Védrine : Washington doit faire un usage plus responsable de sa puissance
le 02 mars 2002 à 00h00
Les États-Unis devraient faire un usage plus responsable de leur puissance, a estimé le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, renouvelant dans une interview parue vendredi dans le quotidien Libération ses critiques envers Washington. «Il ne s’agit pas de critiquer les États-Unis de façon stérile, mais de les appeler à avoir une attitude différente», a expliqué le ministre qui avait récemment qualifié de «simpliste» la formule «d’axe du mal» utilisée par le président George W. Bush pour qualifier l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. «Il s’agit de savoir comment avoir un partenariat» entre l’Europe et les États-Unis, a souligné M. Védrine qui s’inquiète régulièrement de «l’hyperpuissance» américaine. «Notre amitié et solidarité pour le peuple américain sont bien réelles, mais cela ne signifie pas que nous devions nous aligner sur tous les aspects de leur politique», a-t-il estimé. «Le débat actuel est légitime et salubre. Je souhaite qu’il contribue à convaincre les États-Unis de faire un usage plus responsable de leur puissance et qu’ils manifestent une attention véritable pour leurs alliés et leurs partenaires», a affirmé M. Védrine. «La lutte contre le terrorisme ne peut pas tenir lieu de politique pour tous les problèmes du monde, même si celle-ci n’a pas été prise en compte auparavant avec toute l’énergie nécessaire», a-t-il ajouté. «Il y a une réelle perplexité européenne face à une Administration américaine qui, en un peu plus d’un an, s’est opposée au protocole de Kyoto (visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre), à la Cour pénale internationale, à plusieurs accords sur le désarmement, et abuse des veto au Conseil de sécurité (de l’Onu) dès qu’il est question du Proche-Orient», selon le ministre socialiste. Le président de droite Jacques Chirac, qui fait campagne pour sa réélection face au Premier ministre socialiste Lionel Jospin, a pour sa part affirmé mardi que la France et les États-Unis étaient «exactement sur la même ligne» dans la lutte contre le terrorisme. M. Védrine a affirmé au cours des dernières semaines qu’un grand nombre de responsables européens partageaient les convictions françaises sur la nécessité d’une meilleure concertation transatlantique. «Il y a des désaccords sur certaines choses, mais, comme l’a dit Joschka Fischer, être des alliés, cela ne veut pas dire être des satellites», avait ainsi déclaré M. Védrine en citant son homologue allemand.
Les États-Unis devraient faire un usage plus responsable de leur puissance, a estimé le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, renouvelant dans une interview parue vendredi dans le quotidien Libération ses critiques envers Washington. «Il ne s’agit pas de critiquer les États-Unis de façon stérile, mais de les appeler à avoir une attitude différente», a expliqué le ministre qui avait récemment qualifié de «simpliste» la formule «d’axe du mal» utilisée par le président George W. Bush pour qualifier l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. «Il s’agit de savoir comment avoir un partenariat» entre l’Europe et les États-Unis, a souligné M. Védrine qui s’inquiète régulièrement de «l’hyperpuissance» américaine. «Notre amitié et solidarité pour le peuple américain sont bien...
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