Un retour des inspecteurs en Irak promet d’être mouvementé
le 15 mars 2002 à 00h00
Un retour en Irak des experts en désarmement de l’Onu, auquel Bagdad serait disposé, relancera vraisemblablement le jeu du chat et de la souris, les relations entre les deux parties ayant été traditionnellement marquées par le mensonge, la tricherie et la défiance. Le président égyptien Hosni Moubarak a relancé mercredi les spéculations sur une possible reprise des inspections, interrompues depuis décembre 1998, se disant «confiant» que son homologue irakien Saddam Hussein allait accepter le retour des inspecteurs de l’Onu. Depuis plusieurs semaines, des diplomates à Bagdad affirment que l’Irak, en dépit de sa rhétorique guerrière, finira par accepter un retour des experts pour éviter une intervention militaire que Washington semble déterminé à lancer. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a apporté du poids à cet argument en laissant entendre que l’Irak disait une chose en public et son contraire en privé. «En ce qui me concerne, les discussions se déroulent à huis clos et les déclarations publiques ne reflètent pas forcément ce qui se passera la prochaine fois que nous nous rencontrerons à huis clos», a dit M. Annan en se référant au prochain round de dialogue entre l’Onu et l’Irak prévu mi-avril. Il réagissait à une déclaration dimanche du vice-président irakien Taha Yassine Ramadan qui avait affirmé que «la position officielle irakienne interdisant le retour des inspecteurs était ferme et ne changerait pas». Mais la reprise de la mission de l’ex-commission de l’Onu sur le désarmement de l’Irak, Unscom, ne sera pas une tâche facile et un retour des inspecteurs ne suffira pas pour régler les problèmes en suspens comme l’a démontré l’expérience. L’Unscom, qualifiée de «nid d’espions» par Saddam Hussein, avait conclu que le régime irakien mentait et dissimulait des informations sur son arsenal. M. Annan avait reconnu en 1999 que les accusations d’espionnage au profit des États-Unis, portées par Bagdad contre les inspecteurs de l’Unscom, étaient «en partie justifiées». Dans ce contexte, Hans Blix, le chef de la nouvelle commission sur le désarmement, Unmovic, s’est cru obligé d’assurer début mars que les inspecteurs de son organisme ne seraient pas des espions. «Aux points d’interrogation qui existaient fin 1998 et qui existent toujours, d’autres points d’interrogation ont été ajoutés», a-t-il dit à propos de l’arsenal irakien. Le «dossier des armes bactériologiques est celui qui pose les questions les plus sérieuses, a-t-il estimé, mais cela ne veut pas dire que les autres domaines ne soulèvent pas des interrogations». Selon lui, les inspecteurs devront pouvoir effectuer des «inspections surprises» et avoir accès sans restriction à tous les sites qu’ils souhaitent visiter, ce qui avait par le passé provoqué des crises avec les autorités irakiennes.
Un retour en Irak des experts en désarmement de l’Onu, auquel Bagdad serait disposé, relancera vraisemblablement le jeu du chat et de la souris, les relations entre les deux parties ayant été traditionnellement marquées par le mensonge, la tricherie et la défiance. Le président égyptien Hosni Moubarak a relancé mercredi les spéculations sur une possible reprise des inspections, interrompues depuis décembre 1998, se disant «confiant» que son homologue irakien Saddam Hussein allait accepter le retour des inspecteurs de l’Onu. Depuis plusieurs semaines, des diplomates à Bagdad affirment que l’Irak, en dépit de sa rhétorique guerrière, finira par accepter un retour des experts pour éviter une intervention militaire que Washington semble déterminé à lancer. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a apporté...
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