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Actualités - Chronologie

Francophonie Bicentenaire de la naissance de Victor Hugo au CCF

en marge des préparatifs du IXe sommet francophone qui se tiendra à Beyrouth en octobre 2002, une conférence commémorant le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo s’est tenue hier au Centre culturel français, à la rue de Damas. Cette conférence s’inscrit dans le cadre du troisième Festival des Cèdres pour la poésie qui se poursuivra jusqu’au 21 février. Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, représentant le président de la République, a pris part à l’événement. Voici de larges extraits de son intervention : «L’importance de ce Festival est multiple : d’abord, il a permis de réunir une pléiade de grands poètes et de spécialistes de la poésie francophones, des hommes tels que Pierre Brunel, Lionel Ray, Marie Étienne, Jean-Baptiste Para, sans oublier la très chère Vénus Khoury-Ghata, qui comptent parmi les valeurs sûres de la littérature contemporaine. «Ensuite, il ouvre, en quelque sorte, l’année de la francophonie bis qui sera riche en événements culturels de toute sorte pour bien préparer le sommet d’octobre 2002. Rien de réchauffé, mais des événements moins nombreux mais mieux sélectionnés. «Il trouve son prolongement immédiat dans l’ouverture la semaine prochaine de la Maison du livre francophone, puis dans la participation du Liban, pour la première fois, en mars 2002, au Salon du livre de Paris, où, à l’instigation du ministère de la Culture, se retrouveront des écrivains et éditeurs libanais pour présenter notre littérature libanaise à l’ensemble de l’univers francophone. «Enfin, à l’heure où la France célèbre le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo, il était normal de s’associer à cette commémoration en rendant un hommage à ce grand poète et à son œuvre puissante. Dans ce contexte, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’en décembre 2002, le ministère de la Culture organise à Beyrouth un colloque international sur Hugo, intitulé “Regards et imaginaires croisés : l’Orient et Victor Hugo” qui sera l’occasion de réfléchir sur les idées orientales du poète et sur l’impact qu’il a laissé dans la littérature arabe, doublé d’une exposition de peinture orientalistique et d’un cycle de cinéma qui montrera les milles et une versions des Misérables par le septième art, y compris par les cinéastes libanais et arabes. L’auteur d’Hernani sera, à son corps défendant, le prétexte à un moment que je souhaite fort de notre dialogue avec les autres cultures, hier dans son temps et aujourd’hui dans le nôtre. «Je tiens donc à féliciter l’Odyssée et son infatigable animateur d’avoir permis la tenue de ce Festival en collaboration avec le ministère de la Culture, et la Mission culturelle française qui a manifesté un vif intérêt pour cette manifestation. Je me réjouis que ce Festival s’associe à l’Université libanaise et à l’Université Saint-Joseph, permettant ainsi à nos étudiants de se familiariser avec la poésie française contemporaine. Je tiens enfin à saluer Patrick Kéchichian, critique au Monde des livres, l’un des derniers porte-drapeaux de la poésie dans la presse quotidienne française. Sa présence parmi nous est un grand honneur. «Il n’y a pas si longtemps, un numéro du Figaro littéraire titrait : “Comment sauver la poésie ?”. On pouvait y lire le passage suivant : “La poésie est la pelée, la galeuse de la littérature : elle ne se vend pas, elle n’a qu’une poignée d’adeptes, elle ne donne pas la célébrité. On la regarde mourir comme si ce destin était inscrit dans son inutilité même…” «À bien y réfléchir, tout, en effet, peut laisser croire à la mort annoncée de ce genre qui, en Orient comme en Occident, a pourtant noyauté la littérature et lui a tressé des lettres de noblesse et ce depuis ses origines. En ce troisième millénaire, à l’ère du virtuel, des risques de l’uniformité et, pis encore, de la conformité, des manipulations génétiques et du clonage médiatique, on est en droit de se demander quel avenir peut encore avoir la poésie, négligée par la presse qui ne lui accorde qu’une place restreinte, délaissée par la plupart des éditeurs parce qu’elle ne rapporte pas gros (Jean Cocteau disait que “l’éditeur qui entre dans son bureau préfère y trouver un cambrioleur plutôt qu’une poète !”). Le poète se sent inadapté dans un monde en mutation qui fait si peu de cas de la poésie et du rêve, un monde où l’efficacité et la rentabilité sont devenues les mots d’ordre. «Faut-il donc que la globalisation ne se réalise que sur le cadavre de l’écriture poétique ? Paradoxalement, la poésie continue à vivre : chaque jour, de par le monde, des centaines de poètes prennent la plume pour s’exprimer en vers, et chaque jour des milliers d’écoliers déclament des textes de La Fontaine, Victor Hugo, Lord Byron, Georges Schéhadé ou Saïd Akl. Les frères Rahbani viennent de nous fournir une recréation dramaturgique de l’immense Mutannabi. Et laissez-moi vous avouer que je fuis souvent les tracas de la politique et le fracas de la ville en me plongeant dans le recueil de Badr Chaker as-Sayyab ou en humant avec délectation les Fleurs du mal. «Car la poésie est inhérente à la vie. Elle en est l’expression la plus pure, la plus noble parce que la plus gratuite, la plus universelle parce que la plus individuelle. À l’heure où la planète se sent menacée par les crises économiques et politiques, et que, par réaction, les gens se réfugient de plus en plus dans le spirituel et le sacré, la poésie offre, par la magie de ses mots, la possibilité de fuir ou de transformer ce réel, la possibilité de transcender et la transcendance c’est, littéralement, cette “sortie par le haut” qui nous permet de remédier au nivellement par le bas qui nous est tous les jours proposé, voire imposé. N’est-ce pas André Breton qui déclarait que “l’étreinte poétique, comme l’étreinte de chair, tant qu’elle dure, défend toute échappée sur la misère du monde” ?
en marge des préparatifs du IXe sommet francophone qui se tiendra à Beyrouth en octobre 2002, une conférence commémorant le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo s’est tenue hier au Centre culturel français, à la rue de Damas. Cette conférence s’inscrit dans le cadre du troisième Festival des Cèdres pour la poésie qui se poursuivra jusqu’au 21 février. Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, représentant le président de la République, a pris part à l’événement. Voici de larges extraits de son intervention : «L’importance de ce Festival est multiple : d’abord, il a permis de réunir une pléiade de grands poètes et de spécialistes de la poésie francophones, des hommes tels que Pierre Brunel, Lionel Ray, Marie Étienne, Jean-Baptiste Para, sans oublier la très chère Vénus Khoury-Ghata, qui...