L’un des trois projets gaziers en négociation entre l’Arabie saoudite et des consortiums de compagnies pétrolières étrangères sélectionnées serait annulé, a indiqué un avocat saoudien proche des négociations cité par la revue spécialisée Pétrole et Gaz Arabes (PGA). La revue PGA a précisé dans son numéro paraissant le 1er avril que l’avocat Mohammad Jadaan avait tenu ces propos lors d’un congrès organisé à Dubaï les 18 et 19 mars par le Middle East Economic Digest (MEED). M. Jadaan, qui n’a pas précisé de quel projet il s’agissait, a souligné «les divergences croissantes sur les termes techniques et financiers (des contrats) entre le royaume wahhabite et les compagnies». «Il est possible que l’une des trois coentreprises (Core Ventures) soit abandonnée parce que les deux parties réalisent qu’elle n’est pas faisable», a dit ce juriste proche des négociateurs saoudiens, cité par la revue. «Les sociétés concernées font des efforts pour la maintenir mais, en fin de compte, il y a 50 % de chance pour que cette coentreprise expire», a-t-il dit en indiquant qu’il s’agit d’un avis personnel. Le royaume a signé en juin 2001 des accords préliminaires avec les huit firmes étrangères pour développer trois champs gaziers, gigantesque projet nécessitant des investissements de plus de 20 milliards de dollars. La signature de ces accords, prévue initialement en décembre, a déjà été retardée à deux reprises. Selon des sources industrielles citées par PGA, M. Jadaan se référait au projet concernant un développement en mer Rouge qui a été attribué au consortium dirigé par ExxonMobil et comprenant Occidental Petroleum et Marathon Oil. Les investissements prévus dans ce projet sont de 5 milliards de dollars pour les 5 premières années. Un deuxième projet, considéré comme le plus important, à Ghawar-Sud, près d’al-Houfouf, dans la Province orientale, a été confié à un consortium dirigé par le groupe américain ExxonMobil, regroupant Royal Dutch - Shell (G-B et Pays-Bas), British Petroleum (G-B) et Phillips (États-Unis), qui doit investir 15 milliards. Le troisième projet, à Shaybah (sud-est), a été confié à un groupement d’entreprises dirigé par Shell et regroupant TotalFinaElf (France) et Conoco (États-Unis). Il prévoit un investissement de cinq milliards de dollars. Le ministre saoudien du Pétrole Ali ben Ibrahim al-Nouaïmi avait fait état à la mi-mars de «divergences de vues» retardant la conclusion d’importants contrats gaziers entre Ryad et huit compagnies pétrolières étrangères. Le montant élevé des taxes, la rentabilité des projets et les quantités de gaz à exploiter, jugées décevantes par les firmes occidentales, constituent les principales pierres d’achoppement dans les négociations. Selon PGA, le problème majeur à résoudre est celui du taux de rentabilité que les sociétés espéraient être de l’ordre de 15 à 18 %, ce que les Saoudiens jugent trop élevé.
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