Farid Chehab, le C de H&C, le C d’une créativité dont il est l’un des maîtres incontestés dans le monde de la publicité au Liban, le C de ses colères dont il est également le grand maître, maître à bord d’un navire qui n’a de cesse de naviguer sur les eaux passionnées et pas tranquilles du fleuve de la publicité.pour célèbre, enfin. Farid Chehab l’est en effet, célèbre pour ses fameuses campagnes publicitaires dans lesquelles l’imagination s’est glissée et imposée, du temps où l’on ne faisait encore que de la réclame. Célèbre aussi pour ses rapports «à corps et à cris» avec ses collaborateurs, d’abord disciples, toujours amis fidèles pour qui l’agence est une seconde famille que l’on hait, que l’on vénère, que l’on a dans la peau. Farid Chehab est un grand impatient, un éternel insatisfait, heureux de l’être. Pour lui, le meilleur reste à venir, mais surtout à conceptualiser et offrir. Son bureau tout de gris vêtu, comme lui d’ailleurs, ressemble à un brouillard d’idées d’où émerge une paire d’yeux clairs et vifs, un havre de paix où il vient se ressourcer un instant, un court instant avant de poursuivre sa quête. De tous ces C, il aime parler, avec passion, cherchant ses mots, ponctuant ses phrases avec des «écrivez ça, c’est important». Tout en effet est important pour ce fils de la pub qui fut «adopté» par la profession après des études en droit et en sciences politiques, entraîné par sa passion pour le dessin et rapidement happé par les agences avides de sang neuf. À 22 ans, il est nommé directeur créatif, devenant ainsi «le plus gros salarié de Beyrouth, à mon âge. C’était l’époque bénie où tout était permis». Suivra une époque également bénie où tout devient possible, une agence à soi, «H&C» en association avec Charlie Homsy et puis enfin l’union sacrée avec Leo Burnett. «Nous avions vingt ans d’avance sur les autres agences qui se sont, plus tard, fondues à leur tour dans la globalisation de la communication. Ces années nous ont permis d’éduquer et d’entraîner des générations de professionnels». Trois valeurs essentielles Ces professionnels, aujourd’hui 408 personnes réparties entre Dubaï, Ryad, Djeddah, Koweït, Le Caire, Casablanca, Amman et Beyrouth, ont grandi au sein de la famille H&C Leo Burnett, s’imbibant de l’esprit de l’entreprise inspiré par M. Chehab. «Nous partageons trois valeurs essentielles, l’intégrité, intellectuelle d’abord, première pierre de notre édifice, celle qui pousse à faire mieux, la productivité ensuite, cette notion qui consiste à faire de chaque individu une source de richesse pour lui-même et pour les autres, et enfin la créativité ; nous essayons d’instaurer à nos équipes le sens du beau, cette valeur ajoutée qui permet de sortir quelque chose de beau et d’intelligent». C’est avec une passion extrême que se sont forgées et développées ces notions essentielles. «Ma colère ? J’adore en parler ! Je préfère être colérique et transparent que froid et rancunier. Travailler en équipe m’a appris à les contrôler et j’estime qu’avec l’âge, j’ai fait pas mal de progrès». Peut mieux faire, diront certains en souriant ! «J’ai des colères d’intolérance, des colères en fait pour une noble cause, contre ceux qui peuvent mais sont trop paresseux pour vouloir. Comme j’ai tendance à pardonner les failles des autres – je me calme vite –, les autres ont le devoir de pardonner mes éclats. Ceux qui ne peuvent pas restent rarement à l’agence !». Exigeant, il l’est également vis-à-vis de lui-même, lorsqu’il affirme : «J’estime que je n’ai rien fait. Arriver n’est pas important. Ce qui m’intéresse, c’est chaque jour sentir que j’ai produit, remporté une victoire sur moi-même». Sa flamme déclarée pour son métier est inaltérable et sans limites. «La publicité doit séduire pour vendre, en offrant une valeur ajoutée». Son slogan préféré ressemblerait plutôt à une philosophie quotidienne et dirait ceci : «On ne peut entrer deux fois dans la même rivière». Il explique, nous écrivons, c’est important. «La rivière change, comme la vie, elle n’est jamais la même. Lorsqu’on sait la prendre et ne pas se battre contre ses courants, on arrive à une certaine sérénité». Alors, serein monsieur Chehab ? «Presque», en attendant une nouvelle tempête ! «Quand je m’arrête de résoudre des problèmes, je m’ennuie. Cette machine doit fonctionner. Ma cote d’alerte ? Une semaine». Alors, satisfait ? « Nous sommes une entreprise qui rendons, je l’espère, quelque 400 collaborateurs heureux ; j’aurais aimé en rendre 4 000 heureux. Heureusement que j’ai quand même réussi – je crois – à rendre ma femme et mon fils heureux». À votre avis, H&C sans son C ? «Sans moi l’agence continuera à fonctionner. J’ai tellement semé durant ces années que la philosophie de l’entreprise est maintenant en marche». À vérifier. C’est important. Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Farid Chehab, le C de H&C, le C d’une créativité dont il est l’un des maîtres incontestés dans le monde de la publicité au Liban, le C de ses colères dont il est également le grand maître, maître à bord d’un navire qui n’a de cesse de naviguer sur les eaux passionnées et pas tranquilles du fleuve de la publicité.pour célèbre, enfin. Farid Chehab l’est en effet, célèbre pour ses fameuses campagnes publicitaires dans lesquelles l’imagination s’est glissée et imposée, du temps où l’on ne faisait encore que de la réclame. Célèbre aussi pour ses rapports «à corps et à cris» avec ses collaborateurs, d’abord disciples, toujours amis fidèles pour qui l’agence est une seconde famille que l’on hait, que l’on vénère, que l’on a dans la peau. Farid Chehab est un grand impatient, un éternel...