Le chef du gouvernement intérimaire afghan Hamid Karzaï a rendu hommage hier à Téhéran au soutien «inoubliable» de l’Iran à son pays depuis 20 ans et souligné la «solidarité islamique» entre les deux pays et leur «culture commune». Au deuxième jour de sa visite, M. Karzaï a salué, au nom de son pays «détruit, en ruine», l’Iran «qui s’est comporté comme le frère du peuple afghan pendant plus de deux décennies» de guerre. Dans son discours en persan, devant le Majlis (Parlement), un honneur tout à fait exceptionnel, M. Karzaï a souligné «le soutien inoubliable (de l’Iran), en particulier dans notre résistance contre l’occupation soviétique», insistant sur la «culture commune» persane entre les deux peuples, mais aussi leur «solidarité islamique». Ces deux références sont au centre du discours des dirigeants iraniens lorsqu’ils évoquent leur voisin. Auparavant, le dirigeant afghan avait déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du fondateur de la République islamique, l’imam Khomeyni, dans le sud de Téhéran. «Nous avons réussi à surmonter de très difficiles problèmes comme l’obscurantisme, le terrorisme et l’occupation étrangère», a-t-il ajouté, alors que ses interlocuteurs iraniens ont manifesté leur souhait que les forces étrangères en Afghanistan y demeurent le moins longtemps possible. Le guide de la République, l’ayatollah Ali Khamenei, a notamment mis en garde contre les «infiltrations» étrangères en Afghanistan, dans une formule qui vise généralement les États-Unis. M. Karzaï a estimé que «les forces du terrorisme international ont défiguré l’Afghanistan et la religion aux yeux du monde», en allusion aux talibans et au réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden, tous deux ennemis irréductibles de l’Iran, en Afghanistan, de 1996 à 2001. Il n’a pas évoqué les déclarations américaines accusant Téhéran de vouloir «déstabiliser l’Afghanistan», mais son chef de la diplomatie Abdullah Abdullah a affirmé que la «présence iranienne» dans son pays n’était pas «néfaste», mais au contraire «appréciée car elle vise à la reconstruction» de l’Afghanistan. Après son arrivée en Iran dimanche pour une visite de trois jours, M. Karzaï avait appelé Téhéran et Washington à faire taire leurs divergences pour coopérer à la reconstruction de son pays. Il a appelé l’Iran à aider au retour des cadres afghans vivant sur son territoire et à substituer à la culture du pavot une activité agricole solide en Afghanistan. Le ministre iranien du Travail Safdar Hosseini a exprimé de son côté la disponibilité de son pays pour «former des cadres et des mains-d’œuvre qualifiées» afghanes. Les ministres qui accompagnent M. Karzaï se sont penchés, avec leurs homologues iraniens, sur la coopération bilatérale, notamment le retour des réfugiés, au nombre de deux millions et que Téhéran souhaiterait voir rentrer chez eux, au rythme de 400 000 par an, à compter de cette année. Les problèmes éducatifs ont été également au centre des discussions. L’Iran fournit de très nombreux livres et équipements scolaires aux provinces de l’ouest du pays, où le dari, très proche du persan, est la langue la plus répandue. «En rendant hommage à l’Iran, Karzaï a repris presque mot pour mot des propos d’Ahmed Shah Massoud», l’ancien dirigeant de l’Alliance du Nord, assassiné en septembre 2001, a expliqué à l’AFP Ehsan Naraghi, ancien conseiller spécial de l’Unesco, qui a fait office de porte-parole des Afghans dans cette instance. «Nos deux pays sont de grande proximité. Chacun sait que l’Iran payait les ministères et les ambassades de l’opposition afghane», a-t-il ajouté. «Si le président (américain George W.) Bush a du jugement, il se rendra compte que les propos de Karzaï ne sont pas gratuits, mais reposent sur des faits historiques», a-t-il ajouté. «Les Américains disent avoir peur de machinations iraniennes contre le gouvernement afghan. Les déclarations de Karzaï doivent calmer le jeu, dissiper les malentendus», a poursuivi M. Naraghi.
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