La réoccupation de la ville autonome palestinienne de Tulkarem, en Cisjordanie, même si elle n’a duré qu’une trentaine d’heures, a confirmé l’escalade graduelle de la riposte militaire israélienne, qui franchit un nouveau palier après chaque attentat palestinien. Dans la nuit de dimanche à lundi, trois bataillons d’infanterie, appuyés par un bataillon de chars et des éléments du génie, pénétraient à Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, et prenaient le contrôle total de la ville. Il s’agissait de la première réoccupation d’une ville autonome palestinienne depuis la mise en place de l’Autorité palestinienne, en 1994. L’opération a été déclenchée en riposte au sanglant attentat palestinien du 17 janvier à Hadera, dans le nord d’Israël, qui a fait six tués, outre son auteur. L’escalade de la riposte militaire d’Israël aux attaques palestiniennes n’a cessé de monter crescendo depuis le déclenchement de l’intifada, il y a près de seize mois, mais surtout depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Ariel Sharon, en mars. Le 16 avril, Israël provoquait ainsi un tollé général dans le monde en réoccupant la zone de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza. C’était la première fois depuis la mise en place de l’Autorité que Tsahal réoccupait des territoires autonomes. Israël avait dû retirer ses troupes après moins de 24 heures à la suite d’une vive condamnation américaine. Aujourd’hui, les réoccupations de zones autonomes sont devenues monnaie courante. Le 18 mai, Israël suscitait la stupeur en utilisant pour la première fois depuis la guerre israélo-arabe de juin 1967 des chasseurs-bombardiers dans les territoires palestiniens. Le recours à ces appareils avait été décidée par M. Sharon en riposte à un attentat-suicide meurtrier à Netanya, au nord de Tel Aviv. Depuis lors, les F-16 ont été régulièrement mis à contribution, notamment vendredi dernier après l’attentat de Hadéra, sans que cela suscite des protestations à l’étranger. Une riposte d’une sévérité sans précédent Le 27 août, le conflit israélo-palestinien franchissait un nouveau palier avec l’assassinat par Israël lors d’un raid d’hélicoptères d’un dirigeant palestinien du premier rang, Abou Ali Moustapha, chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). L’attaque survenait 48 heures après l’audacieux raid d’un commando palestinien contre une position militaire israélienne, qui avait porté un coup terrible à l’image de Tsahal. Le 18 octobre, au lendemain de l’assassinat du ministre israélien du Tourisme Rehavam Zeevi à Jérusalem, l’armée israélienne lançait une opération terrestre d’une ampleur sans précédent en Cisjordanie, réoccupant partiellement six villes autonomes, dont elle devait par la suite se retirer progressivement avant la fin novembre. Début décembre, suite à deux attentats-suicide ayant coûté la vie à un total de 25 Israéliens à Jérusalem et Haïfa (nord), l’armée lançait des raids de représailles massifs dans les territoires palestiniens, s’attaquant notamment aux symboles de l’Autorité palestinienne du président palestinien Yasser Arafat, bloqué depuis lors par les chars israéliens à Ramallah. Mardi, les troupes israéliennes se sont retirées de la ville de Tulkarem après l’avoir réoccupée durant 30 heures durant lesquelles elles ont procédé à des perquisitions et des arrestations. Quelques jours auparavant, le chef d’état-major adjoint israélien, le général Moshé Yaalon, avait averti que l’armée israélienne «pourrait être amenée à revenir dans des secteurs dont elle s’est retirée à la suite des accords d’Oslo» de 1993. De plus, M. Sharon a averti lundi les Palestiniens qu’ils s’exposeraient à une riposte d’une sévérité sans précédent, qu’il n’a pas spécifiée, en cas de tirs de roquettes contre le territoire israélien à partir de la Cisjordanie. Il pourrait bien s’agir là du prochain palier dans ce conflit dont l’intensité augmente continuellement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La réoccupation de la ville autonome palestinienne de Tulkarem, en Cisjordanie, même si elle n’a duré qu’une trentaine d’heures, a confirmé l’escalade graduelle de la riposte militaire israélienne, qui franchit un nouveau palier après chaque attentat palestinien. Dans la nuit de dimanche à lundi, trois bataillons d’infanterie, appuyés par un bataillon de chars et des éléments du génie, pénétraient à Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, et prenaient le contrôle total de la ville. Il s’agissait de la première réoccupation d’une ville autonome palestinienne depuis la mise en place de l’Autorité palestinienne, en 1994. L’opération a été déclenchée en riposte au sanglant attentat palestinien du 17 janvier à Hadera, dans le nord d’Israël, qui a fait six tués, outre son auteur. L’escalade de...