Pour Sébastien Loeb, Guy Fréquelin et toute l’équipe Citroën, la victoire acquise dans le 70e rallye Monte-Carlo, première épreuve du championnat du monde, dimanche à Monaco, ne fait aucun doute. Le jeune Français s’est imposé de façon magistrale. «Elle est belle celle-là, n’est-ce pas ?», interrogeait, radieux, le directeur de Citroën Sport. Pour son premier Monte-Carlo, la Xsara WRC s’est imposée là où bien d’autres attendent encore d’inscrire leur nom au palmarès prestigieux de la course monégasque. Pour sa deuxième participation, la première avec une World Rallye Car s’étant soldée par une quatrième place il y a quatre mois au San Remo, Loeb a frappé fort. À quelques mètres, un autre pilote et une autre équipe ont éprouvé la même certitude d’avoir gagné, Tommi Makinen et Subaru. Sauf que pour le quadruple champion du monde se mêlaient goût amer et sentiment d’injustice, de frustration. On avait privé le Finlandais du plaisir d’une première place sur le podium monégasque, le quatrième d’affilée, d’une vingt-quatrième victoire en rallye, un record. Tout ça après l’appel de Citroën, suite à une «étourderie monumentale» de l’équipe, coupable d’avoir effectué un changement de pneus entre le parc d’assistance et le parc fermé, samedi à l’arrivée de la deuxième journée, suspendant les 2 minutes de pénalité infligées par les organisateurs jusqu’au jugement du Tribunal international de la FIA. « Aucun bénéfice » «Je ne conteste pas l’erreur, a répété Guy Fréquelin. Mais la pénalité n’est pas adaptée à la gravité de la faute dans la mesure où nous n’avons tiré aucun bénéfice de cette manœuvre. Il n’y avait plus d’épreuve spéciale». L’encadrement de Citroën avait été averti avant le début du rallye de l’interdiction d’une telle opération. «Mais l’information n’est pas redescendue jusqu’aux mécaniciens. J’assume», a poursuivi Fréquelin. En décidant d’infliger deux minutes de pénalité à Loeb, les commissaires condamnaient en effet ce dernier à la défaite et offraient le succès à Makinen. Mais en interjetant appel, en obtenant que ce dernier soit suspensif, Citroën a conservé le verdict du terrain. Et provoquait l’ire de l’équipe Subaru. «Jusqu’à maintenant, seule une mise hors-course justifiait un appel suspensif, pas une pénalité en temps. Cela va créer un précédent. Nous avons été lésés», s’est insurgé George Donaldsson, le directeur sportif de Subaru. « Bon sens » Fêté comme un héros, Sébastien Loeb, comme Makinen le déçu, vont devoir maintenant attendre le jugement du Tribunal d’appel international de la FIA (Fédération internationale automobile). D’ici quinze jours, un mois ? Quelle sera l’attitude du Tribunal ? Confirmation de la sanction, aggravation ou simple amende ? «J’espère que le bon sens prévaudra dans la mesure où il n’y avait pas intention de tricher, de trouver un avantage», s’est justifié Guy Fréquelin. Ce succès a d’autant plus d’importance aux yeux du responsable de Citroën Sport que la saison de la marque aux chevrons se limitera à sept épreuves sur les quatorze. Que cette année, l’équipe française se lancera dans l’apprentissage de terrains inconnus comme la Suède dans quinze jours. Un terrain où Subaru, Ford et Peugeot poursuivront quant à eux la bataille pour le titre mondial. Au Monte-Carlo, Makinen a confirmé qu’il serait avec Subaru un candidat sérieux à la couronne. Comme Ford, qui a eu la bonne surprise d’accrocher les places d’honneur avec Carlos Sainz (3e) et Colin McRae (4e). Autant de résultats qui confortent Peugeot dans ses certitudes qu’un troisième titre sera difficile à obtenir. En dépit de sa «dream team».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour Sébastien Loeb, Guy Fréquelin et toute l’équipe Citroën, la victoire acquise dans le 70e rallye Monte-Carlo, première épreuve du championnat du monde, dimanche à Monaco, ne fait aucun doute. Le jeune Français s’est imposé de façon magistrale. «Elle est belle celle-là, n’est-ce pas ?», interrogeait, radieux, le directeur de Citroën Sport. Pour son premier Monte-Carlo, la Xsara WRC s’est imposée là où bien d’autres attendent encore d’inscrire leur nom au palmarès prestigieux de la course monégasque. Pour sa deuxième participation, la première avec une World Rallye Car s’étant soldée par une quatrième place il y a quatre mois au San Remo, Loeb a frappé fort. À quelques mètres, un autre pilote et une autre équipe ont éprouvé la même certitude d’avoir gagné, Tommi Makinen et Subaru. Sauf...