Près de 200 Marines américains ont pris le contrôle vendredi par voies aérienne et terrestre de l’aéroport de Kandahar (sud de l’Afghanistan) où ils ont recherché aussitôt des mines et engins piégés. Les Marines, rejoints par des soldats australiens dont le nombre n’a pas été précisé, ont également pour mission d’arrêter des membres d’el-Qaëda, le réseau d’Oussama Ben Laden, qui pourraient se cacher dans des canaux d’irrigation près des pistes d’atterrissage, selon des officiers américains. Selon eux, la prise de contrôle de l’aéroport doit à la fois procurer une nouvelle base opérationnelle pour les vols américains en Afghanistan et faciliter la distribution de l’aide humanitaire. Toutefois, en journée, cette aide larguée par avion a été suspendue en raison de menaces antiaériennes dans la région de Kandahar. L’opération, survenue une semaine après que la ville de Kandahar, fief et dernier bastion des talibans, soit tombée aux mains de forces locales afghanes, a débuté vendredi à 03h00 heure locale (22h30 GMT), a indiqué un officier américain, Timoty Hoffman. Les Marines sont venus par voie terrestre de Camp Rhino, une base avancée située au sud de Kandahar, ou ont été héliportés depuis le porte-hélicoptères Bataan croisant en mer d’Arabie. Les troupes arrivées de Camp Rhino ont été «guidées à travers Kandahar par des membres des forces spéciales américaines», a précisé l’officier. «L’aéroport est inutilisable» pour l’instant, mais des avions cargo C-130 pourront s’y poser «dès que nous aurons nettoyé» les pistes et la tour de contrôle des engins piégés et des débris qui s’y trouvent, a-t-il dit. Le général de brigade James Mattis, chef du groupe de combat qui a pris le contrôle de l’aéroport, a indiqué que l’opération avait été menée avec l’approbation du président désigné de l’autorité intérimaire afghane Hamid Karzaï. «Nous sommes ici pour aider les Afghans. Nous ne serions pas ici si M. Karzaï ne nous l’avait pas demandé. Notre boulot est d’ouvrir l’aéroport», a-t-il précisé. Le général Mattis a indiqué que des troupes britanniques étaient attendues prochainement sur place. Un porte-parole des Marines, le capitaine David Romley, a précisé que des véhicules blindés équipés d’armes antichars et de mitrailleuses avaient été affectés à la garde de l’aéroport de la seconde ville d’Afghanistan. «Il y a une tonne d’explosifs non activés ici. Il y a des champs de mines tout autour. Notre première tâche est de faire en sorte que l’aéroport soit sûr et opérationnel», a déclaré le lieutenant des Marines Don Fall. Auparavant, lors d’un briefing à Camp Rhino, un officier de renseignements, le Commandant James «Beau» Higgis, avait déclaré aux soldats s’apprêtant à partir en opération : «Des éléments d’el-Qaëda sont toujours à Kandahar et autour (de la ville) et il y a une possibilité d’attaque terroriste». De son côté, le général Mattis, commandant des 4 000 hommes du groupe opérationnel 58 des Marines, les avait mis en garde contre des tirs par erreur visant des combattants antitalibans alliés des États-Unis. Il avait aussi demandé à ses hommes d’essayer de ne pas tuer les combattants talibans. Si les Marines rencontrent un taliban armé d’un fusil d’assaut, ils doivent «prendre l’arme, renvoyer l’homme à la maison et lui dire que la guerre est finie», avait ajouté le général.
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