Lors de la crise des otages français du Liban en 1988, leur nom est resté pendant un an et demi dans l’ombre de Jean-Charles Marchiani. Pourtant, sans les précieux contacts des frères Iskandar et Akram Safa au Moyen-Orient, l’ex-préfet n’aurait sans doute jamais obtenu la libération des otages. Iskandar, l’aîné, est né le 3 avril 1955 à Beyrouth. Il est originaire d’une riche famille chrétienne de Ghadir, dans le nord du Liban. Son père était haut fonctionnaire dans l’administration française, du temps du mandat de la France sur ce pays. Ingénieur en génie civil formé à l’Insead de Fontainebleau (Seine-et-Marne), il bâtit sa fortune dans les marchés par compensation (troc) d’État à État par le biais de la TriaCorp, sa holding qu’il développe avec son frère Akram, de plus de trois ans son cadet. La guerre lui profite, comme à beaucoup de ces marchands bien introduits en Occident. «Lors de la crise des otages, la famille Safa avait ses entrées auprès des services secrets libanais, alors aux mains des Syriens, et n’ignorait rien des écoutes du Hezbollah», raconte un journaliste français, qui a suivi de près le dossier et dont les propos sont rapportés par l’AFP. Parmi ses relations, Iskandar Safa compte aussi Jean-Charles Marchiani. «J’ai beaucoup d’estime pour lui. On s’est connus il y a une vingtaine d’années, alors que je dirigeais la chaîne d’hôtels Méridien», précise le député européen, dont l’épouse vient d’être mise en examen pour le blanchiment présumé d’une partie d’une rançon versée pour la libération des otages du Liban. Le tandem formé par le jeune homme d’affaires influent, qui disposera en 1999 d’un passeport français, et l’ancien des services secrets va fonctionner à merveille à partir de 1986, alors que la France est touchée par une vague meurtrière de terrorisme proche-oriental et la crise des otages du Liban. Mandatés par Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, Marchiani – alias Alexandre Stefani, son nom de négociateur – et son ami Iskandar – Alexandre aussi, en arabe – jouent dans l’ombre les émissaires «couleur muraille» de la France, sans mégoter sur les innombrables allers-retours en petit avion privé entre Paris et les capitales du Moyen-Orient. «Nous avons fait un travail d’équipe. Je connaissais bien Pasqua et Chirac (alors Premier ministre) ainsi que leur entourage. Et j’ai mis à leur service mes nombreux contacts au Liban, en Syrie et surtout en Iran», raconte Iskandar Safa dans le livre La décennie Mitterrand des journalistes Pierre Favier et Michel Martin-Rolland. Les deux auteurs résument ainsi ces missions : «Iskandar Safa fait 80 % du travail de Jean-Charles Marchiani, qui fait 80 % du travail de Charles Pasqua, qui fait 80 % du travail de Jacques Chirac». En mai 1988, les derniers otages français sont libérés. Iskandar Safa et son frère se lancent alors dans l’aventure des Constructions mécaniques de Normandie (CMN). «L’entreprise est en faillite, raconte M. Marchiani, et M. Safa va la remettre à flots, livrant aujourd’hui des patrouilleurs rapides à une dizaine de marines dans le monde». C’est justement, soutient le Libanais, pour signer un nouveau contrat à l’étranger qu’il n’a pu répondre à une convocation de la justice française. Il est aujourd’hui visé par un mandat d’arrêt international.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lors de la crise des otages français du Liban en 1988, leur nom est resté pendant un an et demi dans l’ombre de Jean-Charles Marchiani. Pourtant, sans les précieux contacts des frères Iskandar et Akram Safa au Moyen-Orient, l’ex-préfet n’aurait sans doute jamais obtenu la libération des otages. Iskandar, l’aîné, est né le 3 avril 1955 à Beyrouth. Il est originaire d’une riche famille chrétienne de Ghadir, dans le nord du Liban. Son père était haut fonctionnaire dans l’administration française, du temps du mandat de la France sur ce pays. Ingénieur en génie civil formé à l’Insead de Fontainebleau (Seine-et-Marne), il bâtit sa fortune dans les marchés par compensation (troc) d’État à État par le biais de la TriaCorp, sa holding qu’il développe avec son frère Akram, de plus de trois ans son cadet....