Une réunion du G24, organisation qui regroupe 24 pays en voie de développement, s’est tenue hier à Washington où Alain Bifani, directeur du ministère des Finances, a représenté le Liban. La présidence du G24 était assurée par le Nigeria qui a passé le relais au Liban. Beyrouth sera chargé à ce titre d’organiser la prochaine réunion ministérielle qui pourrait avoir lieu au Liban. Dans un communiqué, les ministres ont exprimé «leur grave préoccupation devant la situation catastrophique dans les territoires palestiniens», et surtout «par la destruction d’équipements de valeur fournis à l’Autorité palestinienne depuis 1993 par la communauté internationale de développement, notamment la Banque mondiale». Ils ont à cet égard appelé la Banque mondiale et le FMI à apporter d’urgence à la population palestinienne l’aide dont elle a besoin. Le G24 a également mis en exergue la nécessité «d’éliminer les subventions agricoles et de réduire substantiellement les droits douaniers et autres obstacles des pays développés» pour améliorer l’accès aux marchés de ces pays pour les produits et services des pays en développement. En ce qui concerne l’aide aux pays à faible revenu, quatrième point du communiqué, les ministres ont souligné l’importance d’accélérer «l’Aide publique au développement (APD) et de la porter à 0,7 % du PNB pour réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015». Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) s’inscrit dans ce cadre, une initiative que les ministres appuient fortement. Le G24 a invité le FMI et la Banque mondiale à axer davantage leurs recherches sur les activités qui revêtent un intérêt particulier pour les pays à faible revenu. Ainsi, les ministres prêchent une plus grande souplesse à l’égard des pays fortement endettés. Ils réclament en outre la prise en compte du travail de reconstruction et de redressement effectué avec l’aide des organismes de l’Onu, «pour accélérer le processus d’allègement» de leurs dettes. Les ministres trouvent par ailleurs que le FMI et la Banque mondiale «ne doivent pas s’impliquer dans l’évaluation de l’application des lois» en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, saluant les efforts internationaux et nationaux déployés en ce sens. Le G24 a enfin insisté sur la nécessité pour les pays en développement d’être «représentés au sein des instances décisionnelles du FMI et de la Banque mondiale» afin de faire partie de la nouvelle architecture financière internationale. Le G24 réunit huit pays de chacun des trois continents suivants : Afrique, Asie, Amérique latine. Il s’agit des Philippines, de l’Inde, du Pakistan, du Sri Lanka, de la Syrie, du Liban, de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de l’Égypte, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de l’Afrique du Sud, du Congo, du Nigeria, de l’Algérie, du Maroc, de Trinidad et Tobago, du Venezuela, du Brésil, de l’Argentine, de Colombie, du Mexique, du Pérou et du Chili.
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