Le Pakistan confronté à domicile à la guerre contre le terrorisme
le 11 mars 2002 à 00h00
Six mois après le 11 septembre et les débuts de la coalition antiterroriste internationale, qu’il a tout de suite ralliée, le Pakistan se trouve confronté, à domicile, à la guerre contre le terrorisme. À la question «Ami ou ennemi», en septembre, le général-président Pervez Musharraf, soucieux de remettre l’économie pakistanaise sur les rails de la croissance, avait rapidement répondu à George W. Bush par un oui sans réserve, mettant à la disposition des militaires américains ses bases aériennes, sa logistique et ses services de renseignements. Les bombardements de l’Afghanistan et la traque d’Oussama Ben Laden pouvaient commencer, alors que, petit à petit, le Pakistan, principal protecteur des talibans, se séparait du régime des miliciens fondamentalistes et finissait même, dernier pays au monde à le faire, par rompre toute relation diplomatique avec Kaboul. Quelques mois plus tard, les talibans étaient défaits, tout comme les milliers de volontaires pakistanais partis mener le Jihad contre les Américains aux côtés de leurs «frères» et voisins afghans. Ces volontaires, aguerris, formés à l’école d’el-Qaëda et du combat permanent, traqués par les troupes américaines, chassés d’Afghanistan par la déroute de leurs alliés talibans, semblent maintenant vouloir déverser leur haine sur le Pakistan. Se sentant trahis par la coopération d’Islamabad avec Washington, ayant perdu nombre de leurs camarades et de leurs illusions sous les bombes américaines, ces extrémistes veulent maintenant se venger, estiment les forces de sécurité pakistanaises. Montré du doigt par son vieux rival indien, qui l’accuse de fomenter ou d’entretenir la rébellion séparatiste du Cachemire, région himalayenne que revendiquent les deux pays, le Pakistan a aussi été soumis à la pression des États-Unis et de la Grande-Bretagne notamment. Comme si la mise à disposition de son territoire pour la campagne de bombardements contre les terroristes hébergés par l’Afghanistan ne suffisait pas à lui obtenir son diplôme de bon allié de l’Occident, le Pakistan s’est également vu prié de balayer sa propre cour et de cesser de fermer les yeux sur la prolifération de mouvements islamistes, d’écoles coraniques incontrôlées et de bureaux de recrutements pour le jihad. Le 12 janvier, le président Musharraf, accusé par ses détracteurs fondamentalistes d’avoir «vendu l’islam» aux «infidèles américains», a lancé sa guerre contre «l’extrémisme, le fanatisme et le terrorisme». Il a annoncé l’interdiction de cinq mouvements radicaux et lancé une vague d’arrestations dans ces milieux. Depuis, les terroristes menacent et tuent. Le pire reste toutefois à venir, estiment de nombreux policiers pakistanais, pour qui les déçus de l’Afghanistan tentent de se regrouper pour lancer des actions encore plus meurtrières et désespérées.
Six mois après le 11 septembre et les débuts de la coalition antiterroriste internationale, qu’il a tout de suite ralliée, le Pakistan se trouve confronté, à domicile, à la guerre contre le terrorisme. À la question «Ami ou ennemi», en septembre, le général-président Pervez Musharraf, soucieux de remettre l’économie pakistanaise sur les rails de la croissance, avait rapidement répondu à George W. Bush par un oui sans réserve, mettant à la disposition des militaires américains ses bases aériennes, sa logistique et ses services de renseignements. Les bombardements de l’Afghanistan et la traque d’Oussama Ben Laden pouvaient commencer, alors que, petit à petit, le Pakistan, principal protecteur des talibans, se séparait du régime des miliciens fondamentalistes et finissait même, dernier pays au monde à le...
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