Les araignées-crabes se déguisent en adoptant la couleur des fleurs, et ce camouflage semble leur permettre aussi bien d’éviter de se faire repérer par les oiseaux prédateurs que d’attaquer les insectes qu’elles chassent à l’affût, selon deux biologistes français qui présentent leur étude dans la revue Nature de jeudi. Cependant, bien que cette forme de mimétisme soit évidente à l’œil humain, on ne l’avait jamais analysée telle qu’elle peut être perçue par les prédateurs et les proies, soulignent Marc Théry, du Laboratoire d’écologie générale à Brunoy (Muséum/CNRS), et Jérôme Casas, professeur à l’Université de Tours, directeur de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (CNRS). L’étude des deux scientifiques a révélé que quand les femelles d’araignée-crabe (Thomisus onustus) miment les fleurs de menthe et de séneçon, elles «disparaissent» dans les systèmes de vision des couleurs des proies (ultraviolet-bleu-vert) et des prédateurs (ultraviolet-bleu-vert-rouge). Cependant, à très courte distance, les prédateurs et les proies peuvent détecter des différences de clarté entre les araignées et les fleurs. Dans les expériences réalisées par modélisation, les couleurs ont été mesurées par spectroradiométrie, puis représentées dans les espaces de vision des couleurs des insectes hyménoptères (en deux dimensions) et des oiseaux (en «3 D») exposés à la lumière du jour et au fond vert de la végétation. Marc Théry et Jérôme Casas ont ensuite mesuré les contrastes de couleur araignée-fleur. Après avoir comparé aux seuils minimaux de capacité de reconnaissance des contrastes des oiseaux et des hyménoptères, les deux chercheurs sont arrivés à la conclusion que ce mimétisme de couleur peut être efficace simultanément face aux prédateurs et aux proies. Seules les femelles sont toutefois concernées, car les mâles, plus petits, vivent et chassent au sol.
Les araignées-crabes se déguisent en adoptant la couleur des fleurs, et ce camouflage semble leur permettre aussi bien d’éviter de se faire repérer par les oiseaux prédateurs que d’attaquer les insectes qu’elles chassent à l’affût, selon deux biologistes français qui présentent leur étude dans la revue Nature de jeudi. Cependant, bien que cette forme de mimétisme soit évidente à l’œil humain, on ne l’avait jamais analysée telle qu’elle peut être perçue par les prédateurs et les proies, soulignent Marc Théry, du Laboratoire d’écologie générale à Brunoy (Muséum/CNRS), et Jérôme Casas, professeur à l’Université de Tours, directeur de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (CNRS). L’étude des deux scientifiques a révélé que quand les femelles d’araignée-crabe (Thomisus...
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