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Actualités - Chronologie

Les combattants de Gaza attendent un ennemi qui ne vient pas

Chaque nuit, les combattants palestiniens prennent position à l’entrée des villes, des villages et des camps de réfugiés de la bande de Gaza en prévision d’une offensive israélienne qui ne vient pas. À la faveur de l’obscurité, certains installent à proximité des colonies juives des armes légères, derrière des monticules de sable ou des collines sur la route que prendront probablement les chars israéliens en cas d’invasion. «Nous nous préparons en fonction de nos moyens à toute attaque de l’ennemi qui veut réoccuper nos villes, villages et camps», affirme Ahmad, près d’un de ces monticules dans le sud de la ville de Gaza. «Nous les combattrons de toutes nos forces, bien que nous sachions qu’ils ont les armes les plus puissantes. Nous sommes vainqueurs parce que nous avons réalisé l’équilibre de la peur», ajoute-t-il en allumant une lampe-torche pour envoyer des signaux à ses compagnons. À proximité, une dizaine de combattants ont pris position. «Nous appartenons aux différentes branches armées des mouvements palestiniens et nous œuvrons à la défense de notre patrie», explique l’un d’eux. Chacun d’entre eux semble avoir une tâche bien définie en cas d’offensive israélienne, qui se concentre pour le moment en Cisjordanie. Les branches armées des cinq principaux mouvements, dont le Fateh du président Yasser Arafat et le mouvement islamiste Hamas, ont formé une cellule d’opérations unifiée dans la bande de Gaza pour faire face à toute attaque, en coordination avec les instances militaires et de sécurité de l’Autorité palestinienne. Le Fateh a appelé dans un communiqué tous les hommes en armes à «maintenir le niveau d’urgence maximum et à garder le doigt sur la gâchette». Il a exhorté «tous les combattants et les héros de la résistance de toutes les factions à rester vigilants et se tenir prêts pour faire face à l’armée israélienne et donner une leçon aux forces ennemies arrogantes». «Les membres de la résistance et des forces de sécurité veillent jusqu’au lever du jour pour protéger les citoyens sans armes», a indiqué un responsable du Hamas sous le couvert de l’anonymat. Des fortifications de fortune, telles que des tas de sable, ont été dressées dans certaines rues. «Cette mesure a pour but de ralentir les chars et de gagner du temps pour prendre nos positions défensives», explique un combattant. Un autre ajoute que «la résistance continue ses préparatifs d’embuscade en plaçant des bombes» à des points stratégiques. Les factions palestiniennes ont en outre formé des comités locaux de résistance, essentiellement pour assurer des missions de défense civile. Rien ne permet pour l’instant de confirmer une offensive israélienne imminente dans la bande de Gaza, isolée d’Israël par une barrière électronique et où la densité de population est l’une des plus fortes au monde. Mais l’enfermement, rythmé par les informations en provenance de Cisjordanie et les survols de la bande de Gaza par l’aviation israélienne, alimente les rumeurs alarmistes. Selon des témoins, des chars israéliens se massent près du point de passage de Soufa, dans le sud, et des navires militaires croisent au large des côtes. La direction palestinienne a évoqué hier une intensification des mouvements militaires dans la bande de Gaza. À l’inquiétude semble se mêler chez les combattants un sentiment de frustration par rapport à leurs camarades de Jénine et de Naplouse, qui ont opposé une résistance acharnée à l’armée israélienne. «S’ils sont parvenus à entrer à Jénine, ils n’entreront pas à Jabaliya», clamait au micro un orateur lors d’une manifestation du Hamas dans le camp de réfugiés de Jabaliya, le plus grand des territoires palestiniens, berceau de la première intifada.
Chaque nuit, les combattants palestiniens prennent position à l’entrée des villes, des villages et des camps de réfugiés de la bande de Gaza en prévision d’une offensive israélienne qui ne vient pas. À la faveur de l’obscurité, certains installent à proximité des colonies juives des armes légères, derrière des monticules de sable ou des collines sur la route que prendront probablement les chars israéliens en cas d’invasion. «Nous nous préparons en fonction de nos moyens à toute attaque de l’ennemi qui veut réoccuper nos villes, villages et camps», affirme Ahmad, près d’un de ces monticules dans le sud de la ville de Gaza. «Nous les combattrons de toutes nos forces, bien que nous sachions qu’ils ont les armes les plus puissantes. Nous sommes vainqueurs parce que nous avons réalisé l’équilibre de la...