Les États-Unis, toujours en lutte contre les éléments el-Qaëda et talibans en Afghanistan, vont contribuer à la formation de la future armée nationale afghane pour aider le pouvoir central face aux seigneurs de la guerre. Cependant en annonçant lundi que les Américains se joignaient à l’effort commencé le mois dernier par plusieurs pays européens de la Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan (Isaf), le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld n’a pas voulu s’engager sur la contribution financière de Washington. Lors d’une conférence de presse, Donald Rumsfeld a dit souhaiter qu’à l’issue de cet entraînement les nouvelles autorités afghanes «puissent prendre en charge ce programme d’ici à la fin de l’année». De 125 à 150 instructeurs des forces spéciales de l’armée de terre américaine commenceront l’entraînement «d’ici à quatre – six semaines», selon le Pentagone. Le programme a été établi par une récente mission d’évaluation américaine en Afghanistan, en accord avec le chef du gouvernement intérimaire Hamid Karzaï, d’après un communiqué. Le programme prévoit des cycles de formation de dix semaines mettant l’accent au départ sur les qualités de base des soldats, ainsi que la formation d’officiers et sous-officiers afghans qui deviendront eux-mêmes instructeurs. «Une de nos missions est de faire en sorte que l’Afghanistan ne redevienne pas un sanctuaire pour les terroristes», qui ne demandent qu’à se reconstituer pour frapper à nouveau, et «notre assistance à l’armée nationale s’inscrit directement dans cette mission», a déclaré de son côté le général Richard Myers, chef d’état-major interarmées. D’après M. Rumsfeld, une armée nationale est la condition de la stabilité future du pays. «Pour qu’on ait des hôpitaux, des routes, un retour des réfugiés, qu’on puisse nourrir les gens et permettre aux humanitaires de circuler, pour tout cela il faut la sécurité», a-t-il souligné. Washington a jusqu’ici refusé de s’associer à l’Isaf ou d’encourager l’extension de cette force à d’autres régions d’Afghanistan que la capitale Kaboul, comme le souhaite M. Karzaï en raison du banditisme et des rivalités ethniques en province. Les germes de la guerre toujours présents En revanche, M. Rumsfeld a régulièrement souligné que les Américains voulaient aider les Afghans à prendre eux-mêmes en main leur sécurité avec cette armée nationale. Un groupe de 600 hommes, issus de différents groupes ethniques, a commencé fin février à s’entraîner à Kaboul sous la supervision d’une centaine de conseillers militaires de pays occidentaux (Grande-Bretagne, Turquie, Italie, France et Allemagne). Mais plusieurs dirigeants provinciaux afghans ont indiqué ne pas comprendre la nécessité d’une armée unitaire. Et la CIA, l’agence américaine de renseignement, a récemment estimé dans un rapport secret que les germes de guerre civile en Afghanistan étaient toujours présents. Interrogé sur les rivalités ethniques, M. Rumsfeld est resté prudent. On ne peut prédire l’avenir, mais, a-t-il dit, les composantes du gouvernement intérimaire à Kaboul semblent d’accord. «On peut penser qu’à un moment donné nous aurons assez de chance pour que (les Afghans) décident que leur intérêt réside dans une armée, une police et des garde-frontières nationaux plutôt que des forces militaires distinctes dans chaque province». L’Exécutif américain soumettra des propositions de contribution financière au Congrès, a indiqué le ministre en notant que le financement de la future armée n’avait pas expressément été prévu par la conférence de Tokyo des pays donateurs pour l’Afghanistan. D’autres États seront appelés à participer à ce financement, a déclaré M. Rumsfeld qui n’a pas voulu en préciser le coût. Selon lui, il est également prématuré d’estimer les effectifs des futures forces armées afghanes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les États-Unis, toujours en lutte contre les éléments el-Qaëda et talibans en Afghanistan, vont contribuer à la formation de la future armée nationale afghane pour aider le pouvoir central face aux seigneurs de la guerre. Cependant en annonçant lundi que les Américains se joignaient à l’effort commencé le mois dernier par plusieurs pays européens de la Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan (Isaf), le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld n’a pas voulu s’engager sur la contribution financière de Washington. Lors d’une conférence de presse, Donald Rumsfeld a dit souhaiter qu’à l’issue de cet entraînement les nouvelles autorités afghanes «puissent prendre en charge ce programme d’ici à la fin de l’année». De 125 à 150 instructeurs des forces spéciales de...