Les attentats palestiniens contre les colonies, qui se sont succédé depuis samedi, ont mis en lumière les carences de leurs systèmes défensifs. Les implantations juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, devenues des cibles privilégiées des attaques palestiniennes depuis le début de l’intifada, jouissaient jusqu’à présent de la réputation d’être de véritables forteresses. Le kamikaze qui s’est tué samedi soir à Karnei Shomron en déclenchant les explosifs qu’il portait sur lui est parvenu dans le centre commercial bondé de cette colonie du nord de la Cisjordanie sans se faire repérer. Il est passé par une brèche du périmètre de sécurité de la colonie, les autorités militaires n’ayant pas achevé, en dépit des engagements pris en novembre, d’ériger les quatre derniers kilomètres de clôture du système défensif de la colonie. Dix kilomètres de clôture étaient déjà en place le soir de l’attentat. «Ce n’est pas nous qui devons être parqués derrière des clôtures, mais plutôt les Palestiniens des villages voisins et de la ville proche de Kalkiliya», a déclaré la porte-parole de la colonie Liliane Zeitman. La communauté internationale considère les territoires palestiniens comme occupés et la colonisation israélienne comme illégale. D’autres colons ont remis, par ailleurs, en question le fait que jusqu’ici des ouvriers palestiniens qui venaient travailler dans leur colonie pouvaient aller et venir librement. Le conseil municipal, qui avait autorisé l’embauche par des particuliers d’ouvriers palestiniens, envisage de revoir du tout au tout sa position. «Beaucoup de personnes construisent leurs maisons et ont besoin de main-d’œuvre, nous ne voulions pas les en empêcher, mais nous allons être amenés sans aucun doute à changer de politique», a souligné Mme Zeitman. Le débat sur l’embauche ou non des ouvriers palestiniens dans les implantations fait rage depuis longtemps, mais n’a jamais été tranché par les colons, les uns défendant le principe de «coexistence», les autres celui des impératifs de sécurité. Pour Daniela Weiss, la pasionaria des colons, maire de l’implantation voisine de Kedoumim, la construction de clôtures autour des colonies est interprétée comme un signe de faiblesse par les Palestiniens. «L’édification de clôtures est néfaste. Elle fait de nous des peureux. La solution n’est pas de s’enfermer, mais de se battre et vaincre», dit-elle. La presse israélienne avait vivement dénoncé récemment les carences des dispositifs défensifs des colonies à l’occasion de deux récentes attaques palestiniennes au cœur de deux implantations. Le 6 février, trois Israéliens, dont une femme et sa fille handicapée de 11 ans, avaient été tués dans l’attaque de la colonie de Hamra, dans la vallée du Jourdain. En octobre, deux Israéliens, dont une soldate, avaient été tués et 13 blessés dans l’attaque de la colonie d’Alei Sinaï dans le nord de la bande de Gaza. Le débat sur les carences des systèmes défensifs des colonies est aujourd’hui repris à l’échelon de l’ensemble du pays. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’édification d’un ouvrage de sécurité susceptible de séparer physiquement, Israéliens et Palestiniens, toute sortie de crise semblant impossible pour l’heure après plus de 16 mois d’affrontements sanglants.
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