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Actualités - Chronologie

Affaire Pearl : nouvelles interpellations et doutes sur les déclarations du suspect

La police pakistanaise, qui enquête sur l’enlèvement de Daniel Pearl, a interpellé au moins six personnes lors de nouvelles perquisitions et mis en doute vendredi les déclarations du suspect numéro un selon lequel le journaliste américain est mort. Lors de sa première comparution devant un tribunal, jeudi, le militant islamiste Sheikh Omar a affirmé que Daniel Pearl, disparu depuis le 23 janvier à Karachi, dans le sud du Pakistan, était mort, et a avoué l’avoir enlevé. Mais le ministre de l’Intérieur de la province du Sindh, Mukhtar Sheikh, tout comme plusieurs responsables de l’enquête, et comme le président pakistanais Pervez Musharraf, ont mis en doute la fiabilité de ces révélations, soulignant que l’homme, âgé de 29 ans, est coutumier des déclarations contradictoires. «Omar est un criminel endurci qui a été en prison en Inde pendant plusieurs années, mais je suis confiant que nous allons trouver une piste. La police a 13 jours pour l’interroger et il va parler. Je ne suis pas prêt à croire ses déclarations selon lesquelles Pearl est mort», a déclaré Mukhtar Sheikh. Poursuivant ses recherches parallèlement aux interrogatoires du suspect, la police «a arrêté au moins six personnes dans le cadre de cette affaire», lors de nouvelles perquisitions pendant la nuit de jeudi à vendredi à Karachi, capitale du Sindh, a ajouté le responsable provincial. Après sa première comparution jeudi, Sheikh Omar a été soumis à de nouveaux interrogatoires pendant lesquels il n’a pas fourni de détails permettant d’étayer ses affirmations, a-t-on indiqué de source policière. «Nous lui avons demandé s’il croit que Pearl est mort, et de nous dire où est le corps et qui a tué Daniel Pearl, mais Omar a dit qu’il ne savait pas qui l’avait tué», a déclaré Kamal Shah, le chef de la police du Sindh. Un enquêteur participant aux interrogatoires a même souligné que l’absence de cadavre pouvait donner à penser que le journaliste était en vie, bien que le lieu de sa détention reste un mystère. «Nous n’avons aucune preuve qu’il soit mort, c’est pourquoi nous pensons qu’il est vivant», a dit cet enquêteur sous le couvert de l’anonymat. Quatorze personnes, a indiqué un responsable de l’enquête, ont été interrogées ces derniers jours dans l’entourage de Sheikh Omar et du groupe islamiste Harkat Jihad-i-Islami, mentionné par le suspect lors de ses interrogatoires. «Nous sommes toujours dans le noir en ce qui concerne le sort de Pearl. Nous n’avons trouvé aucune preuve permettant de dire qu’il a été tué. Nous continuons à espérer qu’il est encore en vie», a déclaré cet enquêteur. Dans ce contexte de plus en plus confus, l’épouse, enceinte, de Daniel Pearl, Mariane, a lancé jeudi un nouvel appel, «du fond du cœur», aux ravisseurs à libérer son mari. «Comme vous savez, Danny est innocent. C’est un journaliste qui est venu vous voir l’esprit très ouvert, afin d’écrire sur vous pour un public très large», écrivait la jeune femme. Le correspondant du Wall Street Journal basé à Bombay (Inde), âgé de 38 ans, avait disparu alors qu’il enquêtait dans les milieux islamistes au Pakistan et s’apprêtait le 23 janvier à rencontrer le chef d’un mouvement islamiste. Les ravisseurs sont restés silencieux depuis le 31 janvier, date à laquelle ils avaient diffusé un courrier électronique dans lequel ils menaçaient de tuer le journaliste dans les 24 heures si leurs revendications n’étaient pas satisfaites. Ils réclamaient notamment la libération des Pakistanais faits prisonniers en Afghanistan pendant la campagne militaire américaine et détenus à Cuba.
La police pakistanaise, qui enquête sur l’enlèvement de Daniel Pearl, a interpellé au moins six personnes lors de nouvelles perquisitions et mis en doute vendredi les déclarations du suspect numéro un selon lequel le journaliste américain est mort. Lors de sa première comparution devant un tribunal, jeudi, le militant islamiste Sheikh Omar a affirmé que Daniel Pearl, disparu depuis le 23 janvier à Karachi, dans le sud du Pakistan, était mort, et a avoué l’avoir enlevé. Mais le ministre de l’Intérieur de la province du Sindh, Mukhtar Sheikh, tout comme plusieurs responsables de l’enquête, et comme le président pakistanais Pervez Musharraf, ont mis en doute la fiabilité de ces révélations, soulignant que l’homme, âgé de 29 ans, est coutumier des déclarations contradictoires. «Omar est un criminel endurci qui...