusés de l’enlèvement et de l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl a repris hier à Hyderabad, dans le sud du Pakistan, avec l’audition d’un expert en graphologie de la police, a-t-on appris de sources judiciaires. L’audience, à huis clos, a ensuite été suspendue et doit reprendre aujourd’hui dans la prison d’Hyderabad. Le procureur, Raja Qureshi, a déclaré à la presse, à l’extérieur de la prison, que l’expert, Ghulam Akbar Jaffery, avait fourni des éléments attestant de similarités entre des tournures employées dans les e-mails envoyés par les ravisseurs et des documents écrits de la main de Sheikh Omar, le principal suspect. Ces e-mails avaient été diffusés après l’enlèvement du journaliste, le 23 janvier à Karachi. Les ravisseurs y menaçaient Daniel Pearl de mort et certains de ces courriers étaient accompagnés de photos le montrant en captivité. Alors que le procès se déroule à huis clos, l’un des avocats de la défense, Rai Bashir, a cependant nié devant la presse que l’expert ait établi un tel lien. Samedi, un agent du FBI, la police fédérale américaine qui collabore à l’enquête, Ronald Joseph, également spécialiste en informatique, avait déjà témoigné sur la question des messages par e-mail. Un autre témoin, employé d’un hôtel, Aamir Raza Qureshi, avait déclaré au tribunal que Daniel Pearl avait, quelques jours avant son enlèvement, rencontré Sheikh Omar à Rawalpindi, dans le nord-est du Pakistan. Le troisième témoin entendu samedi était un magistrat impliqué dans l’enquête qui a précédé le procès, Irum Jehangir. Il a rapporté comment Sheikh Omar avait avoué le 14 février être l’instigateur de l’enlèvement et dit que le journaliste, à sa connaissance, était alors déjà mort. Ce magistrat a une nouvelle fois été entendu hier, mais son témoignage a une nouvelle fois donné lieu à des comptes rendus contradictoires du procureur et de la défense, sur la spontanéité ou non des aveux de Sheikh Omar. La mort de Daniel Pearl, correspondant du Wall Street Journal âgé de 38 ans, avait été confirmée par l’envoi, le 21 février au consulat américain de Karachi, d’une vidéocassette qui montrait des images de l’assassinat. Le procès, ouvert le 5 avril, se poursuit à Hyderabad, une ville à 160 kilomètres au nord-est de Karachi, où il a été déplacé à la demande du procureur qui avait fait état de menaces contre lui-même et ses collaborateurs, et contre la prison de Karachi où se déroulaient alors les audiences. Le procès, ajourné à de nombreuses reprises, se déroule depuis le départ en prison, pour raisons de sécurité à la demande du ministère de l’Intérieur. Quatre hommes sont jugés, Sheikh Omar, militant islamiste de 29 ans né en Grande-Bretagne, ainsi que trois complices accusés d’avoir envoyé les e-mails. Sept autres suspects sont toujours en liberté. Tous sont passibles de la peine de mort s’ils sont reconnus coupables.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le procès des quatre hommes accusés de l’enlèvement et de l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl a repris hier à Hyderabad, dans le sud du Pakistan, avec l’audition d’un expert en graphologie de la police, a-t-on appris de sources judiciaires. L’audience, à huis clos, a ensuite été suspendue et doit reprendre aujourd’hui dans la prison d’Hyderabad. Le procureur, Raja Qureshi, a déclaré à la presse, à l’extérieur de la prison, que l’expert, Ghulam Akbar Jaffery, avait fourni des éléments attestant de similarités entre des tournures employées dans les e-mails envoyés par les ravisseurs et des documents écrits de la main de Sheikh Omar, le principal suspect. Ces e-mails avaient été diffusés après l’enlèvement du journaliste, le 23 janvier à Karachi. Les ravisseurs y menaçaient Daniel...