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Actualités - Analyse

La physionomie des marchés Affaiblissement de l’euro et fermeté du dollar

L’euro s’est affaibli face au billet vert en ce début de semaine pour se rapprocher du seuil des 0,87 dollar alors que le volume d’activité était limité sur des marchés des changes rendus très calmes par la fermeture des places américaines en raison, du «President’s Day», jour férié aux États-Unis. Les principales devises européennes ont donc évolué dans des marges étroites à la baisse en l’absence de publication de nouvelles statistiques des deux côtés de l’Atlantique. «C’est peut-être la journée la plus calme que j’ai vue depuis près de trois ans. L’euro est en léger repli mais c’est simplement pour des raisons techniques», a expliqué Chris Furness, l’économiste à l’agence financière 4Cast. Même constat de la part d’un autre économiste, Steve Barrow, chez Bear Stern : «Les cambistes n’ont pas pu prendre de positions lundi, car il n’y avait pas de publications de données. La seule chose qui a pu faire bouger un peu le marché, c’était le discours d’Ernst Welteke qui a confirmé l’obligation de l’Allemagne de faire des économies budgétaires». Le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, a appelé hier à la création d’un pacte de stabilité interne en Allemagne, obligeant non seulement l’État fédéral mais aussi les régions et les communes à faire des économies budgétaires. Cet appel est venu hier juste après l’annonce par le ministère allemand des Finances que les États régionaux (Laender) ont enregistré pour l’année 2001 des déficits budgétaires supérieurs à 3 %, dépassant l’objectif de croissance des dépenses fixé à 2 % par une commission chargée de superviser la progression des dépenses budgétaires. En effet, l’euro est parvenu à freiner un peu sa baisse après cette déclaration qui a coïncidé avec la réaffirmation du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, que le cours de la monnaie unique européenne sur les marchés des changes était sous-estimé. «Un euro fort est dans l’intérêt de l’économie européenne. Nous sommes dans un système de changes flottant et l’euro est actuellement sous-estimé», a-t-il déclaré. Pourtant, les marchés ont gardé les yeux rivés sur l’Asie, où le président américain George W. Bush a entamé dimanche au Japon une tournée d’une semaine qui le mènera en Corée du Sud et en Chine. Dans la matinée, le président américain avait mis momentanément les marchés asiatiques en ébullition lorsqu’il s’était trompé de mot devant la presse en indiquant que le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi avait parlé avec lui de «dévaluation», alors qu’il voulait dire «déflation». Son commentaire avait semé brièvement la panique sur les marchés des changes avant de retrouver un peu de stabilité ensuite après une rectification de ces propos. Mais les marchés devaient rester très vigilants dans l’attente de l’annonce par le gouvernement japonais de son plan de relance économique. Les conjectures selon lesquelles les États-Unis vont exhorter le gouvernement japonais à faire des réformes structurelles et à relancer la croissance sans manipuler le yen, sont venues soutenir la devise nippone sur les places européennes. Cela étant, le dollar, qui s’est un peu redressé face aux monnaies européennes, s’est montré plutôt vulnérable contre le yen, se négociant en clôture à Londres, comme suit : – 0,8710 pour un euro contre 0,8735, vendredi dernier (+0,29 %). – 1,4285 pour un sterling contre 1,4315 (+0,21 %). – 1,6995 FS contre 1,6870 (+0,15 %). – 132,70 yens contre 133,60 (-0,67 %). Baisse des Bourses européennes Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient fermés hier en raison du chômage officiel aux États-Unis à l’occasion du «President’s Day». De leur côté, les Bourses européennes ont clôturé en baisse lundi dans des volumes peu étoffés, mais le premier sidérugiste mondial, Arcelor, a effectué une entrée fracassante sur la cote et le groupe britannique de services collectifs Innogy Holdings a flambé sur des rumeurs de rachat. À la clôture des marchés du Vieux continent, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 reculait de 0,47 % à 1 2158,31 points et le DJ Euro Stoxx 50 cédait 0,56 % à 3 535,33. À la Bourse de Paris, le Cac-40 a perdu 0,68 % et à Londres, le FTSE-100 0,54 %, mais l’indice Extra Dax a gagné 0,19 % de Francfort. La fermeture des marchés américains pour le «Jour du président» a limité les volumes, mais des analystes estiment que la reprise de Wall Street mardi ne suffira pas à tirer les Bourses européennes de leur torpeur. «Nous pensons que les marchés européens ne sortiront pas de leurs marges de fluctuation (en vigueur depuis trois mois) avant la prochaine série de résultats, lorsque les entreprises pourront enfin montrer que la reprise économique commence à faire effet sur les bénéfices», a expliqué Henning Kelch, gestionnaire de fonds européens chez Commerz Asset Managers en Allemagne. Les investisseurs doivent encore digérer les derniers résultats de la série en cours, qui n’est pas tout à fait terminée. Ils devornt patienter jusqu’à la mi-avril pour les prochains. Danone a publié ses comptes hier après la clôture. Le géant de l’agroalimentaire a annoncé une hausse de 9,8 % de son bénéfice opérationnel 2001 à données constantes. L’allemand Volkswagen et le norvégien Statoil annonceront les leurs aujourd’hui parallèlement aux américains Wal-Mart (premier distributeur du monde) et Omnicom troisième groupe de publicité mondial). Les débuts flamboyants d’Arcelor ont permis de contrebalancer les prises de bénéfices sur le secteur des ressources de base, en baisse de 1,06 % après avoir perdu près de 10 % depuis le début de l’année. Tokyo : clôture sur une note mitigée La Bourse de Tokyo a clôturé lundi sur une note mitigée, l’indice Nikkei gagnant 0,45 % mais l’indice élargi Topix reculant de 0,08 %, les investisseurs étant anxieux d’avoir davantage de détails sur le plan antidéflation du gouvernement, selon des courtiers. L’indice de référence Nikkei 225 a progressé de 45,15 points à 10 093,25 points. Le Topix a clôturé en baisse de 0,82 point à 981,68. 660 titres ont terminé en baisse, 664 en hausse et 185 sont restés inchangés dans un volume de transactions atteignant 643 millions d’actions. «Nous avons besoin d’en savoir plus sur la politique antidéflation du gouvernement. Le marché ne retrouvera pas la confiance sans que celle envers le gouvernement soit restaurée», a expliqué Takafumi Ochiai, un directeur associé de West LB. Le président américain George W. Bush, arrivé dimanche après-midi au Japon, n’a guère apporté de nouvelles fraîches sur le sujet lors de sa conférence de presse suivant sa rencontre avec le Premier ministre Junichiro Koizumi. Le chef de l’État américain s’est en effet contenté d’apporter son soutien au plan gouvernemental japonais existant, destiné à tenter de stabiliser un système financier mis à mal par une montagne de créances douteuse et renverser la déflation qui pénalise les résultats de nombreuses entreprises depuis le milieu des années 1990. Mais les investisseurs, de plus en plus impatients, attendent plus qu’un énoncé des principes de la part du gouvernement pour résoudre la crise. Les bancaires ont été mitigées après leurs récents gains liés à l’espoir de voir le gouvernement mettre à contribution les contribuables pour renflouer le secteur financier. Le ministre de l’Économie et des Finances Heizo Takenaka a précisé que le gouvernement prendrait sa décision sur une éventuelle injection de fonds publics avant la fin mars. «Les attentes en la matière sont grandes. Si rien n’est fait, le marché pourrait se retourner», a prévenu M. Ochiai. «Au delà de l’injecion de fonds publics, le gouvernement doit absolument prendre une position très ferme contre les entreprises défaillantes et les prêts non performants», a-t-il ajouté. Parmi les valeurs bancaires, Mizuho a clôturé en baisse de 6 000 yens à 231 000 yens, MTFG a perdu 13 000 yens à 807 000 yens, UFJ a gagné 5 000 yens à 296 000 yens et SMBC a gagné six yens à 479 yens. «Une injection de capital dans les banques est nécessaire» pour stabiliser le système financier du Japon, a déclaré Akira Nakamura, responsable des opérations de courtage chez Chuo Securities. Les titres liés à la construction ont monté sur des espoirs suscités par l’annonce par la firme de construction Fujita de négociations visant à fusionner.
L’euro s’est affaibli face au billet vert en ce début de semaine pour se rapprocher du seuil des 0,87 dollar alors que le volume d’activité était limité sur des marchés des changes rendus très calmes par la fermeture des places américaines en raison, du «President’s Day», jour férié aux États-Unis. Les principales devises européennes ont donc évolué dans des marges étroites à la baisse en l’absence de publication de nouvelles statistiques des deux côtés de l’Atlantique. «C’est peut-être la journée la plus calme que j’ai vue depuis près de trois ans. L’euro est en léger repli mais c’est simplement pour des raisons techniques», a expliqué Chris Furness, l’économiste à l’agence financière 4Cast. Même constat de la part d’un autre économiste, Steve Barrow, chez Bear Stern : «Les...