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Actualités - Chronologie

Traque silencieuse dans les réseaux islamistes pakistanais pour retrouver Daniel Pearl

Après deux semaines de rebondissements, de fausses pistes en effets d’annonce, la police pakistanaise a opté pour la discrétion dans l’enquête sur l’enlèvement de Daniel Pearl, traquant d’introuvables suspects dans la nébuleuse des réseaux islamistes. Vendredi, la police a annoncé trois premières inculpations pour complicité d’enlèvement, celles de trois hommes accusés d’avoir envoyé aux médias des courriers électroniques porteurs de menaces de mort et accompagnés de photos qui montraient le journaliste américain en captivité. «Nous avons très bon espoir qu’il soit libéré (...) nous nous rapprochons» d’un dénouement, a assuré vendredi le président pakistanais Pervez Musharraf, attendu la semaine prochaine en visite officielle aux États-Unis. Mais les trois hommes désignés comme les ravisseurs, des intermédiaires que Daniel Pearl devait rencontrer le jour de sa disparition, et le commanditaire présumé, Sheikh Omar, l’un des chefs du groupe islamiste interdit Jaish-e-Mohammad, courent toujours. Et la police est désormais persuadée qu’elle n’a pas affaire à des individus isolés, mais à un groupe beaucoup plus large, lié au Jaish-e-Mohammad et à un autre mouvement islamiste hors la loi, le Harkat-ul-Mujahedin, cibles tous deux de l’offensive du président Musharraf contre l’extrémisme islamiste. Depuis le 31 janvier, les ravisseurs sont restés silencieux, alimentant les inquiétudes sur le sort du journaliste, que les enquêteurs considèrent malgré tout comme vivant. Daniel Pearl, correspondant du Wall Street Journal, âgé de 38 ans, avait disparu le 23 janvier à Karachi, le grand port du sud du Pakistan, alors qu’il enquêtait dans les milieux islamistes pouvant avoir des liens avec le réseau terroriste el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Faute de piste solide, l’enquête avait d’abord piétiné, l’enlèvement ayant été revendiqué par un groupe inconnu, le «Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise», qui réclamait la libération par les États-Unis des Pakistanais arrêtés en Afghanistan pendant la campagne militaire lancée en octobre. Plusieurs e-mails, dont l’un, diffusé par des médias américains, avait annoncé de manière spectaculaire la mort du journaliste, avaient semé la confusion avant d’être authentifiés comme des faux, tout comme une demande de rançon, fantaisiste elle aussi. Multipliant perquisitions et interpellations, à Karachi, à Lahore, dans l’est du pays et à Islamabad, étudiant à la loupe les relations du journaliste, les enquêteurs avaient pour la première fois, le 5 février, annoncé tenir une piste solide, désignant par leur nom trois des ravisseurs présumés : deux militants islamistes liés au Harkat-ul-Mujahedin, Mohammad Hashim Qadeer, connu sous le surnom d’Arif, et Mohammad Bashir, ainsi qu’un troisième homme, Imtiaz Siddiqi. Tous trois devaient, selon les enquêteurs, conduire le journaliste, le jour de sa disparition, jusqu’au chef d’un autre groupe islamiste, Mubarak Ali Shah Gilani, un moment soupçonné. Dans la foulée de cette annonce, les interrogatoires de trois hommes interpellés à Karachi, militants présumés du Jaish-e-Mohammad et expéditeurs la semaine dernière des e-mails accompagnés de photos, désignaient Sheikh Omar comme le commanditaire. L’homme, né en Grande-Bretagne, disparu depuis le 20 janvier, est l’un des chefs du Jaish-e-Mohammad, qui milite contre la domination indienne sur une partie de la région himalayenne du Cachemire. Ce groupe est lié à l’ancien régime afghan des talibans, selon les autorités, qui le soupçonnent aussi de liens avec el-Qaëda. Les responsables policiers assuraient alors que l’enquête était entrée dans une phase cruciale et que le dénouement était tout au plus une question de jours, comme l’affirmait jeudi Mukhtar Sheikh, ministre de l’Intérieur de la province du Sind, dont Karachi est la capitale. Mais depuis, c’est le silence, plusieurs responsables reconnaissant les risques d’un excès de publicité. «Nous sommes très préoccupés de la sécurité de Daniel Pearl. Tout commentaire tant que l’affaire ne sera pas résolue risque d’être malvenu», affirmait ainsi le porte-parole du gouvernement militaire, le général Rashid Qureshi.
Après deux semaines de rebondissements, de fausses pistes en effets d’annonce, la police pakistanaise a opté pour la discrétion dans l’enquête sur l’enlèvement de Daniel Pearl, traquant d’introuvables suspects dans la nébuleuse des réseaux islamistes. Vendredi, la police a annoncé trois premières inculpations pour complicité d’enlèvement, celles de trois hommes accusés d’avoir envoyé aux médias des courriers électroniques porteurs de menaces de mort et accompagnés de photos qui montraient le journaliste américain en captivité. «Nous avons très bon espoir qu’il soit libéré (...) nous nous rapprochons» d’un dénouement, a assuré vendredi le président pakistanais Pervez Musharraf, attendu la semaine prochaine en visite officielle aux États-Unis. Mais les trois hommes désignés comme les ravisseurs,...