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Actualités - Chronologie

Syrie Le procès de l’opposant Riad Turk s’ouvre devant un tribunal d’exception

Le procès du principal opposant syrien, le communiste Riad Turk, accusé notamment d’atteinte à la Constitution et d’incitation à une sédition armée, s’est ouvert hier à Damas devant la Cour de sûreté de l’État, un tribunal d’exception. M. Turk est le troisième opposant d’un groupe de dix arrêtés en été 2001 à être jugé. Les deux autres opposants, les députés Maamoun al-Homsi et Riad Seif, jugés par un tribunal ordinaire, ont été condamnés récemment à cinq ans de prison ferme pour avoir tenté de changer la Constitution par des moyens illégaux. Ils ont fait appel. Dix avocats, plusieurs journalistes, des diplomates de l’Union européenne et l’épouse de l’opposant, Asmaa Fayçal, ont assisté à l’audience publique, qui n’a duré qu’un quart d’heure. M. Turk, 71 ans, avocat et chef du Parti communiste - bureau politique (interdit), en complet veston cravate, a été autorisé à prendre la parole. Il a affirmé n’avoir pas été «informé de la date du procès, ni reçu le dossier de l’affaire». «J’ai été soumis à un interrogatoire qui n’en est pas un. Ils m’ont posé deux questions», a-t-il dit avec colère, estimant qu’il s’agit d’une «entorse flagrante à la loi» et menaçant de boycotter le procès. «Je boycotterai le procès ; je garderai le silence» si les lois ne sont pas respectées, a affirmé l’opposant communiste. Le juge Fayez Nouri lui a demandé alors de «ne pas considérer (le tribunal) comme un adversaire. Nous voulons coopérer. Je suis contre les méthodes illégales», a-t-il assuré. À la demande de la défense et de M. Turk qui voulait avoir le temps de se faire communiquer et d’étudier le dossier, le tribunal a fixé la prochaine audience au 19 mai. Le juge a également accepté que les avocats rencontrent M. Turk qui semblait en bonne forme, bien qu’il souffre de diabète et de problèmes cardiaques. M. Turk a pu embrasser son épouse à deux reprises et échanger quelques paroles avec un des sympathisants qui lui a affirmé que «les jeunes le saluent». L’opposant est aussi poursuivi pour «tentative de saper le sentiment patriotique», «incitation à des dissensions confessionnelles» et «propagation d’informations mensongères et exagérées portant atteinte au moral et à l’image de la nation». M. Turk a été emprisonné le 1er septembre 2001, après avoir été relâché en 1998 après plus de 17 ans d’incarcération sans jugement. Dans une conférence qu’il a faite le 6 août 2001 lors d’une réunion dans un domicile privé à Damas, Riad Turk avait dressé un tableau sombre de la situation qui prévalait sous l’ancien président Hafez el-Assad, décédé en juin 2000. Il avait appelé à un «passage du despotisme à la démocratie», déclaration ressentie par les autorités comme une critique du défunt président, selon l’un des avocats de M. Turk, Me Hassan Abdel-Azim. Il avait aussi tenu des propos durs à l’encontre de Hafez el-Assad lors d’une émission à la télévision satellitaire qatariote al-Jazira. Avant d’être reconduit à sa cellule, Riad Turk a été applaudi par plusieurs personnes qui s’étaient attroupées à la sortie du tribunal. Un diplomate occidental à Damas a souligné que le procès intervient à un «moment de tension» dans la région.
Le procès du principal opposant syrien, le communiste Riad Turk, accusé notamment d’atteinte à la Constitution et d’incitation à une sédition armée, s’est ouvert hier à Damas devant la Cour de sûreté de l’État, un tribunal d’exception. M. Turk est le troisième opposant d’un groupe de dix arrêtés en été 2001 à être jugé. Les deux autres opposants, les députés Maamoun al-Homsi et Riad Seif, jugés par un tribunal ordinaire, ont été condamnés récemment à cinq ans de prison ferme pour avoir tenté de changer la Constitution par des moyens illégaux. Ils ont fait appel. Dix avocats, plusieurs journalistes, des diplomates de l’Union européenne et l’épouse de l’opposant, Asmaa Fayçal, ont assisté à l’audience publique, qui n’a duré qu’un quart d’heure. M. Turk, 71 ans, avocat et chef du...