Le deuxième constructeur automobile mondial Ford a annoncé hier qu’il allait supprimer 35 000 emplois dans le monde, soit plus de 10 % de ses effectifs, et fermer cinq de ses usines en Amérique du Nord à partir de la fin 2002 pour tenter de renouer avec les bénéfices. Après les deux autres géants américains de l’automobile, General Motors et Chrysler, Ford Motor Co. annonce ainsi à son tour une restructuration spectaculaire pour accroître sa rentabilité. «Ce sont des étapes douloureuses mais nécessaires pour nous rendre compétitifs dans l’avenir», a déclaré le PDG de Ford William Clay Ford Jr. «C’est un programme complet mais pas une baguette magique», a-t-il ajouté. Ford va aussi réduire sa capacité de production en Amérique du Nord de près d’un million de véhicules, soit une diminution de 16 %, et retirer d’ici le milieu de la décennie quatre modèles de ses chaînes de production. Le constructeur compte sur ces mesures pour retrouver un résultat excédentaire et se fixe pour objectif un bénéfice d’exploitation imposable de 7 milliards de dollars d’ici 2005, alors qu’il doit au contraire annoncer jeudi prochain, lors de la publication de ses résultats pour l’exercice 2001, une perte nette de plus de 2 milliards de dollars, sa première perte annuelle depuis 1992. Les emplois visés sont ouvriers et nord-américains La majorité des emplois qui seront supprimés sont des postes ouvriers situés en Amérique du Nord. Le directeur général d’exploitation, Nick Scheele, a précisé que 12 000 emplois ouvriers à salaire horaire allaient être supprimés en Amérique du Nord, en plus des 3 000 déjà supprimés. La réduction totale des effectifs comprend aussi les 5 000 suppressions de postes de salariés administratifs, principalement aux États-Unis, déjà lancées l’été dernier par le biais de départs en préretraite. Le plan prévoit aussi la suppression de 1 500 postes d’intérimaires. «Nous aurons atteint un total de 22 000 postes en Amérique du Nord, sur une réduction totale d’effectifs d’environ 35 000 emplois», a ajouté Scheele. Avant ce dispositif, Ford employait en tout 115 000 ouvriers pour un effectif total de 346 000 personnes dans le monde. Pour mener à bien cette restructuration, Ford prendra une charge au quatrième trimestre 2001 de 5,7 milliards de dollars (4,1 milliards de dollars après impôts). Quatre des cinq usines qui vont fermer leurs portes sont situées aux États-Unis. Il s’agit de deux usines d’assemblage, dans le New Jersey et dans le Missouri. Les deux autres usines américaines concernées sont spécialisées dans les pièces détachées et établies dans l’Ohio et le Michigan. La cinquième usine, dont les jours sont comptés, est canadienne. C’est une chaîne de montage dans l’Ontario. Il est peu probable que Ford ferme ces sites avant que n’expirent les contrats qui le lient aux syndicats, et qui excluent toute fermeture d’usine. Le contrat avec le puissant syndicat américain de l’automobile, United Workers, expire en septembre 2003, et celui avec son homologue canadien dès cet automne. Ford a fait savoir qu’il respecterait ces accords. Le groupe réduira aussi ses effectifs sur onze autres de ses sites de production, une production qu’il entend ramener en Amérique du Nord de 5,7 millions de véhicules à 4,8 millions. Aucun des 3 grands de Detroit n’est épargné Ford connaît de lourdes difficultés, non seulement à cause du ralentissement de l’économie américaine, mais aussi en raison de la crise des pneus Firestone et de problèmes répétés de qualité. La guerre des prix farouche que se livrent les constructeurs aux États-Unis pèse aussi sur leurs résultats financiers. Elle s’explique en grande partie par des surplus de production qu’il faut écouler à tout prix, surplus évalués pour Ford à 5 millions d’unités par Jim Padilla, le responsable du groupe pour les opérations en Amérique du Nord. Ford ajoute ainsi son nom cette année à la liste des entreprises américaines qui ont licencié massivement l’an dernier, pour faire face au ralentissement économique qui a été aggravé par les attentats du 11 septembre. Rien que dans le secteur automobile, près de 32 000 suppressions d’emploi ont déjà été annoncées par deux autres des «big three», les trois premiers constructeurs automobiles américains, les trois grands de Detroit. Chrysler, la filiale américaine de l’allemand DaimlerChrysler , a annoncé il y a un an son intention de supprimer sur trois ans 26 000 postes, surtout aux États-Unis, dans le cadre également d’une restructuration du groupe. Le numéro un, General Motors Corp. , n’est pas non plus à l’abri. Le seul des trois à prévoir un bénéfice pour 2001 projette aussi de réduire cette année ses effectifs nord-américains d’environ 5 670 (10 %). Dans le cadre de son programme d’économies, Ford a réduit une nouvelle fois son dividende, de 33 % à 10 cents l’action pour le premier trimestre. En outre, William Clay Ford Jr., qui est aussi l’arrière petit-fils d’Henry Ford, le fondateur de la compagnie, a fait savoir qu’il ne toucherait ni salaire ni prime.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le deuxième constructeur automobile mondial Ford a annoncé hier qu’il allait supprimer 35 000 emplois dans le monde, soit plus de 10 % de ses effectifs, et fermer cinq de ses usines en Amérique du Nord à partir de la fin 2002 pour tenter de renouer avec les bénéfices. Après les deux autres géants américains de l’automobile, General Motors et Chrysler, Ford Motor Co. annonce ainsi à son tour une restructuration spectaculaire pour accroître sa rentabilité. «Ce sont des étapes douloureuses mais nécessaires pour nous rendre compétitifs dans l’avenir», a déclaré le PDG de Ford William Clay Ford Jr. «C’est un programme complet mais pas une baguette magique», a-t-il ajouté. Ford va aussi réduire sa capacité de production en Amérique du Nord de près d’un million de véhicules, soit une diminution de 16 %, et...