L’opposant malgache Marc Ravalomanana a appelé hier les représentants de la communauté internationale à venir constater la situation à Madagascar avant de le presser à accepter un second tour de l’élection présidentielle contre le président sortant, Didier Ratsiraka. Le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), Amara Essy, a indiqué à New York qu’il comptait se rendre prochainement sur place. Les Églises, qui soutiennent l’opposant, tentent d’ouvrir une médiation entre les deux camps, sans être parvenues à nouer des contacts, a indiqué l’archevêque anglican Remy-Joseph Rabenirina, président du Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM, Églises catholique et protestante). Reconnaissant que l’entreprise était «extrêmement difficile», Mgr Rabenirina a parlé de «dialogue de sourds». Au quatrième jour d’une grève générale qui paralyse la capitale, les Malgaches ont eu toutes les difficultés à toucher leur salaire mensuel en raison de la fermeture de la Banque centrale. Dans la capitale, quatre des cinq banques privées étaient fermées, faute de liquide ou de personnel, et la cinquième a dû baisser ses rideaux de fer en milieu de matinée, après avoir distribué tout l’argent dont elle disposait. Comme chaque jour, des centaines de milliers de manifestants portant des pancartes «Ravalomanana président» se sont réunis sur la place du 13 Mai pour revendiquer la victoire de l’opposant au premier tour de la présidentielle du 16 décembre. Mais ils étaient moins nombreux que les trois jours précédents, quand le rassemblement attirait plus d’un demi-million de personnes. Pressé par le Conseil de sécurité des Nations unies, la France et l’Organisation de l’unité africaine (OUA) d’accepter un second tour, M. Ravalomanana, maire d’Antananarivo, a appelé les représentants de la communauté internationale à venir eux-mêmes se «rendre compte que les problèmes du premier tour ne sont pas encore réglés». Il a appelé ses partisans à poursuivre le mouvement de rassemblements quotidiens et de grève générale. «Nous sommes tellement prêts à faire régner la vérité que nous n’hésiterons pas à durcir la grève générale s’il le faut», a-t-il lancé tout en réitérant les appels à la non-violence. «Il n’est pas question d’enfreindre l’ordre et la loi», a-t-il déclaré, souhaitant un «mouvement pacifique jusqu’au bout». M. Ravalomanana considère qu’il a obtenu la majorité absolue au premier tour de la présidentielle et refuse de participer à un second tour, prévu pour le 24 février. Il accuse le pouvoir d’avoir triché pour éviter à M. Ratsiraka d’être battu au premier tour et assure qu’il en serait de même en cas de second tour. Il n’a toutefois pas fermé la porte à des négociations avec le pouvoir. «La solution, c’est qu’il faut toujours tenter de négocier avec le pouvoir. Je n’ai pas de contact direct, mais mes conseillers sont en contact indirect, par l’intermédiaire des églises, pour essayer de négocier», a-t-il déclaré à l’AFP. «C’est heureux qu’il y ait une tentative de médiation et, si le résultat de cette médiation est qu’il y ait un second tour transparent, je ne peux que l’encourager, mais (...) s’il s’agit de remettre le pouvoir à la rue, alors non», a déclaré à l’AFP un conseiller de M. Ratsiraka, José Andrianoelison. Au quatrième jour de la grève générale, seuls les commerces de détail et les stations-service étaient ouverts dans la capitale, où sociétés, usines et administrations restent fermées. Les vols sont également toujours suspendus.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’opposant malgache Marc Ravalomanana a appelé hier les représentants de la communauté internationale à venir constater la situation à Madagascar avant de le presser à accepter un second tour de l’élection présidentielle contre le président sortant, Didier Ratsiraka. Le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), Amara Essy, a indiqué à New York qu’il comptait se rendre prochainement sur place. Les Églises, qui soutiennent l’opposant, tentent d’ouvrir une médiation entre les deux camps, sans être parvenues à nouer des contacts, a indiqué l’archevêque anglican Remy-Joseph Rabenirina, président du Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM, Églises catholique et protestante). Reconnaissant que l’entreprise était «extrêmement difficile», Mgr Rabenirina a parlé de...