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Actualités - Chronologie

Bush, comme Clinton, entraîné dans la tourmente du Proche-Orient

Le président républicain George W. Bush avait juré de ne pas se faire piéger comme son prédécesseur Bill Clinton, mais en vain : un peu plus d’un an après sa prise de fonctions, son Administration est elle aussi peu à peu aspirée dans la tourmente israélo-palestinienne, avec des chances de succès aussi incertaines. La récente tournée au Proche-Orient du vice-président Dick Cheney, la possibilité qu’il rencontre le président palestinien Yasser Arafat, la reprise d’une mission de médiation de l’émissaire Anthony Zinni traduisent un retour au premier plan des États-Unis sur la scène proche-orientale. «Clinton aussi à ses débuts ne voulait pas s’occuper de ce problème, mais il a fini par s’y plonger et cela l’a absorbé jusqu’au dernier jour. La nouvelle Administration en est au même point», relève Mary-Jane Deeb, spécialiste du Proche-Orient à l’American University de Washington. M. Bush a encore de la marge pour rattraper son prédécesseur, dont les derniers mois au pouvoir ont été marqués par des efforts exceptionnels pour parvenir à un accord de paix. Les espoirs de M. Clinton d’être pour la postérité l’artisan d’une paix définitive au Proche-Orient avaient toutefois été ruinés par la reprise des affrontements à l’automne 2000. M. Bush n’a encore jamais serré la main de M. Arafat, autrefois hôte fréquent de la Maison-Blanche, et ne s’est encore jamais rendu en visite officielle au Proche-Orient. Sa politique initiale de mise en retrait des États-Unis, suivie d’un appui à la ligne sécuritaire du Premier ministre israélien Ariel Sharon, ont provoqué colère et déception dans les capitales arabes. Malgré ses efforts récents pour reprendre l’initiative et rééquilibrer ses positions, «on a encore l’impression que M. Bush a du mal à desserrer la mâchoire quand il dit qu’il veut rester engagé au Proche-Orient», estime Ian Lustick, de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. M. Bush a toutefois été le premier président américain à avoir parlé ouvertement d’un État palestinien «appelé la Palestine», en novembre dernier dans le cadre solennel de l’Assemblée générale des Nations unies, fait régulièrement valoir son entourage. Après avoir mis fin à la mission de l’émissaire spécial de M. Clinton, Dennis Ross, sans lui désigner de successeur, la nouvelle Administration s’est résolue au bout de quelques mois à renommer un «M. Proche-Orient» en la personne du général Zinni. Le secrétaire d’État Colin Powell, qui passe rarement une journée sans téléphoner aux dirigeants de la région, a pour sa part assuré récemment qu’aucun dossier ne l’absorbait plus que le Proche-Orient. «Aucun sujet n’a une plus grande priorité pour les États-Unis», a-t-il déclaré devant le Congrès. La volonté de M. Bush de faire partir le président irakien Saddam Hussein, le cas échéant par la force même si les moyens pour y parvenir n’ont pas été annoncés, met également Washington dans l’obligation d’élaborer une politique arabe ambitieuse. «Un soutien des pays arabes contre l’Irak serait grandement facilité si les États-Unis donnaient le sentiment qu’ils sont réellement engagés dans un processus de paix» israélo-palestinien, relève Stephen Zunes, professeur de relations internationales à l’Université de San Francisco. La volonté de reprendre en main le dossier israélo-palestinien oblige également Washington à un exercice d’équilibre délicat entre les deux camps. Le retour de M. Zinni dans la région et la tournée de M. Cheney se sont accompagnés de fortes pressions sur le Premier ministre israélien pour qu’il retire ses troupes des zones palestiniennes réoccupées après des attentats. Le balancier est reparti quelques jours plus tard dans l’autre sens après de nouveaux attentats, Washington remettant désormais une pression maximum sur M. Arafat pour qu’il prenne des mesures décisives contre les mouvements radicaux qui opèrent dans l’ombre de l’Autorité palestinienne.
Le président républicain George W. Bush avait juré de ne pas se faire piéger comme son prédécesseur Bill Clinton, mais en vain : un peu plus d’un an après sa prise de fonctions, son Administration est elle aussi peu à peu aspirée dans la tourmente israélo-palestinienne, avec des chances de succès aussi incertaines. La récente tournée au Proche-Orient du vice-président Dick Cheney, la possibilité qu’il rencontre le président palestinien Yasser Arafat, la reprise d’une mission de médiation de l’émissaire Anthony Zinni traduisent un retour au premier plan des États-Unis sur la scène proche-orientale. «Clinton aussi à ses débuts ne voulait pas s’occuper de ce problème, mais il a fini par s’y plonger et cela l’a absorbé jusqu’au dernier jour. La nouvelle Administration en est au même point»,...