À l’approche du Mondial-2002, alors que les contours de l’équipe de France de football pour l’expédition en Asie sont largement connus, les derniers candidats au départ vont abattre une carte importante contre la Russie, ce soir en match amical au Stade de France. Avec un sélectionneur qui a progressivement affiné ses choix en se livrant à une large revue d’effectif depuis près de deux ans, les incertitudes ne sont plus très nombreuses à moins de 50 jours du début des hostilités mondialistes. L’expérience privilégiée Ainsi en attaque, Nicolas Anelka, après de longs mois d’absence, revient au bon moment, grâce à ses sensations progressivement retrouvées à Liverpool depuis janvier. En concurrence avec Steve Marlet (appelé de dernière minute après la forfait de David Trezeguet), voire les espoirs Djibril Cissé et Sidney Govou, Anelka possède toutefois, avec son titre de champion d’Europe, un atout d’expérience aux yeux de Roger Lemerre. Il devrait débuter à la pointe de l’attaque face aux Russes à la place de Trezeguet, dans le schéma offensif qui avait complètement étourdi l’Écosse (5-0) il y a trois semaines, avec Henry (à gauche) et Zidane au centre. De son côté, Johan Micoud pourrait profiter du forfait de Sylvain Wiltord, qui s’est blessé (petite élongation) hier soir à l’entraînement, et être aligné à droite de «Zizou». L’association entre ces deux joueurs avait très bien fonctionné fin 2000 contre la Turquie (4-0). Cependant, Roger Lemerre pourrait également choisir d’aligner Youri Djorkaeff ce soir. Au bout d’une saison qu’il a essentiellement passée sur le banc (16 titularisations seulement), Micoud, joueur de Parme, qui estime être en balance avec Éric Carrière, est également en quête d’une place parmi les 23. «Il a toutes les qualités de l’international, explique Roger Lemerre. Mais sa vie de footballeur professionnel a fait que, par rapport à d’autres, il y a avait une injustice à le rappeler». «Ce que je ressentirai profondément à son propos fera la différence. C’est une réflexion très difficile. Je serai convaincu, mais il y aura toujours le doute de celui qui n’est pas là», continue-t-il. Place au soleil Coéquipier de Micoud à Parme, Alain Boghossian cherche lui aussi à se faire une place au soleil. Champion du monde en 1998, le Méridional, qui souffre d’évoluer à un poste où les Bleus sont formidablement pourvus (Vieira, Makelele, Petit, Karembeu), est toutefois énormément apprécié du sélectionneur et de ses coéquipiers, notamment pour ses qualités de meneur d’hommes. Une dimension «humaine» qui compte beaucoup pour le sélectionneur, lequel a toujours insisté sur «le bonheur» que lui procurait ce groupe très lié : «La complicité qui y règne, on ne peut pas la nier. C’est une force». Enfin, en défense, sans compter la question du troisième gardien sur laquelle Roger Lemerre planche toujours, c’est Philippe Christanval (Barcelone/D1 espagnole) qui va essayer de tirer son épingle du jeu, même si la pléthore de joueurs pouvant évoluer en défense centrale (Desailly, Lebœuf, Silvestre, Thuram, voire Petit ou Boghossian) ne favorise pas ses desseins. Quant à la Russie, dernier adversaire au programme avant que les 23 joueurs retenus pour la Coupe du monde ne soient connus, et qui demeure à ce jour la seule équipe à avoir battu les Bleus au Stade de France (3-2, le 5 juin 1999), elle inspire davantage de crainte aux Français que la pauvre Écosse, étrillée le 27 mars. La Russie est également qualifiée pour le Mondial, contrairement aux cinq derniers adversaires rencontrés par la France. «C’est une équipe largement au-dessus de la moyenne et bien supérieure à l’Écosse, estime ainsi Patrick Vieira. Elle s’appuie notamment sur (Alexander) Mostovoi et (Valery) Karpin. Toute l’équipe tourne autour d’eux, ce sont eux qui mènent le jeu. Il faudra essayer de les priver de ballon».
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