Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Portrait - Quand Sonia Rykiel plaide pour sa «démode»

Phénomène rare dans l’univers si volatil de la mode, Sonia Rykiel a derrière elle trente-trois ans (trente-quatre en mai 2002) de présence plus que vivante sur l’avant-scène. Cette créatrice qui a demandé que le mot «démode», qu’elle a inventé, figure dans le dictionnaire, continue depuis ce mémorable mai 68 à rester fidèle à sa définition. «“Démode”, d’après elle, signifie faire la mode par rapport à son corps et non pas suivant les ordres et les diktats de ses vogues». Autrement dit, qu’il faut bien se regarder dans la glace, «s’étudier dans le miroir», comme elle précise, afin de «savoir habiller» ce qu’on est. La «démode» de Sonia Rykiel est donc un concept qui jette une lumière neuve sur la façon même de se vêtir. «Aujourd’hui, explique-t-elle, les femmes sont assez intelligentes pour repousser le naturel le plus loin possible, voire de détruire ce que je construis: désarticuler un ensemble pour en faire son propre uniforme. Se différencier des autres par sa façon de se l’approprier». Même si le principe n’est pas encore entré dans les mœurs, l’idée suit déjà son chemin. Il est en effet difficile de suivre à la lettre cette extraordinaire visionnaire, cette inlassable créatrice, dont la polyvalence donne le vertige. Qu’on en juge: décoratrice d’intérieur, elle a refait, il y a quelques années, la décoration de l’hôtel Crillon à Paris ainsi que deux étages de l’hôpital américain de Neuilly. Elle est l’auteur de plus de sept ouvrages, sans compter sa créativité dans les domaines de la mode femme, homme, enfant, ainsi que dans celle des accessoires et des parfums... Sans oublier que Sonia Rykiel fait partie de la poignée des stylistes qui ont inventé en France le prêt-à-porter. C’est elle qui est à l’origine de la mode des tricots près du corps, de la maille sexy. C’est elle, en 1974, qui a eu l’idée des coutures à l’envers, des joggings en éponge-velours, des total-look en noir, de l’abolition des ourlets et des doublures. À ne pas oublier, aussi, que c’est Sonia Rykiel qui a lancé la première la vente de modèles de créateurs par correspondance (VPC) aux 3 Suisses. «Vieillir», dit-elle aujourd’hui, est quelque chose d’insupportable. Il faut en permanence se cultiver pour rester extraordinaire. Être attentive à son âme, à son corps, à ce qu’on avale. Il y a effectivement une vraie souffrance par rapport à l’apparence. Il faut d’abord se plaire à soi... en essayant toujours de mériter pleinement sa propre approbation, étant pour soi un juge aussi, sinon pas plus sévère que pour les autres»...
Phénomène rare dans l’univers si volatil de la mode, Sonia Rykiel a derrière elle trente-trois ans (trente-quatre en mai 2002) de présence plus que vivante sur l’avant-scène. Cette créatrice qui a demandé que le mot «démode», qu’elle a inventé, figure dans le dictionnaire, continue depuis ce mémorable mai 68 à rester fidèle à sa définition. «“Démode”, d’après elle, signifie faire la mode par rapport à son corps et non pas suivant les ordres et les diktats de ses vogues». Autrement dit, qu’il faut bien se regarder dans la glace, «s’étudier dans le miroir», comme elle précise, afin de «savoir habiller» ce qu’on est. La «démode» de Sonia Rykiel est donc un concept qui jette une lumière neuve sur la façon même de se vêtir. «Aujourd’hui, explique-t-elle, les femmes sont assez...