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Actualités - Chronologies

Des chefs tribaux réclament la fin des frappes à Paktia

Chefs tribaux et anciens de la région de Paktia, théâtre récent d’un bombardement américain controversé contre un convoi, étaient jeudi à Kaboul où, affirment-ils, le président Hamid Karzaï leur a promis d’envoyer une délégation pour enquêter et la fin des frappes. La trentaine de notables aux épais turbans gris ou beige étaient venus demander au sommet de l’État l’arrêt des frappes sur leur province de l’Est afghan. Selon eux, le convoi pilonné le 20 décembre n’était composé que d’anciens, alors que le Pentagone assure avoir touché des membres de l’organisation d’Oussama Ben Laden el-Qaëda, rejetant l’accusation de bavure. 65 personnes, dont des villageois des environs, avaient trouvé la mort. Au cours d’une rencontre mercredi soir, «M. Karzaï a dit qu’il enverrait une délégation sur place pour déterminer ce qui s’est passé», selon Abdulhakim Munib, le porte-parole de la Choura, l’assemblée traditionnelle des 50 chefs de la région. À la question de savoir si le leader afghan avait promis d’évoquer avec les Américains un arrêt des frappes sur le secteur, M. Munib a simplement répondu : «Oui». «Il n’y avait pas de membres d’el-Qaëda dans le convoi, mais des anciens qui se rendaient à Kaboul pour féliciter le nouveau gouvernement. Certains ont été hier talibans, moi-même j’étais avec les talibans. Mais nous avons rejeté le terrorisme», ajoute, affable, cet homme aux épaisses lunettes fumées, qui fut lui-même vice-ministre taliban de la Communication. Depuis l’incident, le pouvoir afghan, à la création largement parrainée par les Occidentaux, est resté sibyllin. Le jour même de son investiture, samedi, Hamid Karzaï avait dit qu’il «vérifierait auprès de nos amis américains». Son ministre Amanullah Zadran évoquait la présence de «quatre membres d’el-Qaëda», et mercredi, le chef de la diplomatie Abdullah Abdullah estimait que l’incident avait attiré «trop d’attention». Au cours de leur conférence de presse jeudi, sous les lustres d’un vieil hôtel de Kaboul, la trentaine de chefs de Paktia, longues barbes parfois grises, parfois teintes au henné, drapés du traditionnel «patou» de laine brune, étaient bien décidés à «faire entendre la voix de (leur) population». Selon eux, le convoi d’anciens avait été détourné de son chemin par des bandits, avant d’être bombardé un peu plus tard par l’aviation américaine, à une vingtaine de km au sud de la ville de Gardez. «La Choura de Khost avait prévenu les Américains, ainsi que le président Karzaï du changement de route, mais c’est son frère qui a répondu», et le bombardement n’a pas été empêché, a expliqué M. Munib. Au président à qui ils ont répété leur soutien, ils ont aussi exposé une liste de sept requêtes, réclamant pour la Choura «un rôle phare dans le nouveau gouvernement». En tête de leurs souhaits, des écoles, une université – «aussi pour les filles», finit par dire M. Munib après un temps d’hésitation – des infrastructures (santé, routes, barrages). Les anciens sont «contre le terrorisme», ont-ils insisté, se disant favorables à une force multinationale de paix, y compris à Paktia, avec une préférence pour les troupes de pays musulmans «qui connaissent nos traditions». «Nous voulons, disent-ils, que tout l’Afghanistan soit désarmé, et toutes les populations doivent vivre dans la fraternité». Dans la nuit de mercredi à jeudi, au moins 25 autres civils ont été tués et quatre blessés lorsque des avions américains ont bombardé le village de Naka, dans la province de Paktia (est), a pour sa part annoncé l’agence Afghan Islamic Press (AIP). Les femmes et les enfants représentent la majorité des victimes, a ajouté l’AIP, basée au Pakistan.
Chefs tribaux et anciens de la région de Paktia, théâtre récent d’un bombardement américain controversé contre un convoi, étaient jeudi à Kaboul où, affirment-ils, le président Hamid Karzaï leur a promis d’envoyer une délégation pour enquêter et la fin des frappes. La trentaine de notables aux épais turbans gris ou beige étaient venus demander au sommet de l’État l’arrêt des frappes sur leur province de l’Est afghan. Selon eux, le convoi pilonné le 20 décembre n’était composé que d’anciens, alors que le Pentagone assure avoir touché des membres de l’organisation d’Oussama Ben Laden el-Qaëda, rejetant l’accusation de bavure. 65 personnes, dont des villageois des environs, avaient trouvé la mort. Au cours d’une rencontre mercredi soir, «M. Karzaï a dit qu’il enverrait une délégation sur...