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Actualités - Chronologie

ROYAUME-UNI - Une carrière royale exemplaire

La reine-mère Élisabeth d’Angleterre, décédée samedi à l’âge de 101 ans, aura connu un règne bref mais une carrière royale aussi remarquable par sa durée que son caractère exemplaire aux yeux des Britanniques. Née avec le siècle le 4 août 1900, Élisabeth Bowes-Lyon est issue d’une vieille famille écossaise, descendant de Macbeth, roi d’Écosse du XIe siècle. Fille du comte de Strathmore et Kinghorne, elle est élevée au château de Gladis. Quand celui-ci est transformé en hôpital pendant la Première Guerre mondiale, la jeune fille est chargée de veiller au bien-être des blessés. En 1923, elle épouse en l’abbaye de Westminster le timide et réservé Albert, duc d’York, futur George VI, dont elle aura deux filles : Élisabeth, née en 1926, actuelle reine d’Angleterre, et Margaret, née en 1930. À l’époque, elle ne pouvait savoir que son mari deviendrait roi. Ses goûts simples, sa vivacité et son charme apportent une bouffée d’air frais dans une famille royale très guindée et la presse la surnomme «la duchesse souriante». En décembre 1936, c’est le traumatisme national causé par l’abdication d’Edouard VIII, contraint de renoncer à la couronne pour épouser une divorcée, Wallis Simpson. Le duc et la duchesse d’York accèdent au trône le 11 décembre 1936 et leur couronnement a lieu le 12 mai suivant. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les souverains effectuent deux visites d’État en France, en juillet 1938 et en mai-juin 1939. La reine, qui parle couramment français depuis l’âge de dix ans, séduit encore la presse, et un journaliste américain note alors : «Le voyage du roi a été le triomphe de la reine». Mais c’est pendant le «blitz» de Londres durant l’été 1940, quand les bombardiers allemands pilonnent la ville, qu’Élisabeth gagne définitivement le cœur et l’admiration de ses sujets. Elle refuse de s’exiler au Canada, comme on l’en presse : «Mes enfants ne partent pas sans moi, je ne pars pas sans le roi et le roi ne partira jamais». Quand Buckingham Palace est bombardé, elle a ce mot : «Maintenant, je peux regarder les gens de l’East End dans les yeux». Ce quartier, l’est de Londres, avait été été victime de bombardements quelques jours plus tôt, causant de nombreux morts. Devenue veuve en 1952, à 51 ans, elle reste une proche conseillère de sa fille Élisabeth, avec laquelle elle partagera sa passion des chevaux et des chiens dans des conversations téléphoniques quotidiennes. Six fois arrière-grand mère, elle conservera jusqu’au bout un calendrier officiel très chargé, centré notamment sur ses nombreuses activités caritatives, où elle apparaissait immuablement souriante, vêtue de ses éternelles tenues pastel et de chapeaux à voilette assortis. Les célébrations de son centenaire, en août 2000, avaient permis de mesurer la popularité de Queen Mum qui, au fil des ans, semblait être devenue l’ultime symbole d’une certaine idée de la monarchie héritée de la splendeur victorienne, stable et prestigieuse, à défaut d’être moderne. Sur la fin de sa vie, l’image de la «grand-mère préférée des Britanniques» a été écornée par des documentaires dressant le portrait d’une femme de pouvoir, très à droite et plutôt égoïste. Ses affinités avec le Premier ministre Neville Chamberlain, partisan d’une politique d’apaisement avec Hitler, ont notamment été pointées par plusieurs historiens. La presse lui prêtait également un goût certain pour le gin, un train de vie dispendieux et une ferme opposition à toute modernisation de la monarchie. Dotée d’une santé exceptionnelle, elle n’avait vu sa santé décliner qu’à partir de 94 ans, quand elle avait subi des opérations à la hanche. À l’âge de cent ans, elle s’était cassé la clavicule, et depuis plusieurs mois elle n’était que très rarement apparue en public. Pourtant, galvanisée par l’affection que ses sujets lui portaient, elle ne manquait jamais chaque année, le jour de son anniversaire, de descendre jusqu’aux grilles de sa résidence de Clarence House, s’appuyant au besoin sur une canne, pour y offrir son inaltérable sourire à ses admirateurs. Le décès de sa fille Margaret, le 9 février, lui avait porté un coup terrible, l’affaiblissant encore un peu plus.
La reine-mère Élisabeth d’Angleterre, décédée samedi à l’âge de 101 ans, aura connu un règne bref mais une carrière royale aussi remarquable par sa durée que son caractère exemplaire aux yeux des Britanniques. Née avec le siècle le 4 août 1900, Élisabeth Bowes-Lyon est issue d’une vieille famille écossaise, descendant de Macbeth, roi d’Écosse du XIe siècle. Fille du comte de Strathmore et Kinghorne, elle est élevée au château de Gladis. Quand celui-ci est transformé en hôpital pendant la Première Guerre mondiale, la jeune fille est chargée de veiller au bien-être des blessés. En 1923, elle épouse en l’abbaye de Westminster le timide et réservé Albert, duc d’York, futur George VI, dont elle aura deux filles : Élisabeth, née en 1926, actuelle reine d’Angleterre, et Margaret, née en 1930. À...