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TPI Milosevic très offensif face à ses juges

Très remonté, Slobodan Milosevic a une nouvelle fois contesté mercredi la légitimité du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie devant lequel il comparaissait à La Haye. Ce dernier doit décider rapidement de l’opportunité d’organiser trois procès séparés pour les crimes de guerre présumés commis par l’ancien chef de l’État yougoslave dans les Balkans dans les années 90. Le Français Claude Jorda, président de la cour d’appel du TPI, a assuré que sa juridiction se prononcerait le plus rapidement possible sur l’arrêt rendu en première instance en faveur de deux procès séparés. «Je qualifierai (cette entreprise) d’attaque hostile et diabolique visant à justifier les crimes commis contre mon pays», a lancé l’ancien maître de Belgrade à ses juges. «Il s’agit d’une tentative sans précédent pour faire d’une victime un coupable. Je pense que ce serait logique d’ordonner ma remise en liberté. Mais je ne me déroberai pas à ce combat». Prié de dire s’il était favorable à un procès unique, Milosevic, qui est âgé de 60 ans et a une formation d’avocat, a répondu : «Ce n’est pas en empilant trois mensonges que vous parviendrez à la vérité, vous ne ferez en fait qu’amplifier le mensonge». La cour d’appel doit se prononcer sur l’arrêt rendu en décembre par une juridiction de première instance visant à «découper» en deux procès les actions intentées contre le prévenu, accusé d’atrocités en Croatie, en Bosnie et au Kosovo. Le parquet du tribunal de La Haye juge au contraire que les accusations retenues contre Milosevic devraient être regroupées en un seul procès, estimant que son rôle dans les trois conflits fait partie d’une seule «entreprise criminelle» visant à donner corps à son rêve de «Grande Serbie». Il a donc fait appel de la décision. «Cela s’inscrivait dans une même stratégie, un seul plan et un seul projet (...) l’expulsion forcée et violente des non-Serbes d’une bonne partie des territoires de la Croatie, de la Bosnie et du Kosovo», a fait valoir devant la cour la Suissesse Carla del Ponte, procureure générale auprès du TPY. Les magistrats autorisent l’inclusion de plus d’un crime dans une inculpation «à condition que la série d’actes commis ensemble constitue un tout et que les crimes aient été l’œuvre du même accusé». Le mois dernier, la chambre d’accusation avait estimé que le parquet n’avait pas réussi à établir clairement un lien entre les trois inculpations et qu’il serait très difficile de gérer un procès unique. Le procès pour des crimes contre l’humanité commis au Kosovo en 1999, qui sera le plus important procès pour crimes de guerre organisé en Europe depuis Nuremberg, doit s’ouvrir le 12 février. Un second procès, portant sur des crimes de guerre concernant la guerre de Croatie (1991) et celle de Bosnie (1992-95), s’ouvrirait ultérieurement si la décision de première instance devait être confirmée ce mercredi. La juridiction d’appel avait estimé que la possibilité de faire appel donnée par le parquet ne devrait pas empêcher le procès sur le Kosovo de démarrer en février. Pour le parquet, un procès commun pourrait s’ouvrir comme prévu le 12 février pour traiter d’abord du Kosovo, puis de la Croatie et de la Bosnie. Milosevic a été transféré à La Haye en juin par le nouveau gouvernement réformiste au pouvoir à Belgrade depuis la défaite de l’ex-président aux élections de l’automne 2000. Depuis, il refuse de plaider coupable devant un tribunal dont il récuse la légitimité et de désigner un défenseur. La cour a, en conséquence, désigné trois juristes internationaux, désignés sous l’appellation d’«amicia curiae» («amis de la cour»), pour s’assurer de l’équité des procédures. Pour Milosevic, son procès est une mise en scène orchestrée par les Occidentaux pour justifier les bombardements alliés de Belgrade et du Kosovo en 1999.
Très remonté, Slobodan Milosevic a une nouvelle fois contesté mercredi la légitimité du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie devant lequel il comparaissait à La Haye. Ce dernier doit décider rapidement de l’opportunité d’organiser trois procès séparés pour les crimes de guerre présumés commis par l’ancien chef de l’État yougoslave dans les Balkans dans les années 90. Le Français Claude Jorda, président de la cour d’appel du TPI, a assuré que sa juridiction se prononcerait le plus rapidement possible sur l’arrêt rendu en première instance en faveur de deux procès séparés. «Je qualifierai (cette entreprise) d’attaque hostile et diabolique visant à justifier les crimes commis contre mon pays», a lancé l’ancien maître de Belgrade à ses juges. «Il s’agit d’une tentative sans...