Le Pakistan craint une infiltration d’Oussama Ben Laden et de ses lieutenants sur son territoire, malgré la mise en place d’un imposant dispositif de surveillance le long de sa frontière afghane. Des milliers de soldats pakistanais ont bouclé les 40 km les plus sensibles de la frontière pakistano-afghane, longue de 2 500 km, dans la zone proche des montagnes Blanches, où des combattants du groupe el-Qaëda de Ben Laden résistent depuis plus d’une semaine à un assaut combiné de forces afghanes et américaines. «Des patrouilles sillonnent le terrain et des hélicoptères armés tournent comme des faucons géants à la recherche de leur proie», déclare Mubarik Khan Afridi, un habitant de la zone montagneuse tribale non loin de la chaîne montagneuse au-delà de laquelle se trouve Tora Bora. Les tribus pachtounes qui habitent la région se déplacent d’ordinaire librement de part et d’autre de la frontière, très poreuse. Côté pakistanais, le pouvoir central n’exerce aucun contrôle en dehors des bases militaires. De nombreux sentiers descendent notamment des montagnes Blanches vers les zones tribales pakistanaises. Islamabad a annoncé vendredi avoir arrêté plus de 450 personnes, dont 40 soupçonnées d’appartenir au groupe terroriste el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Vendredi, 112 prisonniers pakistanais libérés par les nouvelles autorités à Jalalabad (est de l’Afghanistan) ont été arrêtés à leur retour au Pakistan, a déclaré un responsable du ministère pakistanais de l’Intérieur. «Ils vont tous être longuement interrogés», a ajouté ce responsable. Au moins 300 autres Pakistanais avaient déjà été appréhendés alors qu’ils rentraient d’Afghanistan après la défaite des talibans, avaient indiqué plus tôt sous le couvert de l’anonymat des sources de ce même ministère. Mais Ben Laden, recherché mort ou vif par les États-Unis pour les attaques du 11 septembre aux États-Unis, reste un héros dans les zones tribales pachtounes. «Si Oussama et ses principaux lieutenants se trouvent effectivement à Tora Bora, ils pourraient faire une tentative désespérée de trouver refuge sur notre territoire», a déclaré un responsable tribal à Parachinar (ouest du Pakistan), une ville proche des montagnes Blanches. À Tora Bora, de nombreuses rumeurs ont fait état d’une possible fuite de Ben Laden au Pakistan. Pour obtenir le soutien des chefs de tribus dans le but de renforcer la sécurité de la frontière, le président Pervez Musharraf a invité le mois dernier des chefs de régions tribales à Islamabad. «Tous les chefs de tribu ont assuré le président de leur soutien plein et entier dans sa décision de se joindre à la coalition internationale contre le terrorisme», avait déclaré le porte-parole du gouvernement pakistanais, le général Rashid Qureshi. Islamabad a même fait appel à un chef local controversé, Ayub Afridi, pour étendre son influence à la vallée de la Teerah, l’une des portions les plus sensibles de la frontière. Afridi avait été condamné quinze jours auparavant pour trafic de haschisch après être rentré des États-Unis où il avait également été emprisonné pour trafic de drogue. Mais des responsables tribaux font valoir qu’en dépit d’une collaboration entre services de renseignements américains et pakistanais, il est impossible de boucler complètement toute la frontière. «Même durant leur occupation de l’Afghanistan dans les années 80, les Soviétiques ne pouvaient pas empêcher les moudjahidine de passer d’un côté à l’autre de la frontière», a rappelé un responsable tribal.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Pakistan craint une infiltration d’Oussama Ben Laden et de ses lieutenants sur son territoire, malgré la mise en place d’un imposant dispositif de surveillance le long de sa frontière afghane. Des milliers de soldats pakistanais ont bouclé les 40 km les plus sensibles de la frontière pakistano-afghane, longue de 2 500 km, dans la zone proche des montagnes Blanches, où des combattants du groupe el-Qaëda de Ben Laden résistent depuis plus d’une semaine à un assaut combiné de forces afghanes et américaines. «Des patrouilles sillonnent le terrain et des hélicoptères armés tournent comme des faucons géants à la recherche de leur proie», déclare Mubarik Khan Afridi, un habitant de la zone montagneuse tribale non loin de la chaîne montagneuse au-delà de laquelle se trouve Tora Bora. Les tribus pachtounes qui...