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Actualités - Chronologie

Le retour du président-bis américain

Avec une mission à haute visibilité au Proche-Orient, Dick Cheney a retrouvé l’image d’un président-bis, un rôle que les attentats du 11 septembre avaient largement gommé. Considéré comme l’éminence grise de George W. Bush, le vice-président américain avait en effet largement disparu de la circulation pendant six mois, se contentant d’apparitions publiques rares, ayant renforcé sa réputation d’homme de l’ombre. La Maison-Blanche avait justifié cet effacement public par la nécessité de prendre toutes les précautions, compte tenu des menaces terroristes pesant toujours, et de maintenir M. Cheney en totale sécurité dans des lieux gardés secrets, pour empêcher toute vacance du pouvoir, quoiqu’il arrive. Mais depuis plusieurs semaines, M. Cheney avait retrouvé ses habitudes à la Maison-Blanche, reprenant son rôle de confident auprès de M. Bush et en participant à toutes les réunions importantes. Derrière une apparence de personnage tout en rondeurs, mais peu charismatique, se cache en fait un homme à la poigne de fer et efficace, sur lequel M. Bush s’appuie largement en raison de sa longue expérience du pouvoir et sans craindre que M. Cheney puisse se poser en rival. Âgé de 61 ans, le vice-président, qui a été victime de quatre crises cardiaques dans le passé, a toujours assuré qu’il n’avait aucune ambition présidentielle. C’est en raison de son expérience, et des contacts de longue date noués par M. Cheney avec les dirigeants du Proche-Orient, lorsqu’il était secrétaire à la Défense du président George Bush père, que l’actuel président lui a confié la délicate mission d’aller préparer les alliés des États-Unis au Proche-Orient aux prochaines phases de la guerre contre le terrorisme, en particulier contre l’Irak. L’inquiétude des dirigeants arabes devant le redoublement de violences entre Israéliens et Palestiniens a contraint M. Cheney à se pencher davantage qu’il n’avait prévu durant sa tournée sur les moyens de relancer le processus de paix moribond. M. Cheney, dont certains analystes assimilaient le rôle à celui d’un Premier ministre, apparaît investi d’une nouvelle tâche, celle d’un supersecrétaire d’État. Si l’émissaire américain au Proche-Orient Anthony Zinni parvient comme il l’espère à convaincre dirigeants israéliens et palestiniens à honorer un cessez-le-feu, ce qui apparaît de plus en plus difficile après les attentats des dernières 48 heures, M. Cheney se verra conforté dans ce nouveau rôle, en reprenant le chemin du Proche-Orient. Il serait alors question d’une rencontre en Égypte entre le vice-président américain et le chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. C’est donc à lui qu’il appartiendra de mener un délicat rééquilibrage de la politique américaine, au Proche-Orient. Jamais dans l’histoire politique américaine aucun vice-président n’a joué un rôle aussi important, bien que le prédécesseur de George Bush, Bill Clinton, se soit beaucoup appuyé sur son coéquiper Al Gore.
Avec une mission à haute visibilité au Proche-Orient, Dick Cheney a retrouvé l’image d’un président-bis, un rôle que les attentats du 11 septembre avaient largement gommé. Considéré comme l’éminence grise de George W. Bush, le vice-président américain avait en effet largement disparu de la circulation pendant six mois, se contentant d’apparitions publiques rares, ayant renforcé sa réputation d’homme de l’ombre. La Maison-Blanche avait justifié cet effacement public par la nécessité de prendre toutes les précautions, compte tenu des menaces terroristes pesant toujours, et de maintenir M. Cheney en totale sécurité dans des lieux gardés secrets, pour empêcher toute vacance du pouvoir, quoiqu’il arrive. Mais depuis plusieurs semaines, M. Cheney avait retrouvé ses habitudes à la Maison-Blanche, reprenant...