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Actualités - Chronologie

Afghanistan Les moudjahidine, des héros à l’image ternie(PHOTO)

Ils seront officiellement honorés dimanche, à l’occasion du dixième anniversaire de la chute du régime pro-communiste de Najibullah, mais les moudjahidine afghans, héros de la guerre contre l’Armée rouge, ont une image bien ternie. Pour nombre de leurs compatriotes, les fiers combattants du djihad et de la résistance contre l’Union soviétique, ont perdu l’auréole de gloire dont on les avait gratifiés après la déroute et le retrait des troupes communistes en 1989. Il faut dire que dès leur prise du pouvoir, en 1992, ils se sont empressés de s’entredéchirer, réduisant la capitale à un champ de bataille entre factions, puis, quatre ans après, abandonnant la ville à l’état de décombres. Parmi les plus furieux des combats, les Kaboulis se souviendront des affrontements entre le ministre de la Défense de l’époque, Ahmad Shah Massoud, et le chef du Hezb-e-Islami, un parti soutenu par le Pakistan, Gulbuddin Hekmatyar. Leurs hommes ont allègrement pillé la ville, au point que sa capture par les talibans, en 1996, avait été perçue comme un soulagement par les habitants de la capitale. Dimanche, une cérémonie, aux abords du stade de la ville, non loin des quartiers les plus marqués par les destructions, célébrera les dix ans de la chute de Najibullah. Un défilé militaire est prévu, avec troupes et blindés. Mais ceux qu’on honorera ne sont pour les habitants du quartier que des bandits. Abdul Qadir Afzalzah est rentré le mois dernier de Rawalpindi au Pakistan, où il s’était réfugié. Son quartier, Kar-teh-Char, dans l’ouest de Kaboul, est un des plus endommagés. «Je n’ai aucun respect pour quelque moudjahidine que ce soit. Ils sont l’ennemi, pas des héros», déclare-t-il. Une équipe d’ouvriers tente de redresser ce qui fut autrefois une maison familiale avec une vigne, une roseraie et une fontaine. «Au nom du djihad, ils ont détruit l’Afghanistan et ont vendu le pays au Pakistan. Ils ont promis de faire des choses pour chacun, mais nous n’avons vu que les combats», ajoute Afzalzah. Son voisin, Abdul Wahid, rappelle que la vie du temps des combats avait été un cauchemar pour sa famille. «Des innocents étaient tués tous les jours, il y avait des balles et des roquettes, on ne pouvait pas dormir», dit ce fonctionnaire. «Le problème est que la plupart des moudjahidine n’avaient aucune éducation et faciles à manipuler», ajoute-t-il. «Gulbuddin est le principal responsable des destructions, avec le Pakistan», estime-t-il, alors que, selon lui, Massoud, assassiné en septembre dernier, «ne voulait pas la guerre, mais conduire le pays vers la démocratie et la liberté». Nul doute que le souvenir de Massoud sera omniprésent dimanche. Golam Mohammad, qui travaillait au renseignement militaire avec Massoud, estime qu’il n’est pas juste de critiquer tous les moudjahidine. «Bien sûr que ce sont des héros», dit-il en se préparant pour la fête de dimanche. «C’est les ingérences extérieures qui les ont souillés. Gulbuddin Hekmatyar était soutenu par la CIA des États-Unis et l’ISI du Pakistan. Sans eux, cela aurait été différent». Le président intérimaire Hamid Karzaï a lui-même été vice-ministre des Affaires étrangères du temps des moudjahidine, dont bon nombre figurent dans son actuel gouvernement. «Les moudjahidine ont libéré notre pays de l’invasion soviétique», a-t-il déclaré il y a quelques jours, établissant une différence avec «les chefs de guerre qui continuent de créer la misère».
Ils seront officiellement honorés dimanche, à l’occasion du dixième anniversaire de la chute du régime pro-communiste de Najibullah, mais les moudjahidine afghans, héros de la guerre contre l’Armée rouge, ont une image bien ternie. Pour nombre de leurs compatriotes, les fiers combattants du djihad et de la résistance contre l’Union soviétique, ont perdu l’auréole de gloire dont on les avait gratifiés après la déroute et le retrait des troupes communistes en 1989. Il faut dire que dès leur prise du pouvoir, en 1992, ils se sont empressés de s’entredéchirer, réduisant la capitale à un champ de bataille entre factions, puis, quatre ans après, abandonnant la ville à l’état de décombres. Parmi les plus furieux des combats, les Kaboulis se souviendront des affrontements entre le ministre de la Défense de...