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Actualités - Reportage

La question du terrorisme domine le sommet de l’Asie du Sud

La question du terrorisme a dominé l’ouverture du 11e sommet de l’Association de l’Asie du Sud pour la Coopération régionale (SAARC) samedi à Katmandou, dans une région minée par des rébellions internes et des conflits entre États depuis des décennies. Les dirigeants des sept pays de la SAARC ont, à l’unisson, appelé à intensifier la lutte contre le terrorisme, alors qu’une campagne dirigée par Washington continue dans l’Afghanistan voisin. Luttes de libération pour les uns, violences terroristes pour les gouvernements qui les combattent, plusieurs conflits ensanglantent l’Asie du Sud, région par ailleurs parmi les plus pauvres du monde : séparatistes musulmans au Cachemire, rebelles tamouls au Sri Lanka, insurgés maoïstes au Népal, expansion de l’islamisme militant au Pakistan et au Bangladesh. Mais si tout le monde est d’accord pour condamner le terrorisme, surtout depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis et la campagne d’Afghanistan qui a suivi, les principales puissances régionales de la SAARC, l’Inde et le Pakistan, s’opposent sur la définition même du mot et les moyens de venir à bout du fléau. Dans son discours, le Premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee, a accusé «certains pays», manière voilée de désigner le Pakistan, de ne pas avoir mis en œuvre une convention signée en 1987 par les sept pays de la région pour lutter contre le terrorisme. «Nous devons reconnaître en Asie du Sud que notre coopération à venir sera influencée de manière significative par la manière dont nous traitons en commun le terrorisme», a-t-il souligné, au moment où l’Inde cherche à isoler le Pakistan après l’attaque-suicide contre le Parlement de New Delhi, le mois dernier, qu’elle attribue à des extrémistes du Pakistan. Le président pakistanais Pervez Musharraf a rétorqué en condamnant sans exception le terrorisme, dont, a-t-il dit, le Pakistan est aussi victime. Il a surtout mis le doigt sur le point sensible des causes du conflit du Cachemire et des autres luttes armées de la région. «Une campagne concertée contre le terrorisme doit aussi identifier et examiner les causes qui nourrissent le terrorisme, conduisent les gens au désespoir et à la désespérance», a-t-il rappelé. «On ne peut pas traiter seulement les symptômes et négliger le malaise», a renchéri le président Musharraf, appelant à faire la distinction entre la «légitime résistance et les luttes de libération d’un côté et les actions terroristes de l’autre». Chandrika Kumaratunga, présidente d’un Sri Lanka en proie au séparatisme tamoul, a également appelé ses homologues à s’unir contre le terrorisme plutôt que de s’opposer à son sujet. «Nous devons joindre nos efforts de manière plus honnête et avec davantage de dévouement pour lutter contre la vague de politiques terroristes qui déferle sur la région», a-t-elle déclaré. «Nous devons tenter de comprendre les racines profondes de ce phénomène si peu naturel, déshumanisant et spécifique au XXe siècle qu’est le terrorisme», a ajouté Mme Kumaratunga. Le Premier ministre népalais, Sher Bahadur Deuba, a regretté que son pays soit obligé de consacrer une partie de ses maigres ressources à la lutte contre les insurgés maoïstes. «Nous devons ensemble et avec résolution mettre fin au trafic de drogue et aux crimes organisés qui financent» le terrorisme, a-t-il ajouté. Le Premier ministre du Bhoutan, Lyonpo Khandu Wangchuk, a lui aussi appelé à des efforts collectifs de la communauté internationale à long terme car, a-t-il averti, «il faut reconnaître la réalité du terrorisme comme mal organisé qui va continuer à nous hanter et ravager nos sociétés». La convention antiterroriste de 1987 prévoit des extraditions de suspects, les échanges d’informations et le gel d’avoirs d’organisations accusées de terrorisme. Les sept pays de la SAARC ont symboliquement réaffirmé leur soutien aux résolutions l’Onu sur le terrorisme.
La question du terrorisme a dominé l’ouverture du 11e sommet de l’Association de l’Asie du Sud pour la Coopération régionale (SAARC) samedi à Katmandou, dans une région minée par des rébellions internes et des conflits entre États depuis des décennies. Les dirigeants des sept pays de la SAARC ont, à l’unisson, appelé à intensifier la lutte contre le terrorisme, alors qu’une campagne dirigée par Washington continue dans l’Afghanistan voisin. Luttes de libération pour les uns, violences terroristes pour les gouvernements qui les combattent, plusieurs conflits ensanglantent l’Asie du Sud, région par ailleurs parmi les plus pauvres du monde : séparatistes musulmans au Cachemire, rebelles tamouls au Sri Lanka, insurgés maoïstes au Népal, expansion de l’islamisme militant au Pakistan et au Bangladesh. Mais si...