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Actualités - Chronologie

Pékin espère renforcer sa stature internationale

La Chine se prépare à dérouler cette semaine le tapis rouge pour le président américain George W. Bush après avoir mis une sourdine à ses principaux contentieux avec Washington, dans l’espoir de renforcer sa stature internationale. Mais la visite, qui débutera trente ans jour pour jour après le sommet historique entre son prédécesseur Richard Nixon et Mao Tsé-toung, pourrait également tester les limites d’une spectaculaire réconciliation née de la lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, selon les analystes. «L’exercice ne sera pas facile, compte tenu des enjeux», relève un diplomate occidental à Pékin, en mentionnant le traditionnel désaccord sur la question de Taïwan ainsi que la récente inclusion de la Corée du Nord, un allié traditionnel de la Chine, dans un groupe de trois pays accusés par le président américain de faire partie d’un «axe du mal». Les messages adressés ces derniers mois par Pékin à la première puissance mondiale semblent toutefois indiquer que les autorités chinoises s’efforceront surtout de convaincre M. Bush de leur détermination à poursuivre des relations basées sur des intérêts économiques communs et une lutte conjointe contre le terrorisme. «La Chine est devenue plus réaliste dans sa façon d’atteindre ses objectifs. Faire comme les autres pays en se comportant comme une puissance responsable est plus efficace», relève Paul Harris, de l’Université Lingnan à Hong Kong. «La Chine entend renforcer sa stature internationale, elle ne veut pas être perçue en Occident comme faisant partie d’un “axe du mal” étendu, mais plutôt comme contribuant à sa solution», note pour sa part Peter Gries, de l’Université américaine du Colorado. Attendu jeudi à Pékin pour une visite d’une trentaine d’heures, le président américain devrait avoir l’essentiel de ses entretiens avec son homologue Jiang Zemin, même si les spéculations vont bon train sur une éventuelle rencontre informelle avec le vice-président Hu Jintao, l’homme qui devrait en principe succéder à l’automne prochain au numéro un actuel. Pour préparer la visite, les autorités de Pékin n’ont pas ménagé leur peine ces dernières semaines, libérant plusieurs dissidents ainsi qu’un protestant évangélique de Hong Kong, condamné à deux ans de prison pour avoir introduit clandestinement des Bibles en Chine. Elles se sont également empressées d’affirmer que la découverte récente de micros placés à bord d’un avion présidentiel chinois, fabriqué aux États-Unis, n’aurait «aucun impact» sur les relations sino-américaines. La nouvelle approche chinoise contraste avec des relations particulièrement tendues avec Washington après l’entrée en fonction de l’Administration Bush l’an dernier, qui avaient culminé en avril lors de la crise de l’avion espion américain contraint à atterrir en Chine après une collision avec un chasseur chinois. Sur le fond toutefois, les contentieux persistent, qu’il s’agisse de l’opposition de Pékin à «l’hégémonisme» américain, une formule dénonçant la domination américaine de la scène internationale, les ventes d’armes américaines à Taïwan, les droits de l’homme, la liberté religieuse, ou encore le déploiement d’un système de défense antimissile américain. Le soutien apporté par Pékin à la lutte américaine contre le terrorisme risque à son tour de provoquer de nouveaux sujets de friction, qu’il s’agisse de la présence américaine en Asie centrale – que Pékin considère comme faisant partie de sa sphère d’influence –, ou d’un manque de soutien américain à sa propre lutte contre le «terrorisme» des séparatistes musulmans. La Chine se refuse par ailleurs à considérer que l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord font partie d’un «axe du mal» dénoncé par le président américain. Washington a accusé par le passé Pékin d’avoir aidé ces trois pays à développer leurs programmes militaires.
La Chine se prépare à dérouler cette semaine le tapis rouge pour le président américain George W. Bush après avoir mis une sourdine à ses principaux contentieux avec Washington, dans l’espoir de renforcer sa stature internationale. Mais la visite, qui débutera trente ans jour pour jour après le sommet historique entre son prédécesseur Richard Nixon et Mao Tsé-toung, pourrait également tester les limites d’une spectaculaire réconciliation née de la lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, selon les analystes. «L’exercice ne sera pas facile, compte tenu des enjeux», relève un diplomate occidental à Pékin, en mentionnant le traditionnel désaccord sur la question de Taïwan ainsi que la récente inclusion de la Corée du Nord, un allié traditionnel de la Chine, dans un...