L’euro s’est fortement apprécié hier face au billet vert sur les marchés des changes internationaux, grimpant à son plus haut niveau depuis début octobre 2001, après la publication de chiffres américains moins bons que les attentes. La progression de l’euro face au dollar s’est faite en deux étapes. La monnaie unique a d’abord frôlé à la hausse le seuil de 0,91 dollar, après la publication de chiffres décevants de l’emploi aux États-Unis faisant ressortir un taux de chômage à 6 % de la population active en avril contre 5,7 % en mars, son plus haut niveau depuis 8 ans. Elle est ensuite remontée en flèche jusqu’à 0,92 dollar à l’annonce d’un indice des directeurs d’achats américains (ISM) pour le secteur des services en baisse à 55,3 pts contre 57,3 pts pendant la même période. Ces deux indicateurs ont donc suggéré aux investisseurs qu’après un bon début d’année, l’économie américaine entre dans une phase de ralentissement. Ce phénomène a donc créé un environnement négatif pour le dollar, faisant ignorer le fléchissement de deux indices européens pour la première fois depuis le début de l’année, dont le sentiment de confiance des acteurs économiques (de 99,5 pts à 99,4 pts en avril) et le climat des affaires dans la zone euro (de –0,59 à –0,64 en avril). Bien que ces statistiques américaines ne veulent pas dire que les États-Unis sont retombés dans une période de crise, nombre d’opérateurs ont estimé devoir se débarrasser du dollar par précaution en le faisant négocier à NY à 0,9171 pour un euro contre 0,9030 la veille, à 1,4691 pour un sterling contre 1,4630, à 1,5875 FS contre 1,6095 et à 126,97 yens contre 127,90. Les Bourses internationales en baisse laminées par le ralentissement économique des deux côtés de l’Atlantique En Bourse, les marchés américains des valeurs sont restés plombés hier par les inquiétudes sur la fragilité de la reprise économique aux États-Unis et son impact sur les résultats des sociétés. Certes, les chiffres du chômage et l’indice ISM d’activité dans le secteur des services ont indiqué que l’économie américaine est dans une phase de lente croissance, incitant les investisseurs à se délester des titres de sociétés exposées au ralentissement de l’activité, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la haute technologie et des services. Bien que cette situation garantisse que la Fed ne touchera pas à ses taux d’intérêt mardi prochain lors de la réunion de son comité de politique monétaire, les opérateurs boursiers ont estimé à la veille du week-end devoir réajuster leurs portefeuilles titres. En effet, le DJIA est tombé en préclôture à 9 998,12 pts (-0,93 %), le S & P 500 à 1 174,35 pts (-0,87 %) et le Nasdaq à 1 618,29 pts (-1,61 %). De leur côté les Bourses européennes ont pour la plupart terminé à nouveau en baisse hier, alors que la débâcle se poursuit sur les valeurs de la technologie et des télécoms pendant que la reprise économique apparaît des plus fragiles de part et d’autre de l’Atlantique. C’est ainsi que l’Eurotop 300 a cédé 0,82 % en clôturant à 1 211,24 pts et l’Eurostoxx 50 0,87 % à 3 466,61 pts. Pourtant, la Bourse de Londres a fait exception pour la deuxième journée d’affilée, clôturant en hausse grâce aux pétrolières et aux banques. C’est ainsi que l’indice Footsie a achevé la semaine à 5 203,10 pts (+0,56 %), alors que le CAC 40 de la Bourse de Paris est redescendu en clôture à 4 354,92 pts (-1,51 %) et l’Extra Dax de la Bourse de Francfort à 4 882,77 pts (-1,65 %). Rappelons que le marché libanais des changes et la Bourse de Beyrouth étaient fermés hier en raison du chômage officiel pour le vendredi saint orthodoxe. Élie KAHWAGI
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