Une attaque américaine contre l’Iran, une puissance régionale pesant lourd sur le plan politique, aurait de graves conséquences stratégiques et économiques, estiment lundi les analystes pour qui cette éventualité demeure néanmoins très improbable. «Au contraire de l’Irak et de la Corée du Nord, également cibles potentielles d’une attaque américaine, mais souvent mis au banc de la communauté internationale, l’Iran est un pays respecté», souligne le politologue Iradj Rachti. De surcroît, il s’agit d’un «membre très puissant de l’Opep» étant le deuxième exportateur du cartel. «Ses réserves de gaz sont les deuxièmes du monde, et de nombreux pays occidentaux manifestent leur intérêt pour son développement et sa stabilité», ajoute-t-il. «Une opération contre l’Iran n’est pas envisageable, sauf événement totalement irrationnel», estime Chardod Rahmanifard, professeur de sociologie politique, qui souligne «le rapprochement spectaculaire récent de Téhéran avec des alliés des Américains comme les pays européens, – dont tout particulièrement la Grande-Bretagne –, l’Arabie saoudite et le Koweït. L’Union européenne compte beaucoup dans toute cette affaire et ne laisserait pas faire. Elle est consciente de l’importance géostratégique de l’Iran, un pays de 65 millions d’habitants», a-t-il ajouté. «On ne voit pas non plus les finalités, les cibles, dans un pays immense de 1,6 million de km2. On mesure en revanche que les conséquences seraient désastreuses», poursuit-il. L’Iran joue en outre un rôle croissant sur la scène internationale. Il a été président de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) pendant trois ans (1997-2000), puis, en 2001, du groupe des 77 (pays en développement) de l’Onu. Il est aussi l’inventeur du concept de Dialogue des civilisations. Un diplomate arabe insiste sur le fait que l’Iran pourrait être «puni pour son soutien aux Palestiniens». Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a, quant à lui, accusé dimanche le régime de Téhéran d’aider des membres du réseau el-Qaëda et de la milice intégriste des talibans à «transiter» ou à «trouver refuge» en Iran, une accusation que Téhéran a toujours rejetée. M. Rumsfeld n’a pas précisé le nombre ou les identités de ces personnes, mais l’hebdomadaire américain Time à paraître lundi affirme, citant des sources proches de l’homme fort de Hérat (ouest de l’Afghanistan), Ismaïl Khan, qu’un convoi transportant 250 hauts responsables des talibans et de el-Qaëda était parti en novembre de cette ville vers l’Iran. La question reste posée des objectifs que poursuivrait Téhéran en accueillant des chefs talibans, alors que les Iraniens, chiites à 90 %, ne nourrissent guère de sympathie pour les fondamentalistes sunnites et ont toujours été les ennemis irréductibles des talibans, reprochant vivement aux Pakistanais et aux Américains de les avoir «favorisés» dans le passé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une attaque américaine contre l’Iran, une puissance régionale pesant lourd sur le plan politique, aurait de graves conséquences stratégiques et économiques, estiment lundi les analystes pour qui cette éventualité demeure néanmoins très improbable. «Au contraire de l’Irak et de la Corée du Nord, également cibles potentielles d’une attaque américaine, mais souvent mis au banc de la communauté internationale, l’Iran est un pays respecté», souligne le politologue Iradj Rachti. De surcroît, il s’agit d’un «membre très puissant de l’Opep» étant le deuxième exportateur du cartel. «Ses réserves de gaz sont les deuxièmes du monde, et de nombreux pays occidentaux manifestent leur intérêt pour son développement et sa stabilité», ajoute-t-il. «Une opération contre l’Iran n’est pas envisageable, sauf...