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Actualités - Reportage

Mode - La déferlante du blanc (photos)

Comment expliquer ce phénomène qui déploie ses vagues de l’Europe vers l’Amérique et du Nord vers les pays chauds? Les journaux américains l’appellent «la mode White Spirit», les Français «blanc inévitable» et les Italiens «Bianco Banco»... Des meubles aux vêtements, de la mode au design, des textiles aux objets, cet été sera blanc. Éclatant, crayeux, irisé, laiteux ou poudré, il sera partout et en même temps. Tous les secteurs de la consommation, en commençant par Paris, la métropole des vogues, sont éclaboussés par cette obsession de la teinte «virginale». Art, cosmétique, aliments et intérieurs se sont humblement soumis à la «non-couleur»... En 1925 pourtant, quand Corbusier, l’architecte novateur, préconisait dans son traité Les arts décoratifs modernes «de peindre en blanc les murs intérieurs» car il faut aimer la pureté, ses contemporains étaient horrifiés à l’idée de transformer leur intérieur en laboratoire... Il faut dire que, de nos jours, le blanc a de nombreux visages: du translucide au laiteux, de l’immaculé au perlé, irisé, ambré, le blanc a maintes blancs dans son sac, le «Whitewashing», comme on désigne aux États-Unis l’avalanche actuelle. Les grands gourous des styles prétendent que le blanc est porteur de variations infinies qu’il s’agit de capter, mettre en évidence et exploiter en conséquence... «C’est la couleur blanche qui contient toutes les couleurs du spectre» rappellent-ils... Du blanc sur soi Après avoir été très noire ce dernier hiver, la mode se veut très blanche cet été. Travaillés avec des effets de surface, les blancs en vogue sont patinés, crayeux, poudreux. À l’opposé des autres teintes si difficiles à associer ou à moduler, le blanc permet de mélanger différentes nuances tout en restant dans le blanc. Les blancs en vogue seront des blancs sales, poussiéreux, évocateurs d’une pureté à bout de force... L’élégance estivale est prévue à bout de force, traînant ses savates. Le «look total white», lire le tout-en blanc, est présent dans toutes les collections et non seulement en France. Alberta Ferreti, Vivienne Westwood, Viktor et Rolf, Chloé, Mauzoni et tant d’autres ne créent que pour du blanc et tant pis pour les impurs... Il faut toutefois préciser qu’il ne s’agit nullement de blancs «clinique». Matérialisé dans une large gamme de textures, il prend un aspect vivant, d’autant plus qu’il est travaillé avec des effets de surface. Les blancs en vogue cet été évoquent une élégance désabusée, une pureté lasse de traîner, un blanc lassé d’être blanc... Le créateur Rei Kawakubo («Comme les Garçons») a livré une collection de robes surdimensionnées, à cols gonflés à l’hélium, organdi brouillé... Du blanc «hard», narguant le romantisme du blanc. Collection entièrement blanche chez Viktor et Rolf. «Cette collection blanche a été une délivrance, un moyen de retrouver l’esprit des années de notre enfance». Les textiles de 2003 D’après les annonces et les prévisions des personnalités impliquées dans le domaine, l’année 2003 gardera le blanc comme point fort. «Les attributs du blanc seront exploités sous toutes leurs formes. Même les couleurs seront “farinées” blanchies, avec des effets décolorés et des aspects voilés», annoncent les avertis. Grâce à de nouvelles techniques de tissage, de superposition, de découpe des tissus, le blanc dorénavant changera de rôle et de comportement.
Comment expliquer ce phénomène qui déploie ses vagues de l’Europe vers l’Amérique et du Nord vers les pays chauds? Les journaux américains l’appellent «la mode White Spirit», les Français «blanc inévitable» et les Italiens «Bianco Banco»... Des meubles aux vêtements, de la mode au design, des textiles aux objets, cet été sera blanc. Éclatant, crayeux, irisé, laiteux ou poudré, il sera partout et en même temps. Tous les secteurs de la consommation, en commençant par Paris, la métropole des vogues, sont éclaboussés par cette obsession de la teinte «virginale». Art, cosmétique, aliments et intérieurs se sont humblement soumis à la «non-couleur»... En 1925 pourtant, quand Corbusier, l’architecte novateur, préconisait dans son traité Les arts décoratifs modernes «de peindre en blanc les murs...