La communauté musulmane aux États-Unis a dénoncé le harcèlement dont elle s’estime l’objet de la part des autorités américaines, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, et a protesté contre une série de perquisitions. Ces perquisitions, menées par une unité de lutte contre le terrorisme dirigée par le département du Trésor – formée notamment de représentants des douanes, des services de l’immigration et de la police fédérale –, «constituent une grande tragédie, pas seulement pour la communauté musulmane mais pour la communauté américaine dans son ensemble», a estimé l’imam Johari Abdoul Malik. L’opération, surnommée «Quête verte», a visé 15 organisations et domiciles de l’État de Virginie (nord-est) et de Géorgie (sud-est), notamment les locaux de l’Institut international de la pensée islamique et de la Ligue musulmane mondiale, en Virginie. Dans un communiqué diffusé par le service des douanes, les autorités se sont bornées à indiquer que les descentes s’étaient déroulées «sans incident», sans arrestations, et qu’elles étaient motivées. Ces motivations n’ont toutefois pas convaincu la communauté musulmane : «Il semble que le gouvernement ait déclaré que la saison de la chasse aux groupes musulmano-américains est ouverte», s’est insurgé Abdoul Wahab al-Kebsi, directeur de l’Institut islamique. À la fin de 2001, le ministre fédéral de la Justice, John Ashcroft, avait déjà ordonné l’interrogatoire de quelque 5 000 hommes d’origine moyen-orientale, afin de prévenir de nouvelles attaques terroristes. «Nous avons assuré le président (George W. Bush) et le pays de notre soutien dans la guerre contre le terrorisme et offert notre aide. Toutefois, des descentes comme celles-ci donnent à notre communauté le sentiment d’être visée», a déclaré le directeur de l’Institut islamique lors d’un point de presse à Washington. «Cela fait partie d’une politique de déstabilisation et ils persécutent des gens innocents et détruisent la vie des gens (...). Nous en avons assez d’être visés», a estimé pour sa part un responsable du conseil des relations islamo-américaines, Jason Erb. Aïcha Noudrad Ounis, de nationalité américaine, se trouvait chez elle lorsque des agents armés vêtus de noir ont fait irruption dans sa maison, mercredi matin. «Ils ont enfoncé la porte (...), ils ont pointé un pistolet sur ma fille (19 ans), (...) Ils l’ont menottée, puis ils m’ont menottée», a-t-elle raconté lors d’une conférence de presse. Selon le New York Times, citant des sources du département du Trésor, les organisations et personnes visées sont suspectées de blanchiment au bénéfice du réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden, commanditaire présumé des attentats du 11 septembre. Le quotidien écrit que l’une des organisations perquisitionnées, la Ligue musulmane mondiale, est en partie soutenue par le gouvernement saoudien et aurait elle-même financé une deuxième organisation, le «Rabita Trust», qui aurait, selon le département du Trésor, des liens avec el-Qaëda. Le quotidien ajoute que l’un des domiciles visités était celui d’un employé de l’Institut de la pensée islamique, Tarik Hamdi, dont le nom avait été évoqué lors du procès à New York des auteurs des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en 1998.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La communauté musulmane aux États-Unis a dénoncé le harcèlement dont elle s’estime l’objet de la part des autorités américaines, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, et a protesté contre une série de perquisitions. Ces perquisitions, menées par une unité de lutte contre le terrorisme dirigée par le département du Trésor – formée notamment de représentants des douanes, des services de l’immigration et de la police fédérale –, «constituent une grande tragédie, pas seulement pour la communauté musulmane mais pour la communauté américaine dans son ensemble», a estimé l’imam Johari Abdoul Malik. L’opération, surnommée «Quête verte», a visé 15 organisations et domiciles de l’État de Virginie (nord-est) et de Géorgie (sud-est), notamment les locaux de l’Institut international de la...