Les femmes de Kandahar apprennent la vie sans burqa
le 20 février 2002 à 00h00
À Kandahar, fief des pachtounes, le port du voile était déjà la règle il y a quinze ans alors que les mini-jupes étaient monnaie courante à Kaboul. La lutte menée par une poignée de volontaires pour l’émancipation des femmes n’en est aujourd’hui que plus difficile. Avec quatre chaises, deux machines à coudre et quelques livres de classe, une petite association essaie de sortir les femmes du sud de l’Afghanistan de l’isolement dans lequel elles sont confinées depuis des années. Le siège de l’Association des femmes de Kandahar est l’un rares endroits de la ville où les femmes ne portent pas la burqa intégrale et peuvent parler librement avec des étrangers. Sa mission est d’offrir aux femmes la possibilité de jouer un rôle plus important dans cette société du sud du pays complètement dominée par les hommes, après des années passées sous le joug des chefs de la guerre et des talibans. Dans cette région pachtoune fort conservatrice, pratiquement toutes les femmes devaient porter la burqua et rester cloîtrées avant même que les talibans prennent le pouvoir et imposent ces règles à travers tout le pays. À Kandahar, des centaines de jeunes filles peuvent désormais aller à l’école, et les femmes voilées peuvent se promener librement dans la rue sans courir le risque de se voir battues par la police religieuse, même si les choses bougent lentement. «Nous encourageons les femmes à sortir de chez elles, à s’éduquer et à améliorer leurs conditions de vie», explique Safia Gulali, une pachtoune de 43 ans qui dirige l’association. «C’est difficile pour nous, car nous n’avons pratiquement pas de matériel. Il n’y a que quatre chaises dans tout le bâtiment. On manque de tout. Mais on fait tout ce qu’on peut». Dans une pièce, un groupe de femmes s’affaire sur une machine à coudre sous la direction de tailleurs masculins. Le sol est jonché de patrons et de rubans, et les murs sont recouverts de photos de mode et de vêtements fabriqués par les femmes de l’association. Un peu plus loin, un autre groupe se forme aux techniques de l’artisanat local. Dans une autre pièce, une assemblée de 17 femmes, certaines adolescentes et d’autres plus âgées, apprend à lire et à écrire, scène rarissime en Afghanistan où la plupart des femmes sont illettrées.
À Kandahar, fief des pachtounes, le port du voile était déjà la règle il y a quinze ans alors que les mini-jupes étaient monnaie courante à Kaboul. La lutte menée par une poignée de volontaires pour l’émancipation des femmes n’en est aujourd’hui que plus difficile. Avec quatre chaises, deux machines à coudre et quelques livres de classe, une petite association essaie de sortir les femmes du sud de l’Afghanistan de l’isolement dans lequel elles sont confinées depuis des années. Le siège de l’Association des femmes de Kandahar est l’un rares endroits de la ville où les femmes ne portent pas la burqa intégrale et peuvent parler librement avec des étrangers. Sa mission est d’offrir aux femmes la possibilité de jouer un rôle plus important dans cette société du sud du pays complètement dominée par les...
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