La dissonance apparue au sein du mouvement radical palestinien Jihad islamique sur une éventuelle suspension des attaques-suicide est le résultat de l’influence de l’Iran, selon des sources palestiniennes à Damas. «Pour l’Iran, le Jihad est en Palestine ce que le Hezbollah est au Liban. De tous les groupes palestiniens, le Jihad est le plus proche de l’Iran», affirme le responsable d’un groupe palestinien sous couvert d’anonymat. Ce responsable souligne que le Jihad a été formé par des Palestiniens enthousiasmés par la Révolution islamique iranienne de 1979. Pour lui, il est «évident» que l’Iran a eu une influence sur la position hostile à l’arrêt des attaques-suicide, exprimée par le représentant du Jihad islamique au Liban, Abou Imad al-Rifaï, ajoute-t-il. «L’argent parvient d’Iran aux cadres du Jihad vivant à l’extérieur des territoires palestiniens, qui sont par conséquent tenus de respecter la ligne iranienne» hostile à un arrêt de l’intifada et aux négociations avec Israël, affirme-t-il. M. Rifaï a démenti samedi que le Jihad envisageait de suspendre ses attaques-suicide, contredisant ce qu’avait dit dans la nuit un haut responsable de l’organisation à Gaza. Signe du flottement au sein du Jihad, son secrétaire général, Ramadan Abdallah Chalah, s’est refusé vendredi à répondre à la question de savoir si son groupe allait ou non poursuivre les attaques-suicide. M. Chalah, qui vit en Syrie, s’est borné à dire que le Jihad allait poursuivre «la résistance», tout en martelant qu’il n’allait pas se laisser entraîner vers un conflit avec l’Autorité palestinienne. «Le facteur géographique joue un rôle» dans les divergences apparues au sein du Jihad, affirme un analyste palestinien. «Ceux du Jihad qui sont à l’intérieur des territoires palestiniens sont plus au contact de la réalité que ceux qui sont à l’extérieur, où il est plus facile d’afficher des positions extrémistes», explique-t-il. Après que le Hamas eut annoncé vendredi sa décision de suspendre jusqu’à nouvel ordre, pour préserver «l’union nationale» palestinienne, les attentats en Israël et les tirs de mortier contre des cibles israéliennes dans les territoires occupés «les gens du Jihad à l’intérieur (des Territoires) se sont sentis isolés», dit-il. «Ils se sont rendus compte qu’il fallait aller dans le sens du courant et qu’il fallait éviter une guerre civile palestinienne» dont le danger se faisait plus pressant avec la répression engagée par l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat contre les radicaux islamistes, ajoute l’analyste. Du fait de ses rapports avec l’Iran et de sa structure clandestine constituée de petits groupes armés, le Jihad est moins malléable que le Hamas, mouvement de masse proche des monarchies du Golfe, soulignent les responsables palestiniens. Opposés à l’existence même d’Israël, le Hamas et le Jihad islamique sont responsables des attentats anti-israéliens les plus meurtriers perpétrés depuis le début de l’intifada.
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