L’année 2002 s’annonce difficile pour les économies du Proche-Orient, affectées par les retombées des attentats du 11 septembre sur le tourisme et les cours du pétrole, leurs principales sources de devises, et par l’escalade du conflit israélo-palestinien. Le cas le plus pressant est celui de l’Égypte qui s’apprête à demander une aide de 2,5 milliards de dollars aux pays donateurs et aux institutions financières qui se réunissent aujourd’hui et demain à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. Les attentats ont affecté les deux premiers postes de rentrée en devises de l’Égypte, le tourisme et les recettes du canal de Suez, qui rapportent annuellement environ 4 milliards de dollars et 2 milliards de dollars respectivement. La perte du secteur du tourisme est estimée à elle seule à 3 milliards de dollars. La Jordanie a également été affectée, mais dans une moindre mesure, par les attentats, son secteur touristique devant essuyer un manque à gagner de 150 millions de dollars en 2002, selon des experts. Le tourisme, qui a rapporté à la Jordanie 850 millions de dollars en 2000, est la deuxième source de devises du royaume après les transferts financiers des Jordaniens expatriés, qui représentent 1,6 milliard de dollars. Le Liban, quant à lui, fait les frais des attentats et du conflit israélo-palestinien, qui viennent exacerber une stagnation économique permanente depuis 1998 assortie d’un problème de dette publique qui représente, avec 28,5 milliards de dollars, 170 % du PIB. La menace la plus grave qui pèse sur le pays des Cèdres est celle d’une crise de confiance financière qui se traduirait par une fuite des capitaux et ferait sauter le taux de change livre libanaise-dollar, près de 1 500 livres pour un billet vert, que défend la Banque du Liban depuis 1994. Les Palestiniens sont déjà confrontés à un problème de fuite de capitaux résultant du bouclage systématique de leurs territoires par Israël depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. Les dépôts palestiniens dans les banques jordaniennes ont augmenté de plus de 30 millions de dollars depuis le déclenchement du soulèvement, d’après la Banque centrale du royaume. Le chômage dans les territoires palestiniens a atteint en outre un taux alarmant, 40 % de la population active, selon diverses estimations. Israël fait également les frais de l’intifada, avec un taux de chômage record de 9,9 % de la population active, enregistré en novembre 2001. La Banque d’Israël a affirmé en janvier que l’intifada avait coûté à l’État juif environ 3,2 milliards de dollars, l’équivalent de quatre points de croissance. Dans le Golfe, les monarchies pétrolières et l’Iran sont aux prises avec la faiblesse des cours du pétrole, due au ralentissement économique mondial exacerbé par les attentats aux États-Unis. Les cours du brut demeurent sous la barre des 20 dollars le baril, en dépit de la réduction de l’approvisionnement appliquée depuis début janvier par les principaux pays exportateurs de brut, Opep et non-Opep. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a adopté un budget pour 2002 prévoyant un déficit de 12 milliards de dollars, un creux qui équivaut à plus du double de celui estimé pour l’année dernière. Le royaume, plus grande économie arabe avec un PIB de 170 milliards de dollars, s’attend à une modeste croissance, environ 1,5 %, en 2002, d’après une revue spécialisée de Londres, le Middle East Economic Digest (MEED). Les Émirats arabes unis devront en plus affronter les répercussions du 11 septembre sur le tourisme, secteur qui occupe une place grandissante dans l’économie de Dubaï, un des sept émirats de la fédération. Dubaï estime cependant la crise passagère et a maintenu son phénoménal programme d’investissements pour consolider sa place de plaque tournante touristique, commerciale et de transport dans le Golfe. Dans le sud de la péninsule arabique, le Yémen, un des pays les moins développés de la planète, redoute une dégringolade des cours du brut dont les recettes constituent 35 % du PIB, 75 % du budget et 90 % des exportations. L’Iran s’attend pour sa part à un manque à gagner de 4 milliards de dollars, équivalent à environ 4 % du PIB.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’année 2002 s’annonce difficile pour les économies du Proche-Orient, affectées par les retombées des attentats du 11 septembre sur le tourisme et les cours du pétrole, leurs principales sources de devises, et par l’escalade du conflit israélo-palestinien. Le cas le plus pressant est celui de l’Égypte qui s’apprête à demander une aide de 2,5 milliards de dollars aux pays donateurs et aux institutions financières qui se réunissent aujourd’hui et demain à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. Les attentats ont affecté les deux premiers postes de rentrée en devises de l’Égypte, le tourisme et les recettes du canal de Suez, qui rapportent annuellement environ 4 milliards de dollars et 2 milliards de dollars respectivement. La perte du secteur du tourisme est estimée à elle seule à 3 milliards de dollars. La...