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Actualités - Chronologie

Eduardo Duhalde, le triomphe de « la grosse tête »

Battu le 24 octobre 1999 de plus de dix points par Fernando de la Rua à la présidentielle, Eduardo Duhalde avait déclaré dans la foulée de sa défaite : «Menem et moi, nous appartenons au passé». Le 23 décembre dernier, alors que le Congrès élisait Adolfo Rodriguez Saa et fixait une nouvelle élection présidentielle pour le 3 mars, Eduardo Duhalde affirmait : «Je ne serai pas candidat». Le 1er janvier, alors qu’il ne restait que deux minutes avant minuit à la grande horloge du Parlement, Eduardo Duhalde prêtait serment et le lendemain, il recevait dans le salon d’apparat de la Casa Rosada les attributs du pouvoir, l’écharpe ciel et blanc et le bâton présidentiels. Homme de réseaux patiemment tissés en trente ans de militantisme au sein du mouvement péroniste, Eduardo Duhalde, surnommé «El Cabezon» (la grosse tête) par la majorité, ou «Tachuela» (littéralement semence, un petit clou à large tête plate) par ses amis, a su profiter de son habileté politique. L’histoire se répétant, c’est également à une série de renoncements qu’il dut son premier mandat important en s’installant en 1973 à la mairie de Lomas de Zamora, une ville de 400 000 habitants de la banlieue sud de Buenos Aires, maintenant cernée par les bidonvilles. Et c’est de Lomas de Zamora qu’il prendra son envol vers les plus hautes responsabilités. Né le 5 octobre 1941, issu d’une famille modeste, il travaillera comme maître nageur pour pouvoir se payer ses études d’avocat. Et c’est naturellement à la piscine qu’il allait rencontrer Hilda Gonzalez, qui allait devenir son épouse et son meilleur lieutenant. Dite «Chiche», c’est une admiratrice d’Eva Peron bien que née dans une famille aisée et radicale. Alors que la carrière d’Eduardo prenait de plus en plus d’ampleur, «Chiche» organisait, dans la plus pure tradition péroniste, les «manzaneras», les femmes responsables de quartier, qui allaient assurer la base sociale nécessaire aux ambitions d’Eduardo Duhalde. Mais lui-même n’était pas en reste. Dans chaque meeting surgissaient de nulle part des camions remplis de partisans venus faire la «claque» au son bruyant des «bombos», tambour devenu lui aussi un symbole des manifestations du Parti justicialiste (PJ) créé par Péron. Se méfiant des intrigues de la capitale, toute son ascension a eu lieu dans la province de Buenos Aires et sa renommée grandissante emmènera le maire de Lomas de Zamora au comité directeur du PJ, avant qu’il ne lie son destin en 1989 à celui de Carlos Menem. « 90 jours pour réussir » Le ticket Menem-Duhalde s’imposera largement à la présidentielle de 1989, mais deux ans plus tard éclate la première d’une succession de brouilles entre les deux hommes. «El Cabezon» abandonnera la vice-présidence pour se faire élire en 1991 gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus grande du pays, et se fera réélire quatre ans plus tard en dépit d’une campagne, connue comme le «Narcogate», ayant terni son image. Mis en cause par le journaliste Hernan Lopez Echague dans un livre intitulé L’Autre, car il avait toujours l’impression que c’était un autre personnage qu’il voyait à la télévision, Eduardo Duhalde se voyait accuser de protéger les mafias de la province. Dénonçant le coup monté, il devait répondre par deux livres, Les hommes politiques et la drogue et Vers un monde sans drogue. Mais sa reconquête de l’opinion publique connaîtra un coup d’arrêt avec son échec à la présidentielle en 1999 face à Fernando de la Rua, son taciturne adversaire radical dont le meilleur allié n’avait été autre que M. Menem. Deux ans plus tard, Eduardo Duhalde a rebondi en surgissant là où on ne l’attendait plus. En gagnant largement la sénatoriale du 14 octobre dernier, tout en obtenant moins de voix que lors de sa défaite présidentielle deux ans plus tôt, il a fait une nouvelle fois prévaloir la prédominance politique de la province de Buenos Aires. Il devait pleinement profiter de la tribune que lui offrait le Congrès où ses principaux adversaires péronistes, José Manuel de la Sota et Nestor Kirchner, tous deux gouverneurs, ne pouvaient s’exprimer. Décidé à sortir l’Argentine de l’ornière, Eduardo Duhalde s’est donné 90 jours pour réussir, «sinon, je convoquerai une élection», a-t-il prévenu. Il doit auparavant régler une dernière obligation en remplissant sur l’honneur sa déclaration de biens. En 1998, l’ancien maître nageur avait avoué 405 096 dollars de patrimoine.
Battu le 24 octobre 1999 de plus de dix points par Fernando de la Rua à la présidentielle, Eduardo Duhalde avait déclaré dans la foulée de sa défaite : «Menem et moi, nous appartenons au passé». Le 23 décembre dernier, alors que le Congrès élisait Adolfo Rodriguez Saa et fixait une nouvelle élection présidentielle pour le 3 mars, Eduardo Duhalde affirmait : «Je ne serai pas candidat». Le 1er janvier, alors qu’il ne restait que deux minutes avant minuit à la grande horloge du Parlement, Eduardo Duhalde prêtait serment et le lendemain, il recevait dans le salon d’apparat de la Casa Rosada les attributs du pouvoir, l’écharpe ciel et blanc et le bâton présidentiels. Homme de réseaux patiemment tissés en trente ans de militantisme au sein du mouvement péroniste, Eduardo Duhalde, surnommé «El Cabezon» (la...