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Actualités - Interviews

Hassan Ezzeddine : Liban, Palestine, un même pays(PHOTO)

«Peu importe la définition que l’on tente de donner de ce vocable, ce qu’il faut savoir, c’est que le terrorisme a suscité un problème de sémantique, par conséquent un problème politique à partir du 11 septembre», affirme Hassan Ezzeddine, membre du bureau politique du Hezbollah. Selon lui, à la lumière de ce concept, les Américains ont cherché à diviser le monde en deux camps. Le fait de s’attaquer à des innocents, en l’occurrence des civils, n’est-il pas suffisant comme point de départ pour jeter les fondements d’une définition ? «C’est ce à quoi ont abouti certains cercles internationaux», dit-il. D’ailleurs, les textes juridiques y font référence, dans la mesure où ils définissent le terrorisme comme étant l’acte qui s’en prend aux personnes civiles de manière illégale alors que la résistance affronte l’agresseur de manière légale, note le responsable du Hezbollah. «Mais là encore il s’agit d’une simple terminologie». «Si l’on signifie par terrorisme le fait de tuer des personnes innocentes, nous condamnons ces actes sans hésitation. Nous l’avons fait par le passé (entendre avant le 11 septembre), nous l’affirmons au présent et nous continuerons de le faire à l’avenir». Toutefois, je ne peux me prononcer concernant le terrorisme sans qu’il y ait des critères et des garde-fous», affirme-t-il. Hassan Ezzeddine réitère la nécessité pour la communauté internationale de s’entendre sur des critères précis autour d’un tel concept. D’où l’importance de faire la distinction entre terrorisme et résistance, un droit consacré par la charte des Nations unies et par le droit international, qui légitime la résistance populaire (ou celle pratiquée par un État) pour libérer le territoire national. «Il s’agit même d’un devoir», ajoute le responsable du parti chiite. Pourquoi, d’après lui, le Hezbollah se trouve-t-il depuis le 11 septembre dans la ligne de mire des Américains ? «Tout parti, quel qu’il soit, chrétien, laïc ou athée, dans la mesure où il constitue une menace aux intérêts américains, aurait figuré sur la liste des terroristes. Le critère de départ est de savoir dans quelle mesure les objectifs de ces partis, mouvements ou individus s’opposent aux intérêts américains». Et d’ajouter : «Nous considérons que c’est un honneur que les États-Unis nous condamnent». Considérant que le Hezbollah est un mouvement de résistance nationale qui s’oppose à Israël et dans la mesure où les États-Unis soutiennent l’État hébreu sur le plan politique, sécuritaire et économique, par conséquent il y a conflit d’intérêts, précise encore notre interlocuteur. Sur les reproches adressés au Hezbollah par l’Administration américaine, Hassan Ezzeddine rappelle que son parti est placé sur la liste américaine des terroristes depuis bien longtemps. «Ce n’est pas une nouveauté. Il suffit de consulter les rapports annuels du département d’État pour se souvenir que notre parti figure parmi les mouvements considérés comme terroristes depuis le début des années 90». Quand bien même il y eut une période de compréhension au cours de laquelle une timide reconnaissance de la légitimité de la résistance avait prévalu sur la scène internationale, notamment au sein de l’Assemblée générale de l’Onu et plus concrètement lors des accords d’avril, «c’est plutôt la réalité sur le terrain qui a imposé le Hezbollah en tant que mouvement de résistance, évolution qui s’est accélérée après l’agression d’avril 96», fait remarquer le responsable du parti intégriste, en faisant allusion au massacre de Cana. Les actions du Hezbollah sont-elles réellement confinées au territoire libanais où bien dépassent-elles ce cadre pour s’étendre à la Palestine ? «Notre domaine d’action s’est toujours limité au Liban, une terre qui a été envahie et occupée par Israël. Notre résistance a commencé essentiellement en tant que réaction à l’invasion israélienne en 82», réplique le responsable chiite. Hassan Ezzeddine rappelle que les véritables opérations ont commencé en 1985, date à laquelle le Hezbollah a présenté publiquement, pour la première fois, sa ligne politique. S’adressant au peuple libanais et le peuple arabe et islamique, le parti avait annoncé ses objectifs qui «comprenaient la libération du territoire et la lutte contre l’impérialisme américain dont l’hégémonie pèse sur le Liban et le monde arabe et islamique. Ces objectifs sont toujours valables», dit-il. Or, parmi les objectifs cités dans le fascicule présenté par le Hezbollah, figure le départ des Israéliens du Liban, «prélude à l’annihilation d’Israël et la libération de la ville sainte de Jérusalem». Sur les aspirations régionales du mouvement, le responsable du Hezbollah répond : «Notre point de départ était le Liban. Notre action de résistance qui a été couronnée par la libération a, dans ses effets et dans ses résultats, dépassé la frontière libanaise. Le monde est désormais un village globalisé, en ce sens que la résistance au Liban-Sud a eu des implications sur l’ensemble du monde arabe, notamment sur les Palestiniens. Ce n’est pas le Hezbollah qui a demandé au Hamas de brandir les photos de Nasrallah durant les manifestations. C’est ce que j’appelle les effets régionaux du Hezbollah et, par extension, ce que nous considérons être le soutien de l’intifada en Palestine, politiquement, médiatiquement et autre. Personne ne peut s’y opposer», affirme Hassan Ezzeddine sans préciser s’il s’agit là d’un soutien militaire. Pourquoi l’Administration américaine ne serait-elle pas convaincue des arguments avancés par l’État libanais sur le caractère national de cette résistance ? Y aurait-t-il par hasard des galeries souterraines entre le Liban et la Palestine... ? «Nous n’en avons pas besoin. Il s’agit d’un seul pays. La terre est continue», rétorque le responsable du Hezbollah. Je. J.
«Peu importe la définition que l’on tente de donner de ce vocable, ce qu’il faut savoir, c’est que le terrorisme a suscité un problème de sémantique, par conséquent un problème politique à partir du 11 septembre», affirme Hassan Ezzeddine, membre du bureau politique du Hezbollah. Selon lui, à la lumière de ce concept, les Américains ont cherché à diviser le monde en deux camps. Le fait de s’attaquer à des innocents, en l’occurrence des civils, n’est-il pas suffisant comme point de départ pour jeter les fondements d’une définition ? «C’est ce à quoi ont abouti certains cercles internationaux», dit-il. D’ailleurs, les textes juridiques y font référence, dans la mesure où ils définissent le terrorisme comme étant l’acte qui s’en prend aux personnes civiles de manière illégale alors que la...